Kyo, le retour gagnant

kyo_lequilibreQuelques mois après la sortie de leur nouvel album, « L’équilibre », les français de Kyo se préparent à leur grand retour sur scène. Après quelques dates lors du NRJ on tour et un passage au NRJ in the park, ils seront au Cirque royal de Bruxelles ce 22 octobre (date soldout) et à Forest National le 31 janvier 2015.
A l’occasion de leur passage à Charleroi, Scènes belges les a rencontré. Un joli échange avec un groupe emblématique de toute une génération.

SB : Vous êtes de retour en Belgique à l’occasion du NRJ in the Park, deux autres dates arrivent. Le concert du Cirque royal a été soldout en un temps record. Celui de Forest National le 31 janvier 2015 est en bonne voie pour l’être aussi. Comment fait-on après une pause relativement longue pour se remettre au travail ? Pour retrouver ses marques ?

Kyo : Ce qui intéressant avec cette pause, longue en effet, c’est qu’on a retrouvé l’énergie du début du projet. On a toujours eu l’envie en nous de refaire de la musique. On doit reconnaître que juste avant que l’on s’arrête cette envie s’était un peu émoussée. On avait sans aucun doute vraiment besoin de se ressourcer.
Quand on s‘est retrouvé sur cet album on a directement ressenti que la magie et l’énergie étaient de retour. On a un peu l’impression d’être dans une nouvelle jeunesse. Bien sûr, on a changé et les paramètres ne sont plus tout à fait les mêmes. On aborde ce « retour » avec beaucoup de fraicheur.
On a repris le rythme assez vite finalement. Il faut dire qu’il y a tellement de choses à penser , entre les titres, les enregistrements, les visuels, la préparation de la tournée, on a la tête bien remplie et le mouvement ne s’arrête pas vraiment.

SB : Vous revenez après de nombreuses années, vous avez gagné en maturité. Votre public compte bien entendu vos fans de l’époque du « Chemin » mais aussi de très jeunes gens qui vous découvre au travers de cet album et du titre « Le Graal ». Vous vous y attendiez à cette diversité ?
Kyo 
: C’est bizarre en effet. On est surpris de voir que des gamins nous suivent. Ils nous découvrent au travers du Graal et ça nous étonne car ce titre ne devrait pas a priori leur parler. Bien sûr, la musique est en décalage avec le texte. Il y a un aspect gimmick qui fait que ça leur plaît sans doute. L’aspect symbolique aussi de nos chansons peut aussi expliquer ça mais c’est vraiment quelque chose qui nous dépasse. On espérait toucher ceux qui nous suivaient à l’époque, pas forcément un nouveau public et là on a les deux. On va avoir devant nous sur scène des gens qui seront d’horizons différents, avec des références et des énergies variées. C’est un beau cadeau pour nous, on sait que c’est une chance. On la savoure pleinement d’ailleurs.

SB : Avez-vous conscience que votre public lui n’a pas fait de pause par rapport à votre musique que vous alimentiez les discussions sur les forums pendant votre absence, que les gens continuaient à faire vivre votre musique ? en avez-vous tenu compte lors de la préparation de ce disque ?
Kyo
 : On a vu ça sur les forums en effet. On n’en avait pas vraiment conscience. On ne peut pas calculer ce genre de choses. On n’a aucun contrôle une fois que notre musique est chez les gens. Ils se l’approprient et la font vivre ou pas.
Les choix sur cet album n’ont pas été calculés. On écrit toujours beaucoup puis on fait des choix mais ils sont plutôt personnels.
Nous avons l’impression que pendant notre absence personne n’a proposé un projet qui ressemblait à ce que nous faisions. Il y a eu peu de groupe pop rock à textes. C’est peut-être aussi pour ça que notre public est resté accroché à nos albums précédents.
En proposant ce disque, on revient à un moment où ce n’est pas tellement à la mode. Tout comme au moment où nous avions sorti « Le chemin ». En fait, on n’est peut-être jamais à la mode, c’est peut-être ça le secret. De faire entrer le public dans notre univers sans réfléchir à essayer d’être tendance. On se livre en espérant qu’ils aimeront mais on n’est pas dans un rapport de séduction à tout prix. Bien sûr, on s’est posé beaucoup de questions au moment de retravailler. On n’avait pas d’ambition particulière si ce n’était de faire un bon disque. On voyait le marché du disque se casser la figure. On avait envie de refaire de la musique ensemble. On s’est juste dit qu’on voulait faire le meilleur album possible.
Jamais on ne s’est dit que c’était un danger. On était dans l’inconnu complet. On a tellement peu de marge de manœuvre quand le disque sort, une fois qu’il est livré au public, on perd le contrôle.
On a essayé de continuer à développer notre univers au travers de nos influences que ce soit en cinéma, en série, en photo, d’être nous au final. Revenir après ces années durant lesquelles la technologie a pas mal évolué, c’est un bonheur. On aime travailler l’image et là aujourd’hui c’est devenu beaucoup plus accessible. On se sent très impliqué. On essaie de faire le lien avec l’univers graphique qui nous est proche.

SB : Vous avez un nombre impressionnant de tubes à votre actif. Comment va s’opérer le choix du set que vous proposerez lors de la tournée ?
Kyo
: C’est plus facile en fait. On peut vraiment choisir parmi tous nos singles, c’est un atout. On a de nombreuses options. Il est évident qu’on a envie de jouer le nouvel album. On en jouera une dizaine de titres. Le reste, on va piocher au gré de nos envies. On va réarranger une partie des morceaux plus anciens. On les change pas mal. Mais on a aussi envie que notre public s’y retrouve, donc on va aussi reprendre certains titres tels qu’ils étaient à l’époque. Forcément ce sera plus rock car on est sur scène et qu’on aime les choses qui bougent mais après autant de temps on va aussi prendre pas mal de plaisir à les rejouer tels qu’on les a créés.

SB : Nos abonnés souhaitent savoir comment vous choisissez vos premières parties, ce qui vous pousse vers l’un ou l’autre artiste.
Kyo: Nous faisons ce choix nous-même et ce n’est vraiment pas facile. On pense à des artistes mais c’est compliqué. Trouver des artistes qui ne soient pas trop éloignés ou trop proche de notre univers. On aime que notre public y prenne du plaisir mais découvrent aussi des choses un peu différentes de notre univers. Sur cette tournée, on va s’associer avec plusieurs artistes et souvent avec des artistes du coin où l’on jouera. C’est aussi une question de moyen pour l’artiste qui ne pourra peut-être se déplacer facilement et puis permettre au public de découvrir des artistes de sa région c’est aussi intéressant.
On aime aussi en discuter avec notre entourage. Pour les choix qu’on doit faire, on en parle beaucoup, on tient compte de tous les avis et puis on décide. On fait confiance à notre manager ou à notre maison de disque, on aime connaître leur opinion. Mais cette question nous fait penser que la tournée arrive à grands pas et qu’il serait temps de s’y mettre.

Kyo a donné un concert très apprécié à Charleroi en cette fin septembre, de quoi mettre l’eau à la bouche pour les dates à venir.

L’album « L’équilibre » est disponible sur l’ensemble des plateformes.
Kyo sera à Forest national le 31 janvier 2015, il reste quelques tickets disponibles.

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Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter