Cyril Mokaiesh: “J’ai besoin de regarder derri√®re pour pouvoir affronter demain”

Il y a les tourn√©es des Grands Ducs, et celles qui s’arr√™tent √† l’Archiduc, merveilleux petit club de jazz intimiste pour rythmer la vie bruxelloise.¬†L’Archiduc, quand on a la malchance d’arriver en retard (je le confesse, c’√©tait mon cas), on y entre par l’entr√©e des artistes, on pousse la porte entre deux chansons et on est √©bloui par l’ambiance qui y r√®gne. Le temps de se demander comment le piano vibrant est entr√© dans le bar, et on appr√©cie, on vit la musique.

Et quand on conna√ģt un peu Cyril Mokaiesh, on se dit que ce lieu, de son nom √† son intimit√© √† tout pour convenir √† celui qui incarne peut-√™tre le plus la rel√®ve d’une chanson √† textes et √† interpr√©tation. Le temps d’un showcase en compagnie du pianiste Giovanni Mirabassi, Cyril Mokaiesh n’√©tait pourtant pas l√† pour chanter son r√©pertoire d√©j√† bien touffu mais pour nous emmener au creux des vagues de son projet Naufrag√©s, ces artistes fran√ßais qui avaient tout pour r√©ussir mais pour qui la m√®che n’a pas prise, les for√ßant √† l’ombre et √† ses affres. Les Leprest, L√©otard, Dimey ou encore Darc.

Cyril Mokaiesh, on commence √† le conna√ģtre. Incisif, tonitruant, totalement vivant, habit√© et d’une sinc√©rit√© absolue. Mokaiesh, il s’arrache comme il arrache les mots de la langue fran√ßaise pour lib√©rer toute leur richesse et leur rendre toute leur noblesse. √Ä corps et √Ęmes perdues, parfois, pour que perdure l’exploit des mots et des musiques qui r√©veillent les esprits. Interview avec un h√©ritier et une belle personnalit√© qui gagne plus que jamais √† √™tre connu.

Bonjour Cyril, vous venez de sortir de sc√®ne, j’imagine que le cadre de l’Archiduc vous a plu?

C’est assez particulier, c’est charg√© de bonnes vibrations

Vous avez commenc√© avec une chanson qui est embl√©matique de votre travail, √Čcoutez, vous ne m’√©coutez pas de Jacques Debronckart. C’est important √† une √©poque o√Ļ on entend plus qu’on n’√©coute la musique, les chansons. Ici, chaque mot est habit√©, non?

J’ai une passion pour les mots, ils m’accompagnent depuis mon adolescence et l√† je n’ai fait qu’√™tre le t√©moin de ceux qui m’ont inspir√©, c’est important parfois de rendre hommage √† ses pairs, de se dire qu’on ne vient pas de nulle part. Personnellement, c’√©tait m√™me important de me ressourcer, de me recentrer sur des artistes qui sont dans le sens, le vrai, le senti, le souffle. Et oui, peut-√™tre √† cette √©poque-ci, on en a besoin de ces v√©ritables sentiments qui nous secouent un peu. Parce que ce sont des personnalit√©s qui secouent. Aujourd’hui, on¬†a besoin de gens qui prennent la parole de cette mani√®re.

Et vous nous les faites redécouvrir. Forcément, il y a des noms connus, Leprest, Darc ou encore Léotard. Mais un Jacques Debronckart, par contre, ou un Jehan, moi, je ne les connaissais pas.

Et moi non plus! C’est en¬†recherchant et en partant d’Allain Leprest, que Giovanni Mirabassi m’a aiguill√©. Il a accompagn√© certains de ces chanteurs mais en tout cas, il les a tous c√ītoy√©s sur la rive gauche parisienne, dans les cabarets de cette √©poque. C’√©tait une r√©v√©lation pour moi. De savoir par exemple que Debronckart avait √©crit √Čcoutez¬†ou Nous qui est aussi dans le disque, et puis plein d’autres. On a h√©sit√© longuement avant de faire les choix des chansons. Mais un Jacques Debronckart, qui √©tait belge en l‚Äôoccurrence, est un artiste m√©connu √† tort. C’est puissant.

