Après 4 années d’absence en salle, Local Natives était ce samedi au Cirque Royal pour fêter la sortie de son troisième album, Sunlit Youth. L’occasion pour le groupe californien de revenir sur l’ensemble de sa discographie, en finesse, mélodies pop indie et rythmiques tropicales. Une bien belle prestation offerte au public bruxellois !

Local Natives

C’est un Cirque Royal étonnamment en disposition assise qui nous accueille en ce samedi soir. Étonnant, en effet, vu la teneur groovy et dansante que peut adopter la musique de nos hôtes du jour… Sans surprise, le public bruxellois sera d’ailleurs debout dès l’entrée sur scène des musiciens. À l’entame de Past Lives, Taylor Rice nous prend directement aux tripes de sa voix limpide. Le contact avec le public est immédiat et le chanteur n’hésite pas à s’offrir un bain de foule dès le troisième morceau. Caractéristique de la musique de Local Natives, la qualité des arrangements vocaux est fascinante : les voix se mêlent joliment, chœurs éthérés ou mélodies accrocheuses chantées à deux, trois voire quatre voix (Fountain of Youth). Kelcey Ayer fait également des merveilles, notamment dans les hautes fréquences (You and I). Propre à cette vague pop indie, le travail sur les percussions est toujours aussi intéressant. Si l’on pouvait craindre des beats électro trop envahissants à l’écoute du nouvel album du groupe, le passage au live nous contredira de bien belle manière : la frappe de Matt Frazier est efficace, en finesse ou en force selon les morceaux, et le groupe fait finalement peu usage de beats supplémentaires.

Multi-instrumentistes, les quatre autres s’échangent régulièrement claviers, guitares, basse et micro. Si les influences sont majoritairement indie, il y a de la soul dans la pop de Local Natives, notamment dans la manière de poser la voix avec beaucoup de feeling (Dark Days). Avec des morceaux parfois plus lancinants et tribaux (Jellyfish), c’est lorsqu’ils jouent en dynamique que les californiens sont à leur meilleur : de belles accalmies sont suivies de montées instrumentales souvent cathartiques. Le moment de grâce sera atteint aux deux tiers du show lorsque les deux frontmen entament, à deux voix, guitare et piano, le morceau Colombia. Les voix sont posées avec grâce, le temps s’arrête… Le reste du groupe rejoindra le duo pour un superbe climax qui fait définitivement décoller le public.

Visuellement, le groupe a opté pour un minimalisme qui colle bien à sa musique. Une grande surface blanche en fond de scène sert de réflecteur aux lumières colorées et crée des effets tamisés et de contre-jour du plus bel effet. Heureux d’être là, les musiciens n’hésitent pas à s’adresser au public de manière sympathique et sans fioritures. La foule le leur rend bien et ils sont visiblement émus par l’excellent accueil reçu. De manière générale, c’est un message d’espoir et un point de vue positif pour l’avenir que Local Natives tente de faire passer, malgré “les moments difficiles” comme les élections américaines du 8 novembre dernier sur lesquelles le chanteur revient brièvement. Rice prendra aussi un instant pour rappeler l’engagement du groupe pour l’égalité et contre la discrimination déterminée par le genre (1 € par ticket est d’ailleurs reversé à une association via Plus 1).

Le show se terminera sur Sun Hands, morceau tiré du premier opus du groupe sorti en 2009. Illustration de ce que le groupe fait de plus dansant, la basse y est sautillante, les voix s’y entremêlent et le climax final, presque noisy, montre que le batteur est capable de massacrer ses fûts et met fin idéalement à ce show. Dehors, la pluie automnale nous rappelle que l’on quitte la Californie, mais c’est le sourire aux lèvres que l’on retrouve les rues de Bruxelles, en espérant revoir Local Natives avant 2020 !

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