C’est entre son concert au Main Square et juste avant son passage début août au Ronquières festival que Maxim Nucci/ Yodelice a accepté de se poser quelques instants et de partager avec nous ses projets et ses envies.

Magnifique musicien, compositeur incroyable, l’homme au charisme époustouflant s’est révélé être de plus une très belle personne. Un artiste attentif et simple qui s’est lancé dans une discussion décontractée durant laquelle Maxim ne s’est jamais défait de son sourire légendaire.
Celui qui était un de nos coups de cœurs lors de son passage à l’Ancienne Belgique est sans conteste un artiste de haut vol, de ceux qu’on voudrait dans le creux de son oreille et de son cœur quand la vie nous fait misère. De ceux qui nourrissent et réchauffent.

Scènes belges : Vous vous présentez en interview avec le même costume que sur scène (pantalon et gilet noir, feutre à large bord, lunettes de soleil, bijoux à tête de mort).
Qui est en face de moi ? Maxim Nucci ou Yodelice ?

Maxim/ Yodelice : En fait, je n’ai plus vraiment d’uniforme. Je m’habille en fonction de l’humeur. Mon personnage, lorsque je l’ai crée au départ, j’avais l’impression d’enfiler un costume mais au fil des concerts, je bascule dans un rapport schizophrénique avec lui. Il devient moi et inversement. Ce personnage a évolué, le maquillage a bougé. La larme laisse place au triangle. Je pars du principe que ce qui m’inspire le plus c’est ma vie quotidienne. Cette proposition artistique évolue et grandit en même temps que moi. J’ai fait un premier disque dans une période de doute, le disque était mélancolique, sur les projections qu’on peut se faire enfant.Le costume était nostalgique. Le succès m’a donné confiance en moi, ma vie a changé, mon discours a évolué vers quelque chose de plus joyeux. J’aime bien l’idée qu’une chanson soit comme un polaroid d’instant T de ma vie. Une vérité malgré le grimage et le costume.

SB : De date en date, on voit que vous ne proposez pas systématiquement le même spectacle. C’est important pour vous de varier les éléments du concert ?
Maxim/ Yodelice
 : Je ne me pose pas de question. Bien entendu, je ne peux pas vous dire que je suis totalement dans l’instinct puisqu’on doit avoir des balises quand on fait des concerts. Il y a un show qui se place, un cadre qui se pose. Néanmoins, avec mes musiciens, on laisse toujours de la place à l’improvisation. Dix minutes avant, je choisis ma set liste, au grand damne de mes musiciens. J’aime laisser une part à l’humeur. De pouvoir jouer sur les nuances, je tiens compte du lieu. On a eu beaucoup de chance avec notre public. Il est fidèle et présent au rendez-vous. On se doit de leur donner de vrais show. Même en plein jour, même avec une mise en scène assez minimaliste. Nous avons choisi d’ajouter un arbre musical, avec des percussions, des micros, l’arbre est un instrument en soit, presqu’un  musicien. J’aimerais , un jour, ajouter des choses folles, quelque chose de spectaculaire mais cohérent avec mon univers.

SB : Vous tournez beaucoup en ce moment, quels sont vos projets post-tournée ?
Maxim/Yodelice
 : Mon prochain album sera un live mixé par Olivier Lude. Ce sera mon premier live. Autant j’ai l’impression d’avoir fait des tonnes de choses musicalement parlant autant sur ce projet je suis très flippé, je vois chaque imperfection. C’est une espèce de tour de France, enregistré dans des endroits différents. C’était un choix de rassembler ces instantanés en un patchwork. C’est un reflet de ma tournée. Pour moi, chaque lieu est unique. J’avais envie que les gens puissent se demander à l’écoute s’ils étaient là le jour de l’enregistrement. Je suis aussi en train de travailler sur un prochain album qui sera toujours influencé par les années 70. On va également bouger pas mal avec cette tournée. On va notamment en Angleterre. On est allé jusqu’en Australie. Une expérience incroyable où on jouait entre Ben Harper et Bob Dylan. On se demandait ce qu’on faisait là et on a été les premiers surpris de voir à quel point on a été bien accueilli. Mes concerts s’exportent bien alors que finalement mes disques n’ont pas forcément beaucoup de succès à l’étranger.

Je suis aussi impliqué dans plusieurs collaborations. J’aime ça les collaborations. Chacun fonctionne différemment mais moi j’aime profondément les artistes, on est des ultra sensibles, on a tous ce côté un peu décalé, rêveur. Travailler en réseau, c’est travailler en miroir. Là, je travaille avec Johnny Halliday, c’est très intéressant. On bosse à Los Angeles. Je suis très fier de retravailler avec lui. J’aime énormément cet artiste. Il représente tellement dans inconscient collectif que parfois la caricature prend le dessus pour le public alors que c’est un énorme musicien. Il a un sens inné de ce qui est dans l’air du temps et de la qualité. Sur notre premier projet en commun, le succès commercial était moindre toutes proportions gardées. Cela ne l’a pas empêché de me rappeler. Il a une belle sincérité.

On me sollicite aussi souvent sur les musiques de film. Là, j’aimerais trouver un film qui corresponde à mon univers. Après, évidemment, sur des projet comme le dernier Canet , Blood Ties, je prends mon pied. Un film à la Scorcese, un jeu incroyable des comédiens, une belle direction de Guillaume qui me passe une guitare et qui me demande de créer en direct. Il m’a dirigé non pas comme un musicien mais comme un acteur. Il me demande de me mettre dans la tête du personnage au moment de créer la musique. C’est une magnifique manière de travailler.

C’est un dévoreur de vie que nous laissons repartir, déjà impatients de le revoir très vite sur scène (notamment à Ronquières) et de découvrir ses nouveaux projets.

http://yodelice.com/

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