Hooverphonic ou quand l’Aula Magna ressemble à un tableau d’Edward Hopper

Ce dimanche, Louvain-la-Neuve accueillait pour la première fois à l’Aula Magna le groupe belge Hooverphonic.

Le groupe se posait donc dans la ville nouvelle avec un décor vintage à souhait, un ensemble musical sobre dans lequel les cordes, cuivres et autres synthés avaient été remplacés par deux choristes masculins à la voix aussi jolie que leurs sourires.

 Pour cette étape de leur tournée des salles plus intimistes et des théâtres (avant les grands rendez-vous que sont les festivals de l’été), Alex, Raymond et l’énigmatique Noémie misaient sur une proposition simple et léchée.  Sur scène, du mobilier digne de la série Mad Men, des canapés, des verres à pied, des lumières tamisées.

Quand le plateau s’habille de bleu, on pourrait se croire dans un film d’Hitchcock.

La simplicité visuelle est cohérente avec la démarche du projet du dernier album « Reflection », enregistré chez des particuliers. La chanteuse mise également sur la sobriété, coupe garçonne un peu mutine et salopette foncée qui n’enlèvent rien à son sex appeal , ses mains caressant l’air et sa démarche se voulant féline et sensuelle.

Le concert démarre avec la présentation des nouveaux titres. Sans doute pas encore assez connus pour que le public ne s’enflamme même s’il rit volontiers aux boutades d’Alex qui se révèle doté d’un humour sarcastique et taquin.
Avec le retour vers des titres plus emblématiques du groupe comme par exemple « Mad about you », le public se réveille et l’ambiance monte d’un cran. Le set est très au point et il se dégage une touche jazzy-rock qui ne peut laisser personne indifférent. D’ailleurs, les applaudissements nourris ne trompent pas, les spectateurs sont conquis. Noémie, un peu dans sa bulle jusque-là) se détendra d’ailleurs à partir d’ici.

Le rappel permettra au groupe de défendre son dernier titre en date « Amalfi » mais également de revenir à des essentiels tels que « The Night Before » ou « You hurt me ». Le tout est teinté de sonorités seventies, psychédéliques mais résolument sobres et raffinées. On n’est plus dans les performances vocales qu’on avait pu connaître à un moment donné avec Hooverphonic.
Alex joue de plus en plus avec le public, lui demandant de choisir l’un ou l’autre titre (au risque de devoir jouer un morceau sans en connaître la tonalité) et fait de nombreux jeux de mots bilingues. L’opération séduction marche.

Au final, la proposition du groupe s’est voulue plus sensuelle, plus dans l’émotion et moins dans l’ostentatoire.  L’alchimie s’est opérée, la magie cristalline de la voix de Noémie a envouté le public.

Hooverphonic est définitivement un incontournable classique de la scène belge.

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Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter