Nuits 2016: une ambiance de stade pour Feu! Chatterton

De concert en concert, c’est peu dire que Feu! Chatterton revient diff√©rent √† chaque fois, toujours plus fort et confiant. L’histoire d’amour avait commenc√© il y a tout juste un an lors des m√™mes Nuits Botanique, et jeudi soir, elle a atteint un premier paroxysme.¬†Le groupe est pass√© avec brio de la Rotonde au Cirque Royal avec brio et un public toujours plus grand.

Il est encore t√īt et le public est timide dans le Cirque Royal am√©nag√© en configuration debout. Les premi√®res notes r√©sonnent et r√©veillent un tant soit peu le public pour appr√©cier Radio Elvis, successeur de Feu! Chatterton dans la cat√©gorie r√©v√©lation de la sc√®ne rock. Pour la premi√®re¬†fois sur le sol belge, le trio a prouv√© qu’il n’a pas peur des territoires inconnus. Qu’il chante d’ailleurs sur ¬†ses musiques fortes et balanc√©es. Le groupe √©mergent a de l’√©nergie √† revendre. “Vous √™tes sage, Bruxelles”. Oui, c’est vrai mais de moins en moins, la salle chauffe et si l’assistance est sage, c’est pour que le contraste op√®re entre ces rockeurs d√©men√©s pour faire vivre textes et vibrations musicales. Petit fr√®re dans les traces des Feu!, Radio Elvis a la voix de Dominique A et l’ambition des grands. Ils ont bien raison. Nous, on change de place, √©nerv√© par la voisine qui a jou√© l’enti√®ret√© du concert en… bruits de bouche (et qui, on l’apprendra plus tard, a pouss√© le vice jusqu’√† s’allumer un “oinj”). Piti√©.

IMG_6167IMG_6179IMG_6208IMG_6265Apr√®s ces balbutiements r√©jouissants, c’est un habitu√© et un homme d’exp√©rience qui √©grainent les morceaux sous influence de son premier album solo. Car Nicolas Michaux, c’est avant tout l’ancien leader d’√Čt√© 67 qui a d√©cid√© de vivre, toujours en fran√ßais (mais sans oublier l’Anglais pr√©sent dans quelques blues bien sentis, un nouveau voyage. Uni √† la vie √† la mort √† quelque chose que la pop fran√ßaise a perdu au fil du temps, Nicolas Michaux s’installe comme un h√©ritier. De Souchon, notamment (comme sur Croire en ma chance, dernier single que Michaux n’a √©tonnamment pas jou√©). Et sur sc√®ne, le Li√©geois se fait barge, d√©cal√©, √† se demander s’il ne se paye pas un peu la t√™te du public. Reste des m√©lodies efficaces et des textes vachement bien √©crits. Juste encore un petit quelque chose qui nous emp√™che d’y adh√©rer totalement. Affaire √† suivre.

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Mais la foule a encore faim. D√©sormais, ce monstre humain a grossi et le Cirque Royal est bien rempli. C’est dire si, en sept mois (depuis le concert √† l’Orangerie), Feu! Chatterton et ses chansons ont fait leur chemin et se sont install√©s durablement dans les oreilles de fans toujours plus nombreux, et aux √Ęges tr√®s divers. De la gamine de 15 ans aux t√©m√©raires du rock, quinquas et plus. En attendant, le r√©sultat est l√† et une ambiance de stade assi√®ge la sc√®ne. Je n’ai pas souvenir d’avoir v√©cu pareil d√©but de concert d’un groupe encore jeune. Tant mieux, car Feu! Chatterton allie popularit√© et une qualit√© de chanson qu’on pensait d√©finitivement paum√© dans les limbes.

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Dandy magnifique, esth√®te des mots percutants et jamais galvaud√©s, Arthur s’avance sur la sc√®ne, d√©j√† habit√©, subjuguant ce public qui, d√©sormais, quasiment toutes les chansons par coeur. L’odyss√©e commence, de la mort dans une pin√®de enflamm√©e de d√©sir, au gu√© de la trag√©die du C√īte Concorde. Sans oublier les voyages propos√©s par “√Ä l’aube”. √Ä l’image de ce titre qui a √©volu√© et a gagn√© un peu plus dans sa mani√®re de frapper les esprits, Feu! Chatterton a gagn√© en candeur. M√™me si dans la setlist, rien n’a chang√© par rapport aux pr√©c√©dents concerts, Feu! Chatterton ne se r√©p√®te pas. Loin de l√†. Remixant m√™me son hit, La Malinche, et transformant le Cirque Royal en club branch√©. Et la puissance d’interpr√©tation y gagne √† chaque fois. On pense √† B√©caud, et ce m√™me si Arthur a ce charisme unique, d√©j√† g√©ant dans ses premiers pas sous les lumi√®res publiques (car on se doute qu’il y a derri√®re cette mani√®re de transpirer ses chansons un travail d√©ment). Feu! ravive la flamme et termine sur “Je t’ai toujours aim√©”, r√©arrang√© mais emprunt√© aux Polyphonic Size. Une d√©claration qu’on retourne au quintet, ce n’est que le d√©but d’une belle et forte histoire.

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Et si vous ne les connaissez pas, un très chouette documentaire:

√Čcrit par Alexis Seny

Alexis Seny