Comme un dĂ©licat parfum de sixties: Hooverphonic “Reflection tour 2015”

M’extripant avec bonheur du froid glaçant qui fige Bastogne, je me glisse dans l’atmosphère sobrement “old fashioned” d’un “Espace 23” pourtant “sold out” et archi bondĂ© d’un public sagement assis.

C’est que le groupe qui joue aujourd’hui est l’un des meilleurs reprĂ©sentant du “rock belge”, habituĂ© aux Top 10 et autres rĂ©compenses. Entamant sa vingtième annĂ©e d’existence, Hooverphonic foule pourtant pour la première fois les planches de la citĂ© ardennaise.

Et pour ce concert de la nouvelle tournĂ©e “Reflection”, tout juste dĂ©marĂ©e le jour prĂ©cĂ©dent, le groupe a misĂ© sur une dĂ©coration scĂ©nique simple, voire minimaliste, mais nĂ©anmoins dĂ©licieusement originale.

Eclairage blanc, mobiler “sixties” m’Ă©voquant curieusement la première salle Ă  manger de mes parents (oui, je sais, ça ne me rajeunit pas… ), sobriĂ©tĂ© des costumes, des attitudes, de l’intro… oĂą Raymond Geerts – guitariste – simplement assis dans un divan d’Ă©poque se lève, arpente la scène, enlève puis dĂ©pose sa veste sur une antique patère mĂ©tallique avant d’empoigner sa guitare. Mine de rien, comme Ă  la maison, il dĂ©coche ensuite les premiers accords du set… Nous sommes Ă  la maison, dans un living dĂ©licieusement datĂ©, convenant parfaitement aux sonoritĂ©s “sixties” des instruments vintages utilisĂ©s.

Car lĂ  est bien le charme d’Hooverphonic ! Un esprit presque familial tant ils font partie de notre vie et de sa bande-son, largement teintĂ© d’humour – merci Alex Callier pour ces interventions amusantes pleines d’autodĂ©rision sur la Flandre, la Belgique, le français, ou le charme surannĂ© des vieux vinyles… dont un exemplaire dĂ©dicacĂ© sera mĂŞme offert en fin de set !

Ajoutez la gestuelle très Ă©tudiĂ©e, plastique et sobre de NoĂ©mie Wolfs, sa voix magique, qui vous emporte, vous Ă©merveille, vous Ă©meut… Deux duos magnifiques, en chassĂ©-croisĂ© voix-piano (pour le sublime “Vinegar and salt” et “The Night Before”) porteront l’Ă©motion Ă  son comble. Et le public, rapidement rĂ©chauffĂ© et enthousiaste, ne s’y trompera pas, applaudissant Ă  tout rompre (attitude typiquement wallonne – nous laisserons Ă  Alex la responsabilitĂ© de cette observation…).

S’enchainent deux heures de hits, et rien que des hits ! Pas un seul morceau qui ne soit passĂ© et repassĂ© maintes fois en radio, porteur de cette “hooverphonic touch” propre au groupe de Sint Niklaas, rappelant par certains aspects le “Portishead” de la pĂ©riode “Glory Box” ou d’autres groupes Ă  l’ambiance “loundge”, calme et sereine…

Un son chaud, Ă©tudiĂ©, maĂ®trisĂ©, la voix parfaite d’une NoĂ©mie qui prend visiblement du plaisir sur scène, des choristes pĂ©tillants, remuants et assumant des arrangements de grande beauté… Moment hors du temps !

ChauffĂ© Ă  blanc, le public rĂ©clame et obtient trois rappels, ponctuĂ©s de morceaux laissĂ©s au choix, ou de la distribution d’un lot de cannettes “Hooverphonic” dans une ambiance bon enfant.

Hooverphonic, en toute grande forme, va prochainement Ă©cumer diffĂ©rentes salles dans le pays. Il reste quelques places et donc, si j’Ă©tais vous…

Écrit par Eric Beaujean