Les enfantillages d’Aldebert sous le sapin de Noël (interview)

Après Enfantillages et Enfantillages 2, Aldebert nous offre une relecture moderne et légère du mythe de Noël dans son nouvel opus. Rencontre avec l’artiste qui nous explique pourquoi “Enfantillage de Noël” est un album qui s’adresse vraiment à toute la famille…


Aldebert fait désormais partie de la famille. Ses Enfantillages, il les a déjà joués devant plus de 200 000 personnes au cours de plus de 300 représentations. La recette du succès ? L’artiste français a réussi le pari audacieux de parler à la fois de leurs parents aux enfants, et de leurs enfants aux parents. Ainsi, il rassemble la famille autour de chansons dans lesquelles tout le monde se retrouve, du plus frêle des marmots au plus courbé des ancêtres, s’adressant aux enfants sans les infantiliser et réveillant l’âme de bambin enfouie dans le coeur des mamans et des papas.

Aujourd’hui, Aldebert nous ressert une couche de ses douces et entrainantes gamineries en s’attaquant au mythe de Noël, dont il bouscule les codes tout au long d’un album hors-série : Enfantillages de Noël. L’opus contient douze nouvelles compositions, ainsi qu’une relecture de “Et si c’était les marmots”, et fait la part belle aux collaborations. Sont notamment de la partie Pauline Croze, Michaël Gregorio, Florent Marchet, Oldelaf ou encore le Père Noël (alias Jean-Pierre Marielle…).

SB : Quand on écoute l’album, on a plutôt l’impression d’avoir affaire à un album de chansons SUR Noël qu’à un album de chansons DE Noël. C’était voulu ?

Aldebert : Tout à fait ! Je ne voulais surtout pas faire un album de chansons de Noël ! Du coup, Noël est plus traité comme une thématique. Je voulais écrire sur Noël avec des visions différentes de cette période – parce que je vois vraiment ça comme une période plutôt que comme le jour J du 25 – avec une humeur différente à chaque chanson. Alors c’est sûr que cela reste un hommage que je rends à la fête de Noël, car c’est un moment merveilleux, mais il y a aussi des choses plus tendues… J’avais envie de pouvoir exprimer toutes ces facettes avec le sourire.

À première vue, il s’agit d’un album pour enfants mais à l’écoute, on se rend compte qu’il recèle une foule de clins d’oeil pour les parents. Pour qui écris-tu ?

Je fais des chansons pour les familles, c’est-à-dire pour le public qui vient à mes concerts. Et donc il y a bien sûr aussi une écriture pour les parents. Je n’ai pas envie d’être un chanteur qui chante pour les enfants de façon exclusive. Il y a des chansons plus enfantines que d’autres et des chansons plus adultes. Des chansons comme Le Nécessaire, dans laquelle le narrateur écrit une lettre au Père Noël, sans qu’on sache très bien s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte… J’aime bien cette ambiguïté.

Effectivement, le ton est très variable sur ton album, ce qui accentue cette ambiguïté. On y trouve des comptines, des chansons plus légères, des délires très colorés mais aussi des textes presque citoyens…

Tout à fait ! Je ne pourrais pas rester sur une seule émotion, je ne pourrais pas faire un album avec que des chansons d’amours sur la rupture par exemple… Noël, c’est un patchwork de plein de sentiments, de plein d’impressions différentes, de plein de ressentis. Ca dépend de l’humeur en fait. Quand je fais le morceaux Santa Claus attitude, par exemple, je suis dans une humeur sket, un peu rock, on va délirer de façon légère, très légère. Par contre, dans Le Monsieur Qui dort Dehors, c’est pas du tout ça : ça parle du contraste social qui est très fort à Noël et dont j’avais aussi envie de parler. Mais je voulais trouver un angle un peu singulier pour que ça ne soit pas trop cliché, trop ‘lieu commun’ et compagnie, comme on en a l’habitude quand on parle de la misère… Mais c’est vraiment propre à l’univers d’enfantillage, d’avoir un melting-pot d’émotion, comme ça.

On connaissait le Aldebert pour adulte avant de connaître le Aldebert des “Enfantillages”. En terme de processus créatif, est-ce différent d’écrire pour des enfants ou pour des adultes? Y a-t-il deux Aldebert différents ?

Non, je pense que c’est pareil ! Même si je viens d’un répertoire plus adulte, il y a vraiment des passerelles entre les deux. Je n’ai pas l’impression que ce soit restrictif… Au contraire, dans Enfantillages, je me sens plus libre dans l’expression parce que l’enfance, c’est quelque chose de très vaste. Il y a tout l’imaginaire qui accompagne les enfants et musicalement on peut aller dans plein de directions. C’est quelque chose que je fais allègrement d’ailleurs, parce qu’on peut faire une chanson très intimiste, comme Maman Noël par exemple – avec un petit accordéon et tout ça – puis des trucs plus rock, du hip-hop, de l’électro, de la musique du Monde… C’est un espace de liberté très très vaste !

Ton album est truffé d’anecdotes cocasses sur les petits désagréments qui accompagnent bien souvent les fêtes de fin d’année, de la neige qui ne veut pas tomber à la dinde brûlée dans le four. Quand on t’écoute, on se dit que tu as vraiment connu un paquet de réveillons foireux… C’est du vécu ?

Bien sûr, mais c’est ça aussi Noël : il y a le côté « c’est super, on va faire la fête », puis en même temps c’est imposé… Du coup, il y a une pression qui naît de tout ça et qu’on digère plus ou moins bien, ça dépend des gens. J’ai un pote qui supporte pas Noël, qui déteste ça, et qui en est vraiment phobique, carrément ! Pour moi, Noël représente plutôt quelque chose de vraiment très beau et de très familial. La sacralisation de Noël, je la vois à travers la famille qu’on a construit, qu’elle soit petite ou grande, et qu’on va retrouver. On n’a pas tous cette chance-là, malheureusement… Mais moi, c’est vraiment ça qui me plait ! Après, ça peut être pénible aussi, parce que les réunions de famille, on ne les vit pas toujours bien et des fois c’est super lourd… Puis il y a aussi les cadeaux pourris, le côté obscur et tout ça… Mais c’est une façon tendre de parler de Noël quand même, même si j’envoie des vannes ! Le petit garçon qui commente toutes les phrases du morceau Petit Papa Noël (chamboulé !), il râle, mais en même temps, il est quand même content de fêter Noël…

La suite de tes aventures ?

Ho, je n’ai pas de plan de carrière pré-écrit… Cet album-ci, par exemple, n’était pas prémédité. J’ai commencé à écrire des chansons sur Noël au début de l’année, et à ce moment-là, on ne pensait encore qu’en sortir deux ou trois sur l’iTune Store. Puis les chansons sont arrivées les unes après les autres et donc voilà, on a finalement décidé d’en faire un album ! Mais c’est vraiment un album hors-série. Enfantillage 3 est d’ailleurs en écriture en parallèle, et il ne ressemblera pas aux autres, du moins je l’espère, car il faut toujours ce remettre en question. Entre-temps, il y aura des choses. Il y a un projet d’Enfantillages symphonique pour l’année prochaine, avec un grand orchestre, où on va se prendre le délire de partir à 35 musiciens sur la route… Pour encore faire autre chose, tout simplement !

Mais c’est une aventure géniale que celle d’Enfantillages, qui était une parenthèse au départ et qui aujourd’hui fait partie de ma vie artistique ! C’est un terrain que j’ai investi et dans lequel je me suis épanoui. Je pense m’être vraiment trouvé artistiquement dans cet univers-là qui s’est monté un peu par hasard… Et c’est un bonheur !

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TRACKLISTING

Petit papa Noël (chamboulé !)
Le nécessaire
On en a marre de Noël (avec Oldelaf et Jean-Pierre Marielle)
Maman Noël
Santa Claus attitude
Une mandarine et deux papillotes (avec Jean-Pierre Marielle)
Medley de Noël
L’infinie nuit (avec Michaël Gregorio)
Le bonhomme de neige (avec Florent Marchet)
Le monsieur qui dort dehors (avec Pauline Croze)
La machine à remonter le temps
Si c’était les marmots (nouvelle version)

Enfantillages de Noël disponible :
En téléchargement
En Streaming
En CD ou CD-Livre (FNAC et Amazon).

Le single ‘Santa Claus Attitude’ est disponible en téléchargement et en streaming

www.aldebert.com

Écrit par Jonathan Piroux

Jonathan Piroux

Reporter