Quand le Dandy se veut Bandit, Bertier succombe au chant des sirènes

Le festival Francofaune est un OVNI à bien des égards. Programmation exclusivement en français, découvertes de pépites, concerts parsemés dans différents lieux.
Et cette année regorge de bijoux dont l’intriguant et énigmatique groupe Bertier.

Ouvrant la scène de l’Atelier 210 pour les Dalton Telegramme venus présenter leur dernier opus, Bertier se produisait pour la première fois dans la foulée de la sortie de leur premier disque « Dandy » dont nous avions déjà pensé le plus grand bien.

Collectif plus que groupe, Bertier a cette faculté incroyable d’emmener le spectateur dans son univers aux influences à la fois claires et impalpables.

Enveloppés de lumières en clair-obscur, Bertier puise dans les racines de la chanson française pour raconter l’histoire onirique de ce dandy flottant en apesanteur dans une atmosphère où underground et sirènes se côtoient sans complexe.

C’est un véritable voyage initiatique que le public a pu vivre lors de cette première scène. Avec une classe inouïe reflétant une certaine forme d’épicurisme et une facilité qui laisse supposer de longues heures de répétition, le collectif enchaîne les morceaux avec une finesse et une élégance rarement vue.

Entre Christophe et Gainsbourg, l’ambiance se veut sensuelle et bousculante.

Sans tomber dans l’hermétisme d’une musique pourtant sans concession, Bertier se balade au rythme des instruments en s’appuyant sur la voix profonde de son chanteur et la surprise de celle de sa chanteuse.

Les instruments voyagent de musicien en musicien, tous plus impressionnants les uns que les autres. Il serait indécent de ne pas épingler la présence de l’incontournable Yan Péchin, dieu vivant de la guitare ayant accompagné les plus grands de Bashung à Thieffaine. Mais au-delà de cette personnalité, c’est une osmose sans faille que le groupe dégage. Une cohérence rare.

Plus d’une demi-heure de ravissement avec ce nouveau venu sur la scène belge qui risque fort de faire parler de lui. A suivre sans hésitation.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter