DAAN – Mon album en 2024 il sera gĂ©nial – Interview

Ce samedi 7 dĂ©cembre, ScĂšnes Belges a eu la chance de rencontrer le chanteur Daan Ă  l’occasion de son concert acoustique au ThĂ©Ăątre de Namur. Quelques mois aprĂšs la sortie de son nouvel album Le Franc Belge, nous avons voulu en savoir plus sur le succĂšs de son CD, son exportation en France et ses futurs projets.

ScĂšnes Belges : Vous jouez aujourd’hui au thĂ©Ăątre de Namur en concert acoustique.  Les concerts acoustiques, ce n’est pas quelque chose de neuf pour vous. Est-ce que cette version diffĂšre fort de la version « électro-rock », outre l’arrangement des morceaux ?

Daan : Oui, ce n’est pas du tout pareil. C’est plus difficile parce qu’on a moins de moyens. On ne peut pas jouer avec des effets comme des distorsions par exemple. On doit ĂȘtre beaucoup plus musicien, il faut aimer les notes. On doit ĂȘtre beaucoup plus pro parce qu’on n’a pas le droit Ă  l’erreur. Mais c’est une formule que je prĂ©fĂšre, surtout en hiver quand tout est noir et froid. Ca amĂšne en quelque sorte une chaleur. J’aime bien et j’assume complĂštement cette schizophrĂ©nie : acoustique l’hiver et plus rock l’étĂ©.

SB : Est-ce que le choix des chansons est différent ?

D : Oui, on ne peut pas forcĂ©ment jouer les mĂȘmes morceaux. Quoique, on arrive Ă  adapter des morceaux trĂšs Ă©lectro comme Housewife et Swedish Designer Drugs. Mais au final, c’est quelque chose de beaucoup plus lourd, plus romantique en fait. Je pense que ce soir ça  va ĂȘtre bien, il y aura des reprises et des anciens morceaux qu’on n’a pratiquement jamais jouĂ©s.

SB : L’album Le Franc Belge, Ă©crit en grande partie en français, est sorti il y a quelques mois. Son succĂšs a-t-il Ă©tĂ© le mĂȘme dans le nord que dans le sud du pays ?

D : Oui, il a Ă©tĂ© trĂšs bien reçu des deux cĂŽtĂ©s. Etonnement le public nĂ©erlandophone a apprĂ©ciĂ©. J’avais peur qu’ils se demandent pourquoi mais finalement ils s’intĂ©ressent mĂȘme aux textes en français. C’est presque une plus-value de chanter en français en Flandre. J’avais une apprĂ©hension parce que c’est pas facile d’écrire et de chanter en français, surtout quand on a un accent. D’ailleurs, je conseille toujours Ă  ceux qui ne sont pas francophones de chanter d’abord en anglais, c’est plus simple.

C’était un pari de chanter en français.

SB : Pari réussi donc ?

D : Oui.

SB : Et en ce qui concerne les médias ?

D : Pareil, les critiques étaient bonnes des deux cÎtés.

SB : Les chansons Ă©crites en français, c’était aussi une maniĂšre de pouvoir aborder le public français. Comment se passe donc l’exportation de Daan ?

D : Au niveau du CD, c’est difficile parce qu’il n’est pas diffusĂ© en radio.  Par contre, en live l’accueil est trĂšs bon.

SB : Justement, un show en France se prĂ©pare-t-il de la mĂȘme façon qu’un show en Belgique ?

D : Non pas du tout parce qu’ils ne connaissent aucun titre lĂ -bas. Ici, certains morceaux sont connus depuis des annĂ©es ce qui n’est pas le cas chez eux. On ne joue donc pas forcĂ©ment les mĂȘmes titres en France qu’ici. Donc il faut tout revoir, penser aux morceaux qui vont plaire.

SB : ConcrÚtement ça donne quoi ?

D : Et bien, on ne joue pas des morceaux comme Housewife par exemple. Par contre, Exes et Parfaits Mensonges marchent trÚs bien.

SB : J’ai lu sur votre site que vous ĂȘtes allĂ© en Californie il y a deux ans pour composer. Est-ce suite Ă  ce voyage qu’est nĂ© Le Franc Belge ?

D : Non, tout est restĂ© lĂ -bas. J’y ai Ă©tĂ©, j’ai composĂ© dans les motels, j’ai tout mis sur mon ordinateur portable et je l’ai laissĂ© Ă  l’aĂ©roport. J’ai bĂȘtement oubliĂ© mon ordinateur dans le hall de l’aĂ©roport de Los Angeles. Je n’ai donc rien ramenĂ© et je ne me souviens de rien. Tout est restĂ© en Californie.

SB : Un signe ?

D : Oui, sûrement.

SB : Avez-vous un rituel avant de monter sur scÚne ?

D : Oui. Avant, notre rituel c’était ritueel. Avec le groupe, on se mettait en cercle et on choisissait un chiffre : 6, 7, 9 ou 16. Et puis on sautait sur place le bon nombre de fois en disant « ritueel ». Celui qui se trompait, qui le faisait une fois de trop ou trop peu , on savait qu’on devait y ĂȘtre attentif pendant le concert. Souvent c’était moi.

Maintenant, on écrit le mot « histoire » quelque part en back stage.

SB : C’est ça les photos dans la pochette de l’album ?

D : Oui, ce sont tous nos « history » écrits un peu partout en back stage.

SB : OĂč sera Daan en 2014 ?

En 2014, je serai sur les podiums. J’ai passĂ© beaucoup de temps enfermĂ© dans un studio l’annĂ©e passĂ©e. Je n’ai plus envie de ça pour le moment. Oui, je me vois bien sur les podiums. J’ai aussi quelques projets en vue mais pas sous le nom de Daan, ça sera des collaborations avec d’autres artistes.

SB : Et en 2024 ? Des projets ? Des envies ?

Ah ! Mon album en 2024 il sera gĂ©nial ! Il faudra Ă©couter ça ! J’aime vraiment ce que je fais, je crois que je ferai encore ça dans 10 ans. Ça me plaĂźt de chanter, j’ai de la chance, j’ai le cul dans le beurre. Tant qu’on ne m’en empĂȘche pas et tant que mon physique me le permet, je serai sur s cĂšne. En mĂȘme temps, tu sais, en acoustique on peut jouer jusque 50, 60 ans facilement !

Écrit par Patricia Herens