Mais comme tous les autres rassembl√©s sur ce disque qui √† juste titre s’appelle Naufrag√©s. Ils auraient pu se hisser en haut, √† l’instar des Brel, des Ferr√©, mais la m√®che n’a pas pris. Vous vous avez fait naufrage parfois?

Oui, comme tout le monde, j’ai ma capacit√© au naufrage.

Il y a aussi un Pierre Vassiliu, tout le monde conna√ģt son Qui c’est celui-l√†¬†mais on est bien loin de s’imaginer qu’il a √©crit Parler aux anges, que vous reprenez ici, et qui est quand m√™me d’une autre aura.

C’est quelqu’un qui a √©t√© connu pour son oeuvre tr√®s populaire mais qui, en m√™me temps, avait une face cach√©e beaucoup plus profonde, tendre et po√©tique. Quand Giovanni m’a fait √©couter cette chanson, c’√©tait une surprise. En voyant le nom de Pierre Vassiliu, ¬†je me suis dit “mais qu’est-ce que c’est que ce truc-l√†!“. Et on se rend compte que des pr√©jug√©s se sont install√©s sur les carri√®res des gens et qu’ils emp√™chent de conna√ģtre et √©clipsent une partie de leur oeuvre.

Il y a¬†aussi Mano Solo qui ne pouvait pas ne pas √™tre pr√©sent sur cet album. On se souvient que sa disparition a profond√©ment √©branl√© les m√©dias alors qu’on en parlait pas beaucoup. C’est sans doute de plus en plus le cas – on le remarque avec Bowie et Delpech m√™me s’ils √©taient loin d’√™tre des oubli√©s – n’avez-vous pas l’impression qu’on ne conna√ģt pas assez beaucoup d’artistes de leur vivant?

Oui, c’est vrai, on passe son temps √† dire qu’on a aim√© tel artiste alors que la plupart des gens¬†connaissent tr√®s peu leur oeuvre. √áa participe au fait qu’on vit dans une dr√īle d’√©poque. Mais le fait qu’il y ait une post√©rit√© et le fait que les gens s’int√©ressent √† un artiste apr√®s sa mort plut√īt que pendant sa vie, je ne pourrais pas expliquer pourquoi. C’est un lieu commun, en fait.

Et¬†Giovanni Mirabassi, comment l’avez-vous rencontr√©?

J’ai eu un coup de cŇďur pour un disque qui s’appelle Avanti!, il y a quelques ann√©es. C’est un album de reprises¬†de chants r√©volutionnaires au piano solo. Tellement sublime que je l’√©coutais en boucle. Et j’ai eu envie de rencontrer son auteur. Cela faisait √©cho √† ma sensibilit√©, √† la p√©riode dans laquelle j’√©tais avec mon album Du rouge et des passions. Il y avait des points communs et je trouvais judicieux de le rencontrer, sans arri√®re-pens√©e, sans imaginer qu’on jouerait un soir √† l’Archiduc. La vie a fait les choses et les rencontres am√®nent √† cr√©er un projet commun.

Cyril Mokaiesh - Giovanni Mirabassi - portrait

Et √† partir de quel moment, vous √™tes-vous dit que vous alliez en faire un disque? Ce n’est pas un secret, nous vivons dans une industrie musicale o√Ļ des albums de reprises sortent √† tour de bras, et on a parfois l’impression du va-vite, qu’il n’y a pas vraiment d’intention de la part des artistes qui rendent hommage. Avec Naufrag√©s, le processus me semble tout autre. Il fallait se sentir pr√™t, non? Pr√™t √† souffler dans les mots, √† leur donner vie, les crier, les habiter.

Oui, un album de reprises, c’est s√Ľr que c’est casse-gueule de nos jours. Ici, il fallait que le cahier des charges soit tenu du d√©but √† la fin. Il n’√©tait pas question de reprendre des chansons qui n’avaient pas besoin de nous pour exister. Et du coup, il fallait prendre le risque et avoir le coup de folie de reprendre des artistes et des chansons plut√īt m√©connus mais¬†que ces chansons puissent √™tre belles.

C’est un disque de reprises sans en avoir les d√©fauts. Dans l’intention, par moment, je croyais en sortant de concert que ces chansons m’appartenaient un peu. L’espace d’une seconde m√™me pas, c’est compl√®tement faux. Ce n’est pas comparable avec des reprises de tubes intemporels qu’on ne peut de toute fa√ßon pas s’approprier. Avec Naufrag√©s, la d√©marche √©tait aussi compliqu√©e que d’√©crire un disque et de l’enregistrer. Je n’√©tais pas perdu dans le processus.

