Saint André, roi des plus fidèles

Ne nous mentons pas, la salle de l’Ancienne Belgique aurait pu √™tre beaucoup plus remplie: 900¬†personnes (de quoi remplir une belle petite AB box quand m√™me). Dommage, mais pourtant, √ßa ne se voyait pas tant l’engouement du public pr√©sent, depuis la premi√®re heure ou depuis le dernier album (presque trois g√©n√©rations, au final), autant dans les cris d’euphorie de certaines fans et que dans le chant assidu des paroles de chaque chanson. Et c’est dire si celles-ci sont marquantes, car il ne s’agit pas de chantonner un refrain de quatre mots, mais bien des couplets d’une plume qui n’a jamais c√©d√© √† la facilit√© et a offert quelques perles!

Ainsi, la soir√©e a commenc√© avec une premi√®re partie charmante et toute en innocence d’Alice (oui, la petite qui a √©t√© tr√®s loin dans l’√©mission The Voice de l’ann√©e pass√©e) qui nous a balanc√© quelques tr√®s belles chansons pop, entre batterie et piano rythmant le tout, et en anglais, avec une voix √† tomber! Avec une excellente reprise d’Infinity d’Oscar and the Wolf.

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crédit: Kmeron

Puis, c’est au tour de Saint Andr√© d’entrer en sc√®ne. Jean-Charles Santini, toujours¬†impeccablement habill√©, fait ressentir son bonheur d’√™tre l√†, devant ce qui est plus que jamais, son public, mais avec une pudeur remarquable aussi (moins que celle de certaines femmes criant, devant une assistance hilare, “√Ä poil, Jean-Charles“, sans doute¬†l’apanage du charme du chanteur). Certes, il est loin le temps du jeune √©tudiant en kin√©. Et si son album La proposition¬†nous avait un tout petit peu d√©√ßu, c’est peut-√™tre que nous n’avions pas song√© √† quel point cet album pouvait √™tre fait pour les lives, tant du Judoka √† La grande illusion, chaque chanson sonnait mieux et la voix de Jean-Charles¬†√©taient plus compr√©hensible. Un chanteur √©mu d’√™tre l√†, fort en causette avec le public marquant l’importance de celui-ci. Un public qu’il a m√™me gratifi√©, √† l’instar des¬†grandes stars, d’une session intime et acoustique. Ainsi que d’une magnifique sc√©nographie! “On est en famille, on peut quand m√™me se parler.

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Cadeau: Jean-Charles ne pouvait se montrer plus proche de se public qu’il aime tant, qu’en entonnant avec lui ce duo √† centaines de voix cr√©dit: Kmeron

Heureusement, s’il a consacr√©, et c’est normal, une grand partie de son set √† son dernier album et √† ses nombreux “tubes” (de Bleu de toi √† Un autre que moi, en passant par Les contes de f√©e sont souvent m√©chants ou Comme un √©l√©phant, on se rend compte √† quel point le groupe a encha√ģn√© les chansons connues), Saint Andr√© n’en a pas oublier ses chansons un peu plus anciennes (et autres que ses tubes) comme un toujours aussi terrible Les petits soldats, l’incomparable reprise de Charles Aznavour Comme ils disent ou l’une des plus sublimes chansons de son r√©pertoire Le roi des infid√®les. Bon, c’est vrai, peut-√™tre manquait-il un Je balancerai des roses ou Le grand soir¬†pour nous porter le coup final, mais ce n’√©tait que pour nous rappeler √† quel point le chanteur a constitu√© un r√©pertoire marquant dont aucune chanson n’est anodine tant toutes ont leur importance. Entre chanson populaire et vrai pouvoir d’interpr√©tation, Saint Andr√© est un cas √† part dans une musique, qu’elle soit studio ou pas, de plus en plus vid√©e de son sens et de son propos. Et au bout de pr√®s de deux heures de concert, le public ne s’y trompait pas: le plus Belge des Corses (qu’il chante dans le merveilleux Printemps) avait encore marqu√© des points devant une salle, certes pas comble mais combl√©e. Comme Jean-Charles, tant pour lui “vivre un soir” sous les augustes cieux bruxellois avait l’air de n’avoir aucun prix.

√Čcrit par Alexis Seny

Alexis Seny