VEGAS : Du dark au lumineux il n’y a qu’un pas

Lundi 17 février nous étions au Botanique pour la Release Party du dernier album de Végas. Avant un show on ne peut plus rock, deux des membres du groupe, Sébastien le guitariste et David le batteur nous ont accordé un peu de leur temps.

ScènesBelges : Vous êtes ici ce soir pour présenter votre nouvel album. Comment vous le décririez par rapport aux précédents ?

Sébastien : Il est plus lumineux, déjà, que ce soit au niveau de la pochette ou au niveau de la musique et de l’énergie. Dans le sens où avant on pensait que c’était dans une puissance sonore et ici on s’est rendu compte que ça pouvait être aussi par la dynamique des sons synthétiques. Et donc, à ce niveau-là on a beaucoup plus bossé là-dessus et ils ont une place aussi grande qu’un autre instrument. C’est ce qu’on a toujours voulu faire et ici on y est peut-être un peu plus arrivé à ce que l’électro ait vraiment sa place. C’est d’ailleurs symbolisé sur scène avec un gars, un cinquième membre, Dimitri qui joue avec nous.

David : Et on a plus bossé les chants aussi. On les a mis plus en valeur parce qu’une chanson c’est un chant. C’est ça que tu chantes les 95% du temps donc on a nettement plus bossé les chants. Ici, on a d’abord fait le chant et puis on a bâti autour. C’est l’inverse de ce que l’on faisait. C’est très différent comme démarche.

SB : Tant que l’on parle du chant, sur cet album tout est en anglais et sur les précédents aussi. Pourquoi ce choix ?

Sébastien : Parce que l’on écoute du rock depuis toujours et que le rock c’est plus généralement en anglais parce que c’est plus international, c’est plus porteur.

David : Et puis c’est aussi surtout parce qu’on aime rien en français.

Sébastien : On a des avis partagés sur certains groupes… Noir Désir par exemple j’adore mais je sais que tu (David) n’aimes pas. Mais sinon, c’est sûr que l’anglais c’est plus musical et comme nous on c’est « énergie – mélodie »…

David : C’est pop-rock.

Sébastien : Oui, et puis c’est plus porteur. Et comme nous on veut jouer partout dans le monde… (rires). Tu peux ratisser plus large.

David : Maintenant, le risque que l’on a c’est de se ramasser des trucs sur l’accent.

Sébastien : On a quand même vachement fait attention à l’anglais, on a suivi des cours avec des coaches. On a bossé avec des natifs, des gens qui parlent anglais quoi.

SB : Aujourd’hui vous êtes en salle, vous serez à Namur, puis à Mons et à Liège. Vous faite notamment l’Inc’rock Festival dans quelques mois. Quelles différences entre le concert en salle et en festival et où Vegas se sent le mieux ?

David : En festival t’as moins de pression parce que les gens ne sont pas là forcément pour toi. Donc là tu dois convaincre des gens donc c’est une autre démarche quand t’arrives sur scène tu dois te dire « bon ok, tu joues pour des gens qui à la limite ne te connaissent pas du tout, vraiment pas du tout ». Alors qu’aujourd’hui, ce sont des gens qui viennent en grande partie pour nous donc la pression est plus forte je trouve qu’un truc en festival où, si tu fais une bonne presta tant mieux mais si tu te goures t’es pas grillé tant dis que si on se plante aujourd’hui, c’est moche.

Sébastien : C’est juste que si t’as 250 personnes tu sais que t’as 250 paires d’oreilles attentives. Quand t’es en festival c’est quand t’arrives à faire claquer des mains le gars qui est debout près du bar c’est que t’as accompli ton contrat. Parce que les gens ne sont pas là pour toi, donc ça veut dire que t’as réussi à créer une dynamique et embarquer tout le monde dans ton son. C’est différent. En festival ça peut être impressionnant quand tu te retrouves avec 3000 personnes devant toi comme aux Franco. En salle t’en as 300 mais la pression est la même. Puis c’est plus intime, ils sont direct sur tes genoux.

David : Mais on joue de la même manière. Chaque fois avant un concert on se dit pas « wow on va jouer tranquille » chaque fois on y va à fond. Ça, ça va sans dire.

SB : L’année passée vous avez fait la B.O. d’un film, Franck & Dean, comment cela s’est-il passé ? Pourquoi vous ?