Figure sur Naufrag√©s: la chanson d’Allain Leprest, Nu. Elle donne √©galement le ton √† l’album qui, lui aussi, est nu, sans fioriture, juste un piano-voix.

C’√©tait l’occasion de r√©aliser un r√™ve, un disque entier avec ma voix et le piano qui est quand m√™me l’instrument par excellence de la chanson. Puis, j’avais la chance de pouvoir le faire avec un pianiste qui peut remplacer un orchestre √† lui tout seul. J’avais une Rolls Royce dans les mains, ne restait plus qu’√† avoir le permis et ne pas faire trop le con. Nu, c’est s√Ľr qu’elle repr√©sente bien notre intention, intimiste tout en √©tant frontale.

Finalement, votre culture de la chanson fran√ßaise, vous l’avez construite comment?

Petit √† petit, mais j’ai tout de suite su que j’y √©tais sensible. √áa a commenc√© par Ferr√©. Quand on d√©bute par Ferr√©, on en a pour dix ans. Ce fut le cas. √áa fait √† peine quelques temps que je ne l’√©coute presque plus. Mais je pourrais tr√®s bien y revenir. Puis, il y a eu le rock tel que Noir D√©sir en faisait et finalement, j’ai les m√™mes influences que Noir D√©sir en termes de chansons. Puis Brel, et j’ai essay√© d’√©largir, je ne voulais pas tourner en rond toute ma vie en continuant d’idol√Ętrer mes pairs pendant des ann√©es. Il faut se faire √† l’√©poque, mettre les choses √† la page et s’y glisser soi-m√™me.

Mais je ne cacherai jamais qu’essayer d’√™tre dans son √©poque, c’est d√©j√† ne plus y √™tre ou ne pas arriver √† y √™tre. Et finalement, je crois que c’est en se retournant sur son pass√© qu’on a le plus de chances d’√™tre visionnaire sur ce qui arrivera plus tard. Moi, je suis quelqu’un qui regarde un peu derri√®re et √† qui on dit souvent: “Regarde devant, c’est bien ce qui se fait“. Je r√©ponds qu’on me laisse tranquille, j’ai besoin de regarder derri√®re pour pouvoir affronter demain.

“Mon √©poque”, vous l’avez chant√©e,¬†hurl√©e m√™me. Quel regard portez-vous sur notre √©poque?

C’est difficile de ne pas parler de l’√©tat du monde. Et les choses que je pr√©pare n’y sont pas √©trang√®res, elles sont √©troitement li√©es au constat qu’on peut en¬†tirer, aux attentes qu’on peut avoir, aux craintes qu’on a. C’est une √©poque que je pourrais qualifier de 1000 adjectifs compl√®tement inutiles, mais ¬†en tout cas, il y a des choses √† en dire et ce serait tr√®s dommage de ne pas les dire.

On ne va pas seulement souffrir de la difficult√© de vivre en 2016. Autant essayer d’en faire quelque chose. C’est une p√©riode difficile, rude pour bien des gens. Si on peut essayer… Non, on se doit m√™me d’√™tre engag√©. Aujourd’hui, on a tendance √† montrer du doigt les artistes engag√©s, moi j’aurais tendance √† dire qu’il faut montrer du doigt les artistes qui ne le sont pas! C’est ma vision des choses et elle ne regarde que moi.

Les risques du m√©tier“, ce sont les derniers mots, issus de Chanson pour terminer de Bernard Dimey, de cet album. C’est s√Ľr qu’il y en a, peut-√™tre encore plus √† l’heure actuelle o√Ļ c’est un pari de vouloir encore sortir un album et faire de la musique.

C’est m√™me plus qu’un pari. J’ai vu derni√®rement un film, Fitzcarraldo (de Werner Herzog), et son sous-titre √©tait “La conqu√™te de l’inutile”. √áa correspond pas mal √† la volont√© de sortir un disque, aujourd’hui, comme un homme de la Mancha, le romantique par excellence. Croire que les gens vont encore acheter des disques, √ßa reste une utopie presque d√©su√®te.

