Voilà, les Francos c’est fini… que restera-t-il de l’âme de cette édition 2014 ?

francofou Spa, un dimanche et un lundi férié, deux ambiances, deux météos différentes. Ce dernier jour du week-end, les Francofolies proposaient une programmation hétéroclite. Entre la fête à Piano Club, moment musical très plaisant avec une belle spontanéité et un Cheeki Jack (jeune pousse qui ne peut que bien évoluer tant il y a beaucoup de talent chez eux et surtout une belle envie de jouer qui est transmise au public), l’après-midi du dimanche démarrait bien. La scène Proximus accueillait , sans grand risque, deux des quatre visages de « The Voice ». Déplacée en fin d’après-midi suite à l’annulation d’Emmanuel Moire pour raison de santé, BJ Scott s’en est donné à cœur joie. Se produisant après le remplaçant surprise, Hugo qui a été à la hauteur du défi, celle qui est une habituée de ce festival a une fois de plus conquis le public avec ses invités et son groove efficace. Les spectateurs étaient donc prêts pour l’arrivée des autres grands habitués de Spa, Suarez. Le groupe a mis une ambiance de feu, lumières folles et cuivres à gogo. Ceux et celles qui avaient eu l’occasion de voir Marc et ses amis sur l’un des (trop) nombreux festivals auxquels ils ont participé regretteront peut-être le manque de nouveauté, dans la set liste mais aussi dans les interventions du chanteur entre les morceaux. Est-ce possible d’avoir un peu de fraicheur et de nouveauté ? La recette marche néanmoins, le public se prend au jeu, Suarez reste une valeur sûre de la scène populaire belge n’en déplaise à certains..

Ce dimanche a surtout connu deux grosses claques : le set electro d’une puissance dingue proposé par Kid Noize, quelle énergie sans concession et le concert concept de Fauve. Fauve a transporté son univers urgent et collectif sur la scène Proximus. Initialement prévu sur la scène Ice Watch, c’est en dernière minute, sans doute vu l’affluence dans le parc des sept heures pour ce groupe, que les organisateurs ont déplacé le groupe sur la scène principale du village Francofou. Le concert était magnifique visuellement, musicalement et humainement parlant. Comme attendu, la vidéo était un élément incontournable (comme elle l’est du concept même de Fauve-voir interview à venir prochainement) et l’énergie des cinq membres visibles du collectif était décuplée. Deux approches du concert étaient possibles : ceux qui connaissaient et qui ont suivi le collectif, maîtrisaient les textes, s’appropriaient la proposition et puis les autres, ceux qui découvraient et là, on doit bien avouer que c’était plus difficile. Fauve c’est un tout, une musique exutoire, des films rapides et complexes et surtout des textes, à la limite du thérapeutique, déversés à pleine vitesse, des mots lancés qui s’enchaînent sans respiration. Sur une telle scène, avec le bruit ambiant, le son un peu difficile, c’était particulièrement compliqué d’entrer dans cet univers aux codes multiples. Néanmoins, Fauve a suscité pas mal de curiosité et si les spectateurs font la démarche de se poser quelques instants sur le disque, ils risquent de se prendre une sérieuse surprise. Le groupe phénomène de ces derniers mois a soufflé un vent rude et abrasif sur Spa, et ça, ça faisait du bien.

Le 21 juillet avait beau être jour de fête nationale, la programmation de ce lundi n’était pas un véritable feu d’artifice musical.
Bien sûr, il y a eu le palmarès du Franc’Off, présidé par un Cali très présent et prenant son rôle à cœur. Remporté par Fantøme, c’est un choix justifié du jury qui se produisait en ouverture de la journée mais ce n’était pas suffisant pour braver la pluie qui rinçait Spa et mettre une ambiance du tonnerre dans le village.

On épinglera une belle performance du charismatique Benjamin Schoos, très en forme après son aventure des francos de Montréal. Décidément trop méconnu du grand public (quoique si on parle de Miam Monster Miam ça éveille plus de souvenirs), le dandy roi du second degré a livré un bon set. Le public a-t-il compris où l’homme aux multiples talents voulait l’emmener ? Pas certain du tout, mais cela n’enlève rien à la très belle performance.

Le reste de l’affiche se voulait plus accessible avec, entre autres, Bastian Bakker, nouvelle idole des jeunes filles en fleur. Petit clin d’œil à Cats on tree, beau moment, poétique et léger qui a ravi le public présent pour voir un des groupes pas mal plébiscités en radio ces derniers mois.

170.000 spectateurs pour cette 21ème édition des Francofolies de Spa. Trois soirs sold out sur la Scène Rapsat, plus de 100 artistes, des confirmations, des découvertes.

Que restera-t-il de ces Francofolies 2014 ? Un goût de trop peu sans doute vis-à-vis de la grande scène qui aurait mérité au moins un soir de plus, un peu plus d’audace et moins de sécurité. Même si le public était rassuré de voir des noms connus, vus et revus à l’affiche, il aurait été intéressant de lui faire découvrir de nouvelles choses. Mais au final, cette 21ème édition fut un succès, le public était au rendez-vous tout comme le soleil. L’ambiance se voulait festive et c’est malgré tout ce qu’on attend de ce genre de manifestation.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter