Kyo, le retour attendu n’a pas déçu

C’est aprĂšs une longue absence de prĂšs de 8 annĂ©es que les français de Kyo sont de retour avec un nouvel album « Le Graal » et une tournĂ©e « Le Graal Tour ».
A la veille de leur Olympia, ils se sont arrĂȘtĂ©s au Cirque Royal, soldout pour l’occasion.

A la coupure des lumiĂšres de la salle, une atmosphĂšre Ă©lectrique envahissait les lieux.
La sensation de reprendre une histoire arrĂȘtĂ©e sans prĂ©avis il y a de nombreuses annĂ©es habitait la plupart des spectateurs prĂ©sents ce mercredi soir Ă  Bruxelles.
DÚs les premiers accords, les applaudissements se veulent nourris et les premiers cris se font entendre. Le groupe pop rock mythique de toute une génération est de retour.
Forts du succĂšs de leur dernier album et bien en appuis sur de nombreux titres anciens, Benoit Poher et ses camarades, ses frĂšres de route comme il aime Ă  les appeler, prennent littĂ©ralement possession de l’espace.
Aucune crainte quant Ă  l’accueil rĂ©servĂ©, aux dĂ©gĂąts que l’absence aurait pu causer.
Car il n’y a pas eu de dĂ©gĂąts. Bien entendu, tout le monde a pris des rides au coin des yeux, tant les artistes que le public, mais l’énergie est intacte Ă  celle de la grande Ă©poque.
MĂȘmes gestes, mĂȘme symbolique, mĂȘme communication dĂ©complexĂ©e avec le public, mĂȘme cohĂ©sion entre les membres du groupe. Tout est pareil et c’est peut-ĂȘtre lĂ  que le bĂąt blesse, quoique.
Certes, on aurait pu s’attendre Ă  plus de maturitĂ© dans les arrangements ou dans la scĂ©nographie, Ă  plus de recherche dans la musicalitĂ© mais au final le public venait voir Kyo, comme on retourne quelques annĂ©es en arriĂšre. C’est sans doute, peut-ĂȘtre avec Indochine dans un autre registre, un des seuls groupes Ă  ĂȘtre capable de rajeunir une salle entiĂšre en deux chansons. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Kyo est un groupe d’appartenance, il y a une communautĂ© de fans autour d’eux qui force l’admiration. Kyo propose des titres qui sont tous dans la mĂȘme veine, dans le mĂȘme univers, ils ont dĂ©veloppĂ© leur propre regard sur la vie, l’amour, l’amitiĂ©, la libertĂ©. Et c’est ça que le public venait chercher. Ce goĂ»t de libertĂ©, cette sensualitĂ© qui n’existe que lorsqu’on est aux tĂątonnements des relations amoureuses ou entre deux moments forts de la vie.
Musicalement, le groupe a livré une prestation impeccable, ils ont savamment équilibré le mélange des ambiances et des interprétations. Le public était en réelle osmose avec la proposition et on devinait les sourires dans la fosse qui dansait comme un seul homme.
Deux petites remarques, la qualitĂ© du son qui ne laissait pas toujours bien passer les mots, les textes qui sont pourtant le ciment du rĂ©pertoire de Kyo. Fort heureusement, le public connaissait par cƓur les chansons et palliait Ă  ce lĂ©ger manquement et la dĂ©ception d’un dĂ©cor minimaliste constituĂ© du simple signe distinctif du groupe sur lequel des vidĂ©os Ă©taient projetĂ©es. Leur univers est Ă  ce point mystĂ©rieux et fort de symboles qu’on aurait pu s’attendre Ă  autre chose. Mais ce choix se justifie sans doute par la volontĂ© du groupe de revenir au plus prĂšs de leur public, avec le moins d’artifices possibles. C’est donc drapĂ© de lumiĂšres ambitieuses que le Kyo a enchantĂ© Bruxelles en cette fin d’octobre.
Ils seront de retour Ă  Forest National le 31 janvier 2015.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter