Ronquières 2016 – “lazy sunday” en bord de canal…

La seconde  journée du Ronquières 2016 a révélé une affiche plus propice à la détente dominicale, nos jambes ayant été mises à rude épreuve le jour précédent, plus électro.

Après l’ouverture par les Fugitives, Beautiful Badness nous emporte dans une ambiance calme et douce. Ce groupe bruxellois joue sur les harmonies, avec des compositions complexes d’où émerge une voix maîtrisée et puissamment lyrique. Le public est surpris puis conquis par ce quintet qui fait forte impression, accompagnant l’apparition du soleil sur la plaine.

Shake Shake Go, ensuite, prend place sur la grande scène. La guitare acoustique adoucit les morceaux folk-rock, calmes et entrainants. Nous sommes dimanche, sous le soleil, dans l’après-midi, et c’est une joie de rester assis dans l’herbe à écouter ces Anglais.

Matt Simons

Matt Simons

Matt Simons enchaîne ensuite. Pop léchée, US, lisse et typée “FM”. La maîtrise est parfaite, avec de bons musiciens, une mise en place au millimètre. Le public est conquis !

Après Nâaman et son reggae dynamique, voici Giedré, ovni total, dans un “seule en scène” délirant et très “3e degré”. Humour total devant un public fidèle reprenant les succès de la chanteuse la plus givrée du festival.

GiedRé

GiedRé

C’est dire si le contraste avec Thomas Dutronc est surprenant. Dans une mise en scène parfaitement étudiée, les musiciens exceptionnels de l’équipe Dutronc s’emparent de la plaine de Ronquières et la plongent dans une ambiance “manouche” de haut niveau. Dernier set d’une

Thomas Dutronc

Thomas Dutronc

longue tournée, on sent l’équipe détendue, décidée à se faire plaisir une dernière fois, et les notes s’enchainent comme par magie dans ce trop court moment de bonheur total. Peu importe si Dutronc ne chante que quelques uns de ces succès. Il chante, il joue (et comme il joue bien !) de la guitare, il observe avec sourire et tendresse ses musiciens et ses choristes/danseuses (oufti !), il se fait plaisir… Et c’est communicatif ! On sent l’amitié, la cohésion, la maîtrise dans cette explosion de guitares. Et que dire de ce dernier morceau, cri d’amour surréaliste pour les frites… Les initiés me comprendront !

Restent les Innocents, à l’adresse d’un public ayant connu les années 80 et qui reprend à tue-tête les sucès du duo français.

Et puis surgit Zazie, en pleine forme, survoltée entre ses deux guitaristes (et j’insiste sur le E, puisqu’il s’agit de 2 filles, dont la mythique Edith Fambuena (Les Valentin, Daho, etc…)).  Très bon show, ponctué d’anciens succès et de nouveautés. Le son est rock, rauque, très “guitares”, sur un fond électro qui est caractéristique de la chanteuse, déchainée. C’est en place, efficace, nerveux. Et le plaisir d’être là est évident. Il se sentira au final dans l’improvisation de l’artiste sur la Belgique et son climat humide, sur fond de “Larsen” repris à l’ukulélé et la mandoline joués par l’ensemble des musiciens, réunis en avant scène, les pieds ballant dans le fronstage. Merci Madame Isabelle…

Zazie

Zazie

Ainsi s’achève une belle édition de ce jeune festival (5 ans) dont le succès ne se dément pas, et qui a déjà acquis maturité et notorité. “Sold out” les 2 jours, c’est vraiment un gage de pérénité. Vivement l’an prochain, même heure, même endroit !

Écrit par Eric Beaujean