Nuits Bota : folk alternatif et sensualité punk

Difficile de faire un choix lorsque l’on se rend aux Nuits Botanique… La qualit√© de l’affiche atteignant encore des sommets cette ann√©e, il est clair qu’il allait falloir renoncer √† certaines prestations attendues… Ce mardi, nous avons choisi de nous en tenir √† l’Orangerie, compte rendu avant d’y retourner…

Malheureusement arriv√©s trop tard pour la prestation de Clare Louise, nous ne pourrons rien dire de son r√©cent virage francophone… √Ä revoir entre autres au BSF le 15 ao√Ľt prochain !

Avouons-le, Chantal Acda nous √©tait inconnue quelques jours √† peine avant sa prestation aux Nuits. Son r√©cent second album Bounce Back nous a fait forte impression d√®s la premi√®re √©coute, c’est donc avec curiosit√© que nous nous installons dans l’Orangerie. Forte d’une belle reconnaissance en Flandre, la chanteuse hollandaise tente une premi√®re incursion en Francophonie, et il faut dire que la dame en sort avec les honneurs ! Entour√©e d’un groupe solide, Chantal Acda cis√®le un folk qui se fait parfois post-rock lors d’envol√©es bruitistes du plus bel effet. Gr√Ęce au trompettiste et √† un guitariste au pedalboard bien rempli, ces passages instrumentaux donnent une personnalit√© particuli√®re √† la musique du groupe, noyant le folk dans une atmosph√®re plus √©lectrique. Le plaisir que prennent les musiciens est communicatif et la leader d√©gage une bienveillance et une m√©lancolie qui font du bien. Malgr√© un l√©ger stress en d√©but de concert (« Bien respirer », glisse le bassiste entre deux morceaux), c’est une excellente d√©couverte et un groupe √† suivre assur√©ment !

Si l’on en croit une interview donn√©e r√©cemment √† Noisey, les apparitions publiques de Shannon Wright risquent de se faire rares tr√®s prochainement… Raison de plus de ne pas rater cette date (une troisi√®me fois pour votre serviteur…) ! Depuis 20 ans, la musicienne am√©ricaine s’est faite ma√ģtresse d’un rock alternatif noise, r√Ępeux, √©corch√©. Ultra r√©serv√©e, la dame n’aime manifestement pas les applaudissements (nourris) et les preuves d’amour de ses fans et se cache derri√®re une √©paisse masse de cheveux. Ambiance… et le concert peine √† d√©marrer, la faute selon nous √† un clavier qui semble brider une √©nergie difficilement contenue… Mais lorsque Shannon empoigne sa Jazzmaster pour Violent Colors, difficile de s’en remettre ! Sensuelle et punk √† la fois, la musicienne occupe la sc√®ne avec un charisme magn√©tique. Batteur et clavi√©riste/bruitiste accompagnent avec talent la ma√ģtresse des lieux. Car si la complicit√© est √©vidente dans le trio, c’est bien Mrs Wright qui commande : les deux musiciens suivent de pr√®s les rythmiques de Shannon. Un concert que l’on aurait voulu plus constant en √©nergie, mais d’o√Ļ l’on ressort avec l’impression d’avoir vu une artiste r√©ellement habit√©e par son art, sinc√®re et d’une sensibilit√© rare.

√Čcrit par Martin Rossignol