Là où Florent Pagny nous emmène, on sait aimer.

Comment être à la fois proche du public et proposer un spectacle grandiose ? Réponse ce vendredi à Forest National avec le concert de Florent Pagny.

Derrière le voile noir qui sert de rideau, un band impressionnant fait retentir les premières notes de l’emblématique « Les murs porteurs ». Claviers, guitares, batteries, violons, violoncelle, basse… et le rideau tombe au moment où les lumières jaillissent. Le ciel se pare d’un énorme rectangle rouge. Et en un instant, la machinerie se met en route et le socle descend, laissant apparaître la tenue steampunk de celui que la salle, comble, attend. Avant même les premiers mots de la chanson et la voix enivrante, c’est le sourire de Florent Pagny qui capte l’attention. Un sourire heureux et franc.
Démarrer sur cette chanson emblématique du dernier album n’est pas un choix anodin. Le ton est donné, on est ensemble, en famille, en toute simplicité, on revient à l’essentiel.
Florent Pagny salue d’emblée le public et le remercie d’être toujours là. Il n’aura de cesse de ponctuer ses chansons de petites phrases introductives, d’anecdotes, d’auto-dérision lorsqu’il parle de fauteuil rouge qui se retourne, de clins d’œil aux histoires des différents titres.
Pour ce spectacle « Vieillir avec toi », il a choisi de se balader entre les titres de son nouvel album, entièrement composé par Calogero, et des chansons plus anciennes mais en prenant soin de ne pas forcément proposer que les tubes connus et maintes fois entendus. C’est ainsi qu’il fera redécouvrir au public « Mon amour oublie que je l’aime», « Jericho » ou « Là où je t’emmènerai ». Chaque morceau prend une dimension incroyable tant les arrangements sont denses et complexes. La couleur rock soutient bien entendu l’ensemble mais les notes plus légères et fines des cordes apportent une rondeur qui touche. La voix de Florent Pagny est une arme infaillible. Passant du murmure au fortissimo, il promène sur du velours son grain de voix si particulier.

Le spectacle se découpait en deux grandes parties, la première ouvrait les festivités en douceur et délicatesse avec des titres personnels et intimes, de « Chatelet-les Halles » à « Un jour, une femme », « Vieillir avec toi » ou la sublime « Le Soldat », la seconde se voulait plus festive et dansante. On y notera la reprise déjantée de « Gaby, Oh Gaby » qui enflammera la salle.

Quel plaisir pour les oreilles que la proposition faite à Bruxelles par Florent Pagny et ses musiciens. Mais le plaisir des yeux n’était pas oublié. Les lumières de ce concert étaient tout simplement sublimes. Outre une installation colossale digne des plus grands shows, la manière dont la scène était habillée de halos et de flashs était extrêmement maîtrisée apportant à ce concert une énorme ampleur.

Florent Pagny est de retour avec un magnifique album qui lui ressemble, entre force et sensibilité, universel et intime. Il est également de retour au cœur de son public, présent et ancré. Florent Pagny est un des chanteurs français les plus populaires et ce malgré son manque de concession et son authenticité parfois malvenue dans ce milieu. Ce vendredi, une fois encore il s’est montré tel qu’il est : vrai, un mec tout simple bourré de talent qui vibre au partage, à l’échange avec l’autre.

Florent Pagny est annoncé aux Francofolies de Spa, le 18 juillet 2105.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter