Moments magiques à Ronquières !

 

Un festival est lieu lieu hors du commun, qui permet de découvrir et/ou de tordre le coup à certains préjugés. Il est bon, dans une ambiance coupée du monde, surtout si le beau temps est de la partie, de laisser trainer ses oreilles et ses yeux sur des scènes où se produisent des formations que nous n’aurions pas, de prime abord, suivies.

Me serai-je déplacé, à titre personnel, pour Talisco, Jacco Gardner ou même un Christophe Willems qui n’est pas particulièrement “ma tasse de thé” ? Ce n’est pas certain. Et pourtant, leur présence à Ronquières m’a permis de juger leur production et de leur rendre justice.

Ce dimanche, nous avons donc pu déguster la seconde partie de la programmation concoctée par les organisateurs, et faire de véritables découvertes.

Après le sympathique Grandgeorge, Rouge United s’acharne à réveiller un public déjà assommé par la chaleur intense qui étouffe la plaine de Ronquière. Avec leur rock FM mélodique et efficace, une voix à la Pat Benatar, la chanteuse, pied nus, bouge d’un bout à l’autre de la scène et parvient enfin à susciter un bel intérêt auprès des festivaliers.

Plus calme, sans nul doute, le sympathique Antoine Chance (tiens… il est barbu maintenant !) est le premier grand rendez-vous de ce dimanche. L’avant-scène se remplit enfin, les bras se lèvent et le public familial réagit enfin aux injonctions du chanteur.

Scène Babord, l’electro-folk de Talisco séduit son public et l’emmène à sa suite dans une ambiance “dance” où l’on reconnait quelques beau succès “radio”.

Mais la véritable découverte, l’excellente surprise du jour, c’est l’improbable quintet suisse Kadebostany. Mélange explosif et déjanté d’electro, de rap, de rock saturé et de fanfare balkanique, il s’agit là d’une surprise totale. Costumes militaires à la West Point pour les musiciens, une sautillante chanteuse démoniaque aux poses suggestives, un dj charismatique qui assure la section rythmique… Ca bouge dans tous les sens, avec un visuel très étudié, merveilleusement en place et des musiciens de très haut niveau. Cet aspect de folie évoque imédiatement la musique des films d’Emir Kusturica (Underground – Le Temps des Gitans). Mélodieux, rythmé, complètement barré… Pour leur final, leur hit radio est repris par la toute grande foule. Magnifique !

Great Mountain Fire enchaine et mainteient l’ambiance sur une plaine accablée par la chaleur, et où la moindre parcelle d’ombre devient un espace avidement convoité.

Le service d’ordre s’active sans cesse pour évacuer des festivaliers malades de chaleur, et les pompiers finiront même par arroser la foule qui se masse pour les Frero Delavega tant attendus et acclamés par des ados en délire.

Jacco Gardner enchaine avec une musique assez plânante, évoquant les sixties, avec une belle pop teintée d’électro.

Kyo, dont c’est la dernière date, est visiblement ému par l’accueil des quinze mille festivaliers (le festival affichait “sold out” pour les deux jours) qui reprennent en choeurs les paroles des morceaux des rockeurs français. Malgré quelques incidents techniques qui émaillent le set, la communion est totale et le contrat agréablement rempli. Ronquières est mis à feu par un public en transe.

Si l’âge de ce public change quelque peu pour le sympathique Christophe Willems, force est de reconnaître le professionnalisme hors pair du français, qui nous livre un show parfait, avec ses qualités vocales impressionnantes et une énergie redoutable.

La touche finale reviendra à Shaka Ponk, dans une attitude punk-rock-electro brisant toute les convenances. C’est puissant, visuel en diable et speedé ! Il est difficile de s’y retrouver dans ce brouhaha visuel et sonore, mais le groupe fait mouche avec une ambiance et une énergie hors du commun. La plaine de Ronquières en tremble encore !

Ainsi se clôture une très belle édition d’une festival éminement sympathique, offrant une affiche de qualité et un accueil et une organisation irréprochables, sous le signe d’un soleil radieux. En 4 ans, Ronquières est devenu un Grand, ayant parfaitement sa place au milieu de l’été. Rendez-vous est donc pris pour l’an prochain, en espérant que l’équipe (Les Ardentes) nous confectionnera à nouveau une affiche de rêve, avec de nombreuses et bonnes surprises.

Écrit par Eric Beaujean