David : C’est notre attaché-de-presse en fait qui connaissait la réalisatrice et qui a proposé deux-trois groupes et elle (la réalisatrice) ne s’y connait pas trop en musique mais c’est nous qu’elle préférait parce qu’on était les plus mélodieux de ce qu’elle avait écouté. Et puis on l’a rencontrée et ça s’est passé très facilement. Elle nous a laissé carte blanche. Donc en fait, elle te donne son film sans rien, enfin les textes évidemment, et puis on bâtit là-dessus. C’est une expérience vraiment sympa.

SB : D’autres projets en parallèle ?

Sébastien : On a fait aussi un générique, « C’est du belge », à la RTBF. Et sinon après c’était l’album. C’était des heures, des heures, des heures, surtout lui (David) et Al’ (Albin, le chanteur). C’est des nuits, des nuits, des nuits pour pondre les chansons et pour faire les arrangements.

David : On fait tout de a à z. On doit tout faire nous-mêmes. Donc là, quand la chanson est finie, il y a toujours des doutes. C’est sur six mois que l’on a tout écrit, six à sept heures tous les soirs. C’est beaucoup de boulot, une centaine d’heures par chanson.

SB : Puisque l’on parle d’album, quel est le dernier album sorti que vous avez écouté et apprécié ?

David : Moi, Katty Perry. J’adore Roar.

SB : On parlait de Noir Désir tout à l’heure … Détroit ?

Sébastien : Oui je l’ai écouté. Je me dis que c’est dommage parce que c’était dans la ligne de Des visages et des figures et ça aurait pu faire un bon album de Noir Désir.

SB : Où verra-t-on Vegas en 2014 après l’Inc’rock ?

Sébastien : On a plein de contacts qui sont en cours. Seulement l’album n’est pas encore sorti, les festivals ont reçu les promos et tout mais maintenant on attend. Peut-être les Franco.

SB : Dans dix ans, vous serez où ?

David : Dans dix ans ? Ouais, ça c’est une bonne question.

Sébastien : Au jour d’aujourd’hui je crois que le 18 février dans dix ans on est en repos une semaine avant de repartir. Non, on va continuer à faire des disques. Le truc c’est que comme on a toujours dit dans le groupe c’est que tant que ça progresse on continuera.

Après le quart d’heure que nous ont consacré Sébastien et David, direction la rotonde du Botanique. Une salle pas bien grande mais confortable où même tout derrière on est près des artistes. Avant le concert de Vegas tant attendu, apparemment les fans ont répondu présents à l’invitation, c’est Over Me qui occupe la scène. Un groupe de rock invité pour assurer la première partie. On ne connaissait pas, on a découvert en live. Oui, bon… en fait, c’est le problème des premières parties, c’est qu’on n’est pas là pour ça, et on ne sait pas les apprécier à leur juste valeur. En tout cas, je parle pour moi.

Bref, place à Vegas ! La rotonde est remplie, ça ne veut pas dire qu’il y a beaucoup de monde, mais en tout cas, il y en a suffisamment pour avoir une ambiance de dingue ! Lundi soir, j’en suis persuadée, Vegas jouait devant un public conquis d’avance ! Cette release party était donc l’occasion de présenter leurs dernières compositions à leur public, de manière assez intime, un peu « entre vous et nous ».

Durant le show, le groupe nous a donc présenté les nouveaux morceaux entrecoupés de quelques anciens faciles à reconnaître aux cris du public, enfin des filles… à moins que ce ne soit aux moments où le chanteur lançait des cadeaux (t-shirts et badges à l’effigie du groupe) aux fans.

J’ai apprécié le concert. Un peu de rock de temps en temps ça fait du bien. D’ailleurs, j’adhère complètement à ce nouveau côté vachement électro teinté de pop. Cela change, c’était mélodieux, pour reprendre leur terme. Par contre, je regrette un peu le côté un peu répétitif… Si les albums ne se ressemblent pas, entre les nouvelles, j’ai eu dur à distinguer les morceaux, pas assez de nuances. Maintenant, je n’avais écouté l’album qu’une seule fois avant le concert, c’est peu pour se faire l’oreille. Je les reverrai à l’Inc’Rock… d’ici là j’aurai sûrement écouté l’album quelques fois, je vous dirai quoi !

Je souligne aussi que je trouve la pochette de Everything You Know Is Wrong vraiment jolie ! La preuve qu’il ne faut pas être toujours dans le dark pour faire du rock et j’adore le titre Bad Story, à cause de la basse.

J’ai passé mon lundi soir avec du rock plein les oreilles et les yeux et un album à redécouvrir en profondeur en poche. Une bonne soirée quoi !

Je parie sur une belle tournée cet été et sur de bonnes ventes de cd pour Vegas. C’est tout ce que je leur souhaite.

Merci à Sébastien et à David pour leur disponibilité. 

Écrit par Patricia Herens