Mon RĂ©al et Nicolas Michaux offrent l’intime de deux prestations de charme (review + interviews)

C’Ă©tait sans doute la soirĂ©e la plus francophone du festival des BeautĂ©s Soniques de Namur. Pour en profiter, il fallait trouver le Théâtre Jardin Passion dans un recoin de la rue Marie-DSCN2415Henriette. C’est vrai que vu de la rue, ça ne paie pas de mine. Mais pressez le pas et entrez-y et vous serez accueilli dans la singularitĂ© chaleureuse d’un lieu qui a suspendu le temps. S’ouvrant sur un petit salon compilant un univers sans âge, un petit robot se balade, un lustre Ă©claire la salle de sa beautĂ©, des divans accueillant font du charme aux spectateurs lors des entractes. Un vrai beau lieu auquel les BeautĂ©s Soniques ne pouvaient que rendre grâce. Puis au-delĂ  du rideau, il y a une petite salle, soixante places en gradin tout au plus et la scène sur un tapis, sans estrade, juste Ă  hauteur d’hommes et de femmes. Intime et Ă©vocateur Ă  la fois, invitant sans conteste au plaisir du voyage.

Au bonheur des problèmes techniques

DSCN2506Et de voyage, il en Ă©tait question. Avec le duo Mon RĂ©al tout d’abord pour dĂ©buter une soirĂ©e prometteuse. Alors oui, il y a de l’accent dans ses chansons, mais pas celui qu’on croit! MalgrĂ© son nom, le duo n’est pas quĂ©bĂ©cois mais bien flamand et mĂŞme gantois et se compose de Frank de Vos et Roeland Vandemoortele. De lĂ  Ă  faire rĂ©sonner la langue de Vondel Ă  Namur? Pas du tout, puisque depuis toujours, Frank de Vos met sa voix grave et caverneuse au service du français.DSCN2501 Ainsi chante-t-il Paris, Adamo (une version très sombre de Tombe la neige), une Saison Berlin et les amours de toutes sortes. Les textes sont parfois autobiographiques, très souvent humoristiques et toujours surprenants tant ils sont bien cisaillĂ©s et dĂ©veloppĂ©s. Pas de refrains et couplets faciles non plus. Ajoutez Ă  ça une musique entre guitares, claviers et boĂ®te Ă  rythme et une bonne humeur communicative, et c’Ă©tait parfait. MĂŞme si quelques problèmes techniques ont ponctuĂ© la  prestation, rajoutant encore plus de plaisir Ă  voir ce duo naviguer en toute dĂ©contraction.

Une décontraction également perceptible en interview, un peu décalée:

Il y a encore de beaux jours après l’ÉtĂ©

DSCN2546Entracte et plaisir de retrouver le petit salon, et nous voilĂ  reparti pour une nouvelle heure de concert. Et quel bonheur de retrouver Nicolas Michaux. Nicolas qui? Mais si, Nicolas Michaux, ancien leader d’ÉtĂ© 67. D’ailleurs, avec ce 1er Novembre Ă  20°c, l’Ă©tĂ© n’Ă©tait pas très loin et la chaleur du public en tĂ©moignait. Devenu bruxellois et bidouilleur professionnel, Nicolas Michaux nous a surpris il y a quelques mois avec la sortie de son premier clip, très rĂ©ussi, Ă€ la vie Ă  la mort. Entre pop francophone (avec des alĂ©as entre la musique et les chanteurs des annĂ©es 70, mains dans la DSCN2572poche, et sons plus actuels) et quelques moments de blues anglophone aussi, comme la chanson de rappel, le Lovesick Blues popularisĂ© par Hank Williams. Un zeste d’Ă©rotisme par-ci, un solo de guitare dantesque par lĂ  et beaucoup de moments dĂ©licieux. Sans oublier un certain engagement: “Une chanson plus politique dĂ©noncant les nouveaux “Robin des Bois” qui volent aux pauvres pour donner aux riches.” Pas de doute, Nicolas Michaux marque un grand retour, plus personnel et dĂ©pouillĂ©. On attend impatiemment la suite, dont il a donnĂ© gentiment quelques nouvelles en interview.

Les BeautĂ©s Soniques continuent encore aujourd’hui avec Amatorski, FrĂ nçois and the atlas mountains et Son Lux.

Mon réal, Salmigondis, chez LC Music

Écrit par Alexis Seny

Alexis Seny