Lenny Kravitz: Entre ciel et terre

Il y a une semaine, la légende new-yorkaise Kravitz atterrissait au Sportspaleis d’Anvers. Le sexappeal, le groove, la rock attitude de Leny laissaient présager un moment d’exception, un feu d’artifice visuel et musical et…

Deux concerts en un. Le premier, très moyen, un Lenny Kravitz très scolaire, se limitant à livrer des versions à peine arrangées de ses tubes. De belles lumières sans extravagance, un son de très haute qualité mais aussi un absent, le charisme. De morceau en morceau, on a attendu le moment où le feu va s’allumer, où la mayonnaise va prendre. Et il a fallu près de 50 minutes et le fameux « Always On the Run (Mama said) » pour qu’enfin l’énergie qui a fait la réputation du sulfureux se déploie.

Et là, rien à dire, on a basculé dans un autre spectacle. Plus groovy, plus abouti, plus proche des sons authentiques tout en revisitant les morceaux, le grand Lenny Kravitz est enfin là. Attitude sexy à souhait pour le plus grand plaisir des fans, sourires ravageurs, échanges avec le public et jeu musical avec les musiciens à qui il laisse souvent la place en fin de titre pour des envolées de très haute qualité leur permettant de démontrer tout leur talent. Le public se réveille, les jumps se font plus présents et les instruments s’embrasent. Les riffs de guitare prennent des ampleurs inespérées, les cuivres emballent de chaleur les basses martelantes.
Et là, Lenny Kravitz oscille entre star et homme, se rendant à la fois inaccessible de par son aura et très disponible pour le public, signant en fin de show à même la scène les autographes demandés.

On regrettera le manque de vidéo ou d’animation un peu hors du commun et le décor un peu cheap pour un artiste de cette pointure mais on soulignera une démarche de retour au cœur de sa musique, une intimité recherchée et un sens du travail bien fait.

Bref, Lenny Kravitz est venu en Belgique, il a allumĂ© des Ă©toiles dans les yeux du public mais pas une voie lactĂ©e. Ou alors, il n’est peut-ĂŞtre pas la Star qu’il donne l’impression d’ĂŞtre mais un artiste et un homme et nous en attendions trop.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter