Starflam, l’envie toujours intacte. Interview.

Starflam (20)C’est à la sortie de leur concert de l’Ancienne Belgique que nous avons eu l’occasion de rencontrer Kaer et Akro, deux des membres de Starflam. Moment à vif, échanges sur le hip hop, la nouvelle génération, les média, leurs projets. Réponses à deux voix, entremêlées et complices comme sur scène.

Scènes belges : Vous sortez de scène après un magnifique show qui a littéralement enflammé l’Ancienne Belgique. Votre retour était attendu tant par le public que par les médias. Comme l’avez-vous vécu ?

Akro et Kaer : On est heureux. On avait l’appréhension de remonter sur cette scène de l’Ancienne Belgique. C’est quand même quelque chose. En plus, dans le contexte de cet anniversaire des 40 ans du mouvement hip hop, c’est assez impressionnant.
Le feed-back que le public nous a donné, l’émulation, la diversité du public sont vraiment boostant pour nous. Nous dire que les gens ont acheté leur ticket juste pour nous, hors festival est très valorisant. Pour nous qui aimons la scène, qui avons toujours voulu fouler la scène même dans des festivals où il y avait des groupes d’autres tendances, ça signifie quelque chose de revenir après plusieurs années par la scène plutôt que par un disque.
Ce soir le show était quasi complet avec un minimum de promo. Au niveau belge, les radios ce sont quand même intéressées à ce show mais assez tardivement. On pense que pour le public belge, dans la démarche hip hop globale, notre groupe a marqué une génération et est une espèce de référence. Au départ du projet, les radios n’étaient pas avec nous mais on s’est battu via la scène et on s’est imposé grâce au public.
Le concert d’aujourd’hui, la présence des gens, leur implication, leur participation nous confortent dans l’idée que notre musique n’est pas éphémère ou cataloguée années 90. On est d’une génération, d’une culture. Dans le public on voit qu’il y a des spectateurs issus de milieux proches du hip hop, de la danse, de la mode, de la publicité. Le public a grandi, est entré dans la vie active mais nous avons l’impression qu’il a gardé l’empreinte de cette culture particulière et très ouverte.

SB : Vous êtes de retour. On connaît votre histoire, le fait que vous ayez été porté par le public. Aujourd’hui, quel regard posez-vous sur la scène hip hop, quel est selon vous la différence majeure entre les débuts de Starflam et les débuts d’un jeune groupe en 2014 ?

Akro et Kaer : Aujourd’hui les groupes qui arrivent doivent se montrer très originaux car tout se passe sur la toile et que du coup il y a beaucoup d’espace d’expression. Quand nous avons démarré, il fallait déposer ses démos en radio. C’était en partie les professionnels qui décidaient et qui te rendaient accessible au public. Aujourd’hui, tu peux préparer ton projet, le poster, et faire un buzz. C’est très différent comme démarche. Les gens ont accès à ta proposition, ils choisissent beaucoup plus ce qu’ils veulent écouter et voir.
SB : Après le concert de ce soir, on imagine que vous avez des projets ?
 Akro et Kaer : Notre best off arrive en février. Ce soir on a joué deux morceaux inédits qui seront sur ce disque. C’est clair que nous avons envie de poursuivre le projet. Notre catalogue est aujourd’hui chez Warner. On a la matière suffisante pour le Best of. Après, on verra comment avancer.
Chacun a aussi ses propres projets, des disques sortent individuellement.
Comme notre première passion c’est la scène, on espère que l’été sera dense en concert. On est encore dans la phase de prise de température et de contact. Nous savons, par exemple, que ce soir il y avait pas mal de programmateurs dans la salle.
Aujourd’hui, on a montré qu’on tient encore la route. Humainement, on prend notre pied depuis des années et on a envie de poursuivre. Par rapport à Seg aussi, qui a fondé le groupe et qui a dû le mettre un peu en sommeil à cause de problèmes de santé, on est heureux d’avoir assuré ce concert de l’Ancienne Belgique. De poursuivre cette aventure incroyable avec le public.

Starflam (21)
Review du concert
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Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter