Simple Minds : un nouvel album entre classicisme et modernité. Interview.

C’est à l’occasion de leur passage en Belgique en novembre que nous avons rencontré Jim Kerr et Charlie Burchill.
Echange franc et honnête à quelques heures d’un showcase privé organisé par la RTBF pour quelques 350 chanceux.

Scènes belges : Cet album est un disque très énergique, à la fois contemporain et classique des sonorités qui ont fait votre marque de fabrique. Cet équilibre a-t-il été recherché volontairement ou s’est-il construit au fil de la création ?

Simple Minds : Cela a été un vrai plaisir de revenir après cette période de 90’s où plus rien ne semblait aller pour nous. Nous nous sommes amusés à jouer de la musique et sans doute que c’est ce plaisir que vous entendez sur ce disque. Nous étions surpris de voir cette énergie dans notre travail. En réalité, les choses n’ont pas vraiment changé depuis le début dans notre façon de travailler. Nous sommes attentifs à l’atmosphère, au contexte. Nous essayons de nous fixer une direction au début du travail et puis de laisser faire l’imagination. Certains morceaux existent depuis 10 ans et puis on les reprend, on les retravailler, on les peaufine.

SB : Votre dernier disque rencontre le succès public et critique. Certains parlent de surprise, êtes-vous d’accord avec cette impression exprimées par pas mal de journalistes ?

SM : Nous ne considérons pas que nous revenons soudainement, car nous n’avons jamais arrêté de travailler. Ces dix dernières, années nous avons fait de la musique, c’est la chose essentielle et centrale de nos vies depuis toujours. Nous avons, dans ce domaine, une énergie sans faille. Lorsque les disques fonctionnaient moins, bien sur il y avait de la pression mais nous avons essayé de garder ce plaisir intact malgré certains doutes. A force de travail, grâce aux fans fidèles, nous avons repris confiance et nous nous sommes remis au travail. Pendant ces dix années, nous sommes revenus à l’essentiel. Nous avons eu le temps de replonger dans notre identité, dans nos racines et d’y réfléchir. Pour ce disque, grâce à cette confiance retrouvée, nous avions beaucoup de morceaux, 40 peut-être, c’était compliqué de choisir. Pour nous, ce disque a été un long chemin.
Il y a 10 ans, nous étions comme une vieille voiture sur le bord de la route et nous avons dû vérifier que le moteur fonctionnait toujours. Nous avons vu que c’était le cas. Nous nous sommes remis en route. Pour nous c’était le bon moment.
Nous avons l’impression d’être devenu un classique, en dehors de toute forme de mode. Il y a une essence ninenties en ce moment dans l’air. Bien entendu, les goûts ont évolués mais nous pensons que l’influence de cette époque est présente.

SB : La différence est qu’aujourd’hui vous avez une maturité de trente ans dans le métier mais sur scène aussi vous avez trente ans de plus qu’à vos début. Comment gère-t-on cette évolution sur scène ? Vous adaptez-vous ?

SM : Grâce à l’expérience, c’est plus facile d’être sur scène. Nous aimons travailler sérieusement, être prêts, avoir une scénographie au point et ça c’est l’expérience qui nous l’a permis. Avant, nous étions sur scène sans vraiment y penser. Aujourd’hui, nous avons des équipes, une technologie incroyable, un catalogue assez large et surtout un public. C’est plus facile de se livrer sur scène et en même temps c’est encore plus stressant de nous dire que nous pourrions décevoir. Nous sommes plus conscients de ce que nous faisons.
Quelle que soit la taille du public que nous avons en face de nous, nous jouons de la même manière en termes d’intensité et d’implication. Nous savons que c’est important, que l’investissement des gens qui achètent leur place de concert n’est pas rien. C’est un investissement financier mais aussi émotionnel. Il faut en prendre soin et l’apprécier.

SB : Votre fan base est incroyable. Ce nouvel album est-il pour vous l’occasion de toucher un nouveau public ?

SM : Nos fans sont fidèles en effet, surtout en Belgique. Aujourd’hui nous constatons que ces fans viennent en famille à nos concert. Mais c’est en effet, un défi de toucher de nouvelles personnes, des personnes plus jeunes, peut-être qui n’ont pas les mêmes références. C’est intéressant et palpitant.
Nous sommes présents sur les réseaux sociaux depuis longtemps, nous sommes très actifs. Nous avons toujours eu à cœur de communiquer avec notre public. Ca crée des liens.
Par exemple, aux USA, nous n’avons fait que très peu d’interviews sur cette sortie d’album et grâce aux réseaux sociaux les salles ont été remplies à une vitesse incroyable. Nous aimons ce contact avec nos fans, l’échange direct que cela permet et qui fait notre force.

Sur scène, nous savons que certains sont là pour les classiques de notre groupe. Nous avons deux parties dans notre set liste. Nous essayons de jouer certains incontournables chaque soir et d’avoir une partie flexible qui nous permet de mettre en avant des morceaux plus récents par lesquels les nouveaux spectateurs nous ont découvert, de varier les plaisirs.
Nous n’avons pas de chanson préférée dans notre répertoire. L’intensité lorsque nous jouons fait que nous aimons parfois l’une parfois l’autre. Mais au final, notre préférée est toujours celle que nous jouerons ensuite.

 

Le dernier album de Simple Minds “Big Music” est disponible.
Le groupe sera en concert à Bruxelles les 13 et 15 novembre 2015. Les tickets sont déjà disponibles.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter