Charlie Winston 01
Sous un soleil radieux, et affichant logiquement “sold out, l’édition du Festival de Ronquières s’est déroulée ce samedi sans le moindre incident technique – mis à part la coupure d’électricité dont dEUS fit les frais en toute fin de soirée.

Mais commençons par le début: c’est à Gonzo, formation réunie autour de Saule, qu’échoit la difficile tâche d’ouvrir le bal, avec déjà un beau succès de foule.

Dario Mars & the Guillotines lance sur un public séduit son rock puissant et énergique, animé par une chanteuse black dont le look et certaines postures ne sont pas sans rappeler le funk psyché des seventies, façon Ike et Tina Turner. Leur plaisir est évident; le nôtre aussi, il faut avouer. Long solis déjantés, teintés d’énergie “binaire” et sons noyés de réverbe. Premier moment de réel plaisir.

L’Entourage prend le relais, premier groupe de “musique urbaine” à fouler les scènes du festival. Leur plaisir est évident et communicatif.

C’est ensuite au tour d’Alice on the Roof. Carton plein pour la jolie montoise. Cheveux roses, jupe argentée du plus bel effet, Alice répand son sourire sur la foule qui fait bloc dans l’espace de la seconde scène. Si le début du set est assez lent, dans un esprit lounge, c’est en seconde partie que l’on sentira Alice plus en confiance et plus détendue. La fin du show, beaucoup plus énergique, fait mouche auprès d’un public acquis par avance. Et nous avons droit au premier véritable rappel de la journée, avec une seconde version du hit “Easy come, easy go”, au piano. On ressent tout le potentiel de cette charmante jeune fille – et elle ira loin ! -, il lui reste sans doute à se départir d’une attitude un peu figée somme toute compréhensible. Alice fera plusieurs festivals cet été et il sera amusant de suivre son évolution scénique.

Dotan est annoncé sur la scène tribord du plan incliné. Avec des voix noyées de réverbe, des percussions omniprésentes, le festival se voit baigné d’un instant mélodique et calme, d’une belle intensité. Le sextet séduit, Dotan se permettant un bain de foule en fin de set, sur le très attendu “Home”, repris en choeur par l’assistance. Un très chouette moment !

La Smala enchaine sur la scène babord, dans un rap énergique et festif qui fait mouche.

Belle surprise du jour, Balthazar tient le public en haleine avec un set étudié et un rock assez moderne, “à la belge”. Les compositions sont complexes, le jeu de scène veille à la variété et au dynamisme. Au final notre impression s’avère bien meilleure que celle que nous avions eue précédemment à Werchter. Balthazar est sans doute plus à sa place sur des scènes moyennes, où une réelle progression s’est faite depuis 2 ans. En tous cas, il s’agit de mon premier coup de choeur du jour !

Avec BRNS, nous avons droit à une musique beaucoup plus expérimentale. Sons vintages, recherche sonore, batteur et percussionnistes irréprochables… Le produit sonore est psychédélique et planant, malgré des rythmes très travaillés et nerveux. Le batteur/chanteur, au visage très expressif, apporte par son chant la touche finale à ce groupe franchement “à part” et qui ne laisse pas indifférent.

Charlie Winston enflamme le bel espace scénique de la scène tribord avec un set impeccable. Véritable showman, vieux briscart de la scène, l’Anglais nous livre un show festif, réjouissant et professionnellement parfait. Nombreux sont les hit connus, et la présence de Saule auprès du chanteur pour “Dusty Men” renforce encore l’adhésion du public. Quel chemin parcouru depuis son passage à Esperanzah, il y a quelques années ! Energie maîtrisée, show déjanté mais réglé au millimètre, don total de soi, de plaisir et de bonheur. Excellent !

Et Brigitte, me direz-vous ? Et bien… une fois de plus, les deux françaises assurent avec un show sans faille, dans une ambiance paillettes mi-funk, mi-disco. Les voix sont magnifiquement en place, la chorégraphie est étudiée et ne souffre d’aucun défaut. A épingler: une superbe interprétation de “Ma Benz”, et un final (“Battez-vous”), où le plaisir des 2 filles est évident. C’était leur dernière date de l’été et un pareil spectacle, on en redemande ! Revenez-nous vite, les filles !

Apothéose du samedi, dEUS jaillit sur la grande scène pour clôturer cette belle journée. Rock noisy, puisant, à l’énergie redoutable, malgré quelques incidents techniques (soucis de micros liés à l’énergie débordante de Tom Barnam, coupure d’électricité en milieu de set, …). Le moment est nerveux, franchement rock, dans une énergie sans limite, qui en laisse parfois un certain public, habitué à des choses plus “convenues”, manifestement… dubitatif, pour le moins ! Il se fait tard, et il faut reconnaître que dEUS n’est pas présent sur certaines radios alimentant le gros du public festivalier du Ronquières. Tous les grands succès du groupe sont pourtant passés en revue. dEUS est et reste un géant, une des pierres angulaires du monde rock belge, et c’est avec un plaisir évident que l’on peut goûter à la qualité des compositions qui ont influencé tant de groupes actuels. On leur doit cette “belgitude” indéniable qui définit et rassemble tant de formations depuis 15 à 20 ans. Il y a véritablement une touche “à la belge”, liée à dEUS, et dont les émules actuelles s’appellent Girls in Hawaii, Intergalactic Lovers, MLCD ou … Balthazar !

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