Et, √† la fois, on ne peut pas faire autrement ou en tout cas, moi, je n’ai pas l’√©nergie de passer un temps fou √† essayer de produire ma musique autrement. Ce n’est pas mon m√©tier, j’√©cris des chansons, moi. J’ai la chance d’√™tre entour√© de personnes qui continuent √† croire en moi, qui m’accompagnent et ont envie que les choses √©volues. Je me laisse porter. Et puis, un jour, on regardera tout √ßa. Comme dit Dimey dans une autre chanson: “En r√©capitulant¬†tous les pots qu’on a bus, on se r√©citera un peu Apollinaire, un peu pour se faire mal, un peu pour se distraire.

Allain Leprest est fort pr√©sent. Avec C’est peut-√™tre qui nous parle de ces enfants qui pourraient √™tre l’√©gal des grands artistes mais √† qui on ne donnera pas le choix de suivre leurs r√™ves. On pourrait aussi parler d’un petit gar√ßon, champion junior de tennis avant d’embrasser une carri√®re d’auteur-compositeur-interpr√®te.

Oui,¬†√† la diff√©rence que je l’ai d√©cid√©. J’ai d√©cid√© de prendre la voie qui semblait me correspondre le mieux. La vie, c’est ce qu’on n’a pas pr√©vu. Et moi, c’est vrai que je ne pr√©vois pas grand chose.

Vous tapez encore la balle?

Non, rarement. Rarement.

On vous sent voyageur, quand m√™me. Rien que sur le dernier album, L’amour qui s’invente, il y avait Buenos Aires et Le c√®dre du Liban qui vous rattachait √† vos origines.

J’essaie de voyager de temps en temps. Mais voyager pour moi, ce n’est pas seulement pour le voyage en lui-m√™me mais pour le temps du voyage. Quand je parle de voyage, je parle de partir seul. Voyager pour prendre¬†les rep√®res qu’on a dans sa ville et les mettre ailleurs et juste changer le d√©cor, √ßa ne m’int√©resse pas. Un voyage, c’est un d√©r√®glement des sens et des rep√®res. Et √ßa, on ne peut pas le faire tous les jours, ni tous les mois. Mais il y a des moments o√Ļ j’ai l’appel du voyage, l’envie de tout l√Ęcher, de tout quitter pour aller chercher quelque chose qui me d√©passe et me surprenne. J’en ai besoin pour mon √©quilibre.

Quant aux origines libanaises, c’est difficile d’en parler dans la mesure o√Ļ c’est difficile de savoir ce que nous apportent nos racines. Elles sont l√† mais on ne peut pas trop l’expliquer. La chance que j’ai, et pour moi ce n’est pas de l’ordre du voyage, c’est de pouvoir m’√©vader et aller rejoindre mes grands-parents au Liban et vivre un autre mode de vie. Il n’y a plus la surprise du voyage, je connais √ßa par cŇďur. Mais, je trouve que c’est une richesse d’avoir plusieurs origines, qu’elles soient libanaises ou congolaises.

C’est une force de ne pas appartenir enti√®rement √† une tribu mais d’appartenir un petit peu √† plusieurs. Je suis tr√®s √† l’aise avec √ßa et j’ai beaucoup de mal √† √™tre supporter d’une tribu, d’un parti politique, d’une √©quipe de foot. Je ne me suis jamais senti supporter de quoi que ce soit mais j’aime bien √™tre nomade √† travers plusieurs cultures. J’aime bien la diff√©rence des gens et m’en inspirer.

Vous le chantiez d’ailleurs dans votre chanson Communiste. Et finalement, elle est encore bien dans l’√®re du temps, peut-√™tre n’a-t-on jamais autant class√©, rang√© des hommes, des femmes, dans tes cat√©gories.

Marguerite Duras disait dans les ann√©es 90 √† propos des ann√©es 2000: “Il n’y aura plus de questions, il n’y aura que des r√©ponses.” C’est un peu √ßa.

La chanson de rappel que vous avez choisi d’interpr√©ter, c’est le Ostende d’Anne Sylvestre. Et, finalement, c’est vrai qu’il n’y a pas de femmes sur Naufrag√©s.

Il fallait faire des choix et finalement je n’ai pas trouv√© tant de Naufrag√©es que √ßa. Peut-√™tre Colette Renard. Mais une Anne Vanderlove ou une Anne Sylvestre, c’√©tait difficile de les int√©grer dans la mesure o√Ļ elles sont toujours bien vivantes. Puis je n’avais pas envie de les mettre parmi ces voyous. Et je n’√©tais pas s√Ľr de mon coup. Je n’avais pas envie de lui faire cet affront et de lui dire qu’elle √©tait naufrag√©e.

De la musique actuelle, qu’√©coutez-vous?

J’√©coute pas mal de sc√®ne anglaise. Puis, il y a un groupe de chez vous qui me pla√ģt beaucoup, c’est Balthazar. J’adore, vraiment, et je l’√©coutais encore dans le train tout √† l’heure. Sinon j’ai mes classiques, j’ai toujours √©t√© fan de Radiohead. Et la chance, c’est que Radiohead a commenc√© en faisant de la musique pour les jeunes et en fait maintenant pour les adultes. Donc, je me plais √† les suivre dans un voyage interminable, ce qu’ils font est toujours bon √† prendre.

Sinon, j’√©coute de la chanson fran√ßaise, bien s√Ľr. Des choses anciennes, des choses r√©centes, un peu en vrac. Et Giovanni m’a fait d√©couvrir un peu le jazz. Je ne suis pas un grand connaisseur de classique mais la p√©riode romantique est faite pour moi, c’est s√Ľr. Une journ√©e sans musique, c’est chiant, mais de l√† √† vous dire tout ce que j’√©coute.

On a l’impression que les groupes, les chanteurs francophones √©mergents ont plus facile √† aller voir du c√īt√© de l’anglais.

C’est leur choix. Mais ce qu’il faudrait, c’est qu’on laisse aussi la place √† ce qui fait notre diff√©rence en France. Les Anglo-Saxons, on peut tenter toute notre vie de sonner comme eux, on n’y arrivera jamais. Mais ce serait dommage de gommer ce qui a fait notre identit√©. Laissons un peu de place aux gens qui √©crivent en fran√ßais mais ne les emp√™chons pas d’√©crire en anglais.

Bruxellons un peu, je me suis laissé dire que vous veniez souvent ici, non?

C’est une ville que j’aime beaucoup. Quand j’enregistre, √† 99% du temps, je le fais ici. Puis, je finis par m’y sentir √† l’aise, j’y ai tourn√© un clip, je commence √† avoir mes petites habitudes. Puis, avec les Belges, on est plus que des voisins, on a une culture avec plein de d√©nominateurs communs.

Justement, vous avez annonc√© l’enregistrement de nouvelles chansons, quelle en sera la teneur? On peut s’attendre √† un album assez vite?

Les choses n’ont jamais pris une √©ternit√© avec moi, mais on verra. Il y a du travail, et on commence un gros chantier. Je parlerai de l’√©tat du monde.

Un grand merci, Cyril!

Il est temps de prendre cong√©, poign√©e de main chaleureuse, un dernier souffle repris pour emporter de la merveilleuse convivialit√© de l’Archiduc. On franchit la porte, et revoil√† le froid et cette impression de ne plus √™tre qu’un Poor lonesome pi√©ton (comme L√©otard repris quelques dizaines de minutes plus t√īt). Enfin lonesome, dans la vie multiculturelle bruxelloise? Pas vraiment, voil√† que quelques pas plus loin, un Arno (en direction de l’Archiduc?) passe. Je le regarde, surpris, comme un extraterrestre, lui me rend la pareille en tirant la langue. Et alors qu’on parlait d’Ostende avec Cyril Mokaiesh, je me dis qu’√† Bruxelles, entre les fragiles naufrages,¬†les radeaux de l’espoir,¬†les paquebots insubmersibles et les figures de proue, tout est li√©.

Vous pourrez retrouver Cyril Mokaiesh, Giovanni Mirabassi et leurs Naufragés:

  • le 26 f√©vrier √† l’Asphod√®le au Poin√ßonnet (France)
  • le 28 avril¬†au Train Th√©√Ętre √†¬†Porte l√®s Valence
  • le 29 avril au S√©maphore √† Cebazat

L’album Naufrag√©s est disponible chez tous les bons disquaires.

Site de Cyril Mokaiesh: www.mokaiesh.com

Page Facebook: Cyril Mokaiesh

√Čcrit par Alexis Seny

Alexis Seny