Release-Party pour Billions Of Comrades

Billions Of Comrades, lauréat du très renommé Concours Circuit 2013, présentait mardi soir leur tout premier album, ‘Grain’, dans le cadre convivial du célèbre café-concerts bruxellois ‘Madame Moustache’.

On vous le disait dans notre chronique il y a quelques jours à peine : « Billions Of Comrades pourrait bien devenir, pour notre plus grande fierté, un ambassadeur de plus de notre cher rock belge ». Et bien, maintenant que nous les avons vu sur scène, c’est une certitude !

C’est dans le cadre convivial de chez ‘Madame Moustache’, café-concert bruxellois à l’ambiance cabaret et au décor freakshow, que Billions Of Comrades a choisi de présenter officiellement son nouveau-né, ‘Grain’, à l’occasion de la release-party de l’album. Le public remplit rapidement la salle et s’agglutine devant une scène étriquée, enchâssée dans le prolongement d’une fosse toute en longueur. Il faut dire que le podium doit avoir des allures de théâtre de marionnettes pour les petits gars du Brabant Wallon, qui ont eu l’occasion de goûter aux plus grandes scènes du pays durant un été chargé en dates prestigieuses. « Entre Dour, par exemple, et ici, c’est pas le même sport, confirme Damien Hendrichs, le batteur du groupe. Ici, il y a plein de choses qu’on doit adapter, on doit faire en sorte que ça sonne bien. Sur une grosse scène, par contre, il y a plein de matériel qui fait qu’en façade, ça va d’office donner à mort. Et puis scéniquement parlant, ici, on est relativement encaqué alors qu’à Dour, on était plutôt perdu sur une énorme scène. Quand le bassiste et le guitariste sont à vingt mètres sur les côtés, on n’a pas vraiment l’habitude… »

Cela ne les empêchera pas d’envoyer du lourd pendant plus d’une heure, se jetant dans la fosse sans fioritures. En entamant le set directement par ‘Altar’, premier single de l’album, Billions Of Comrades prend littéralement son public à sec et sans élan. Dommage que la place manque un peu pour que les riffs de guitare et les percussions endiablées ne déchaînent vraiment la foule comme ils le méritent, mais on imagine ce que ça doit donner sur une plaine de festival… Parce que Billions Of Comrades en live, c’est de l’énergie à l’état brut ! Un état de fait qui perturbera peut-être ceux qui ne les connaissent qu’en version studio, puisque la place du Tenori-On, cet instrument électronique japonais atypique à mi-chemin entre un synthétiseur et une Gameboy épileptique, ne prend pas la même dimension que sur l’album. Un choix peu anodin car si la mise en avant du Tenori donne à l’album une dimension très atmosphérique, en concert, c’est bien le trio rock classique qui domine, troquant l’ambiance futuriste et atypique des morceaux contre une énergie sans faille, conférant un aspect presque punk au show. Chris, le guitariste, commente ce choix : « c’est vrai qu’en live, la basse et la batterie prennent parfois le dessus sur l’aspect électro du ténori et sur toutes les nuances que le tenori apporte et qui sont plus audibles en studio qu’en live où, là, ça peut vite se transformer en escalade de sons. Il y a une volonté de ne pas refaire sur scène ce qu’on a fait en studio. Personnellement, j’aime bien voir des groupes dont on reconnait les morceaux sur scène, tout en offrant une version différente de ce qu’on connaît. Nous, on a une fâcheuse tendance à faire quinze versions de chaque morceau. On est plutôt un groupe qui va s’enfermer en studio pendant une semaine pour figer nos compositions, même si on continue à les faire évoluer par après. Il y aura toujours une différence entre le live et le studio. » Et il s’agit bien là d’une marque de fabrique de Billions Of Comrades, dont la mise à jour constante du répertoire vous assure que deux concerts à quelques mois d’intervalle n’auront rien de redondant. Cela confère à leur art une fraîcheur et une spontanéité à toute épreuve. Mais le Tenori-On reste au centre de leur processus de création, les plus anciens morceaux ayant été composés quasiment intégralement au Tenori dans un premier temps, avant de voir petit à petit certains de leur sons remplacés par les instruments : « On fait tout au Tenori de A à Z et puis, on y va au feeling et on sucre des nappes de la compo pour laisser plus de places à la basse ou à la batterie ».

Les mecs sont ainsi familiers d’une démarche qui s’inscrit dans l’instantané et dans le ressenti, sans toujours savoir vers quoi ils vont. La genèse du groupe en est d’ailleurs assez révélatrice : « Le groupe a réellement été formé en janvier 2011, à partir de rien, explique Chris, et on a directement été programmé dans un festival qui avait lieu à Tubize en juillet. On avait donc six mois pour créer un set, faire nos premiers morceaux et nous trouver un nom. Et le nom du groupe, Billions Of Comrades, vient à la base d’un de ces morceaux. On trouvait qu’il avait une connotation assez positive, on voulait quelque chose de rassembleur. »

Et il faut le reconnaître, Billions Of Comrades a le pouvoir de rassembler les foules. En tout cas, nous, on est tombé sous le charme et on suivra avec attention l’actualité du groupe, dont on n’a sûrement pas fini d’entendre parler !

Billions Of Comrades sera à l’affiche du festival « Le Père Noël est un rockeur » ce vendredi 7 décembre à Mons et nous serons bien entendu de la partie !

Écrit par Jonathan Piroux

Jonathan Piroux

Reporter