Walter Hus et Guo Gan ont percé le secret des dieux

Dernière excursion musicale aux nuits Botanique, cette fois encore sous l’impulsion de ma soeur (lire ici). Car oui, sans doute n’aurais-je pas eu la présence d’esprit de m’infiltrer dans la petite chapelle miraculeuse qu’est le Grand Salon du Botanique pour assister au spectacle donné par Walter Hus (à l’orgue et aux manipulations automates) et Guo Gan (à l’erhu). Envoûtant au possible.

Dieu, que cette salle est incroyable. Pour la premières fois, lové dans le grand salon du Botanique, j’ai l’impression d’être ailleurs (et sûrement pas dans une salle de concert), dans une cathédrale de l’impossible où s’égraineraient des notes inhumaines et fantastiques. Et, dans son vol suspendu pour l’éternité, un ptérodactyle indique la voie, celle de la route de la soie que deux prodiges musicaux reconstituent pour le plaisir de nos oreilles. À part dans la programmation des Nuits Botanique, Walter Hus, pionnier organique, et Guo Gan, maître de l’erhu (sorte de viole chinoise à deux cordes) se sont réunis dans une collaboration unique et épatante entraînant le spectateur dans cette Silk Road Sonata.

Walter Hus s’installe au piano tout en prenant soin de contrôler batterie, accordéons et autres claviers qui vont jouer… tout seul. Commandés par la pensée? Non mais par un ingénieux et assez magique système déjà vu à l’oeuvre dernièrement lors de la tournée de Stephan Eicher. Mais que peuvent bien faire un orgue et une erhu, ensemble? Ils ont tout à faire et à créer. Ou à recréer. Car ce n’est ni plus ni moins à un voyage que nous convient les deux musiciens, de l’Himalaya à Bamako, sur la route de la Soie mais aussi d’un certain Tom Simpson. Les rencontres sont improbables et les sonorités curieuses se font hymnes. Il a fallu trois rappels aux deux maîtres enjoués pour venir à bout des applaudissements du public. Mérités. Des bonheurs comme celui-là, ça n’a pas de prix!

Écrit par Alexis Seny

Alexis Seny