Matmatah, le retour de l’orage breton

Matmatah est de retour. Neuf années d’absence, neuf années de manque pour les fans du groupe emblématique.

« Plates coutures », un nom qui claque pour un album qui se profile comme un cri. Il y a de l’urgence dans ce disque, l’urgence de dénoncer, l’urgence de partager la peur, l’urgence de rallumer des lumières dans un monde qui broie du noir.

Comme un élastique trop tendu qui claque sur la peau, les titres claquent sur les tympans, résonnant jusqu’au cortex.

C’est vif, électrique, parfois flirtant avec du rock garage mais toujours avec une énergie qui souffle comme le vent les jours de grandes marées. La musique est sans concession, moins celtique certes mais révoltée.

Les textes relèvent souvent de la dĂ©claration d’intention, du manifeste. Des pierres taillĂ©es au burin, sans polissage. C’est ciselĂ©, affutĂ©, coupant parfois. La voix de Tristan Nihouan est brute, avec une sincĂ©ritĂ© qui n’est pas sans rappeler un Cantat ou un Roussel des dĂ©buts et pourtant il y a un dĂ©tachement Ă©vident dans ce disque, une distance marquĂ©e avec l’univers rock français qui se veut « engagĂ©, hors système ». D’une actualitĂ© folle et d’une modernitĂ© rafraichissante. « MarĂ©e haute » a un Ă©cho tout Ă  fait particulier Ă  quelques jours des Ă©lections françaises.

C’est un beau disque qui ravira les fans et qui déstabilisera les autres.

 

 

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter