Thomas Fersen : malicieux Ă©quilibriste

Thomas Fersen est l’artiste qui souffre le plus de son image. Demandez autour de vous ce que les gens pensent de Thomas. La plupart diront avoir entendu ce nom, sans jamais avoir écouté sa musique (en radio, il est en effet fort peu présent et sa couverture médiatique restant confidentielle, c’est un artiste qu’il faut aller chercher si on veut le connaitre).
On pense de lui qu’il est un chanteur intello, bobo. On pense que son univers est hermétique et déprimant. On pense qu’il est, comme Vincent Delerme ou Juliette, apprécié d’une certaine population qui se la joue parisienne culturellement parlant.

FAUX ! Thomas Fersen est tout sauf ça. Son univers est un mélange de joies, de souvenirs, de nostalgie, d’odeur d’enfance, de mots virevoltants et de notes entremêlées.
Thomas avait posé son piano sur la scène du Théatre de Namur en ce début octobre. Et il a emballé le public. Seul, au piano, éclairé à la perfection, le français a déposé son humour et sa finesse à même le clavier. Emotions dans la salle mais aussi rires francs et étonnement. Thomas Fersen était en concert mais aussi en récitation. Il a ponctué les morceaux d’anecdotes et de poèmes truculents.
Debout, dans son costume noir et ses souliers qui claquent sur le bois, il a joué la carte de la connivence et du clin d’œil. Les textes étaient drôles et surprenants. Un enchaînement de rimes et de rythmes. Quelle belle manière de faire entrer l’autre dans son univers.
Les classiques Ă©taient au rendez-vous mais aussi le dernier album.
L’interprétation était simple et spontanée. L’amusement du funambule des mots était palpable.
Allusions à la Belgique, taquineries sur les accents et les appellations de nos mets culinaires mais aussi autodérision sur le mode de vie à la française.

Thomas Fersen est un poil-à-gratter élégant. Il apporte de la fraicheur et de la tendresse. Un grand Monsieur que ce garçon qui a l’air d’avoir poussé trop vite. Trop confidentiel, il mériterait que chacun s’imprègne un peu de sa malice. Merci Namur d’avoir mis les dorures de ton Théatre à la disposition de ce chansonnier. Ça a laissé beaucoup de magie dans les yeux des spectateurs.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter