Propulse 2018 au Bota-Bota : les groupes qu’il ne fallait pas manquer

Le festival Propulse se d√©roulait cette semaine dans les couloirs du Botanique. L’√©v√©nement s’affirme √† nouveau comme l’un des rendez-vous √† ne pas manquer pour faire l’√©tat des lieux des groupes montants en Belgique francophone, tous styles confondus. Bilan des artistes qui nous ont tap√© dans l’oreille lors des trois soir√©es ouvertes au public.

Boda Boda

Boda Boda

Chaque rencontre avec les gars de Boda Boda se solde par une s√©v√®re claque dans la tronche, et le groupe semble avoir encore progress√© avec l’arriv√©e d’un cinqui√®me membre. Entre riffs stoner r√©p√©titifs et bizarreries psych√©, le groupe cr√©e son propre son. La mise en place rythmique est parfaite gr√Ęce √† un v√©ritable animal aux f√Ľts et une forte pr√©sence des synth√©s dans les basses fr√©quences. Un groupe √† d√©couvrir absolument en live tant son identit√© est particuli√®re.

Crois√©s au m√™me endroit en 2016, les musiciens de TOTM semblent √©galement avoir affirm√© leur style. √Ä la limite entre pop et post-rock radioheadesque, le groupe n’h√©site pas √† int√©grer de longs passages instrumentaux, presque prog. Les harmonies vocales sont excellentes et les arrangements cisel√©s. Les musiciens ne s’√©conomisent pas et sont manifestement contents d’√™tre l√† : plaisir partag√© !

Dans une Rotonde attentive, Leonore nous a offert un beau moment de sensibilit√©. La voix de Chlo√ę Nols est superbe, toute en fragilit√©. Les musiciens sont brillants de maitrise, m√™me si l’on aimerait parfois que la section rythmique s’efface l√©g√®rement pour servir les arrangements a√©riens du guitariste. Une belle d√©couverte pop dont on entendra encore parler, certains morceaux sonnant comme des tubes en puissance.

Dans un registre plus rock, Annabel Lee nous met la banane en 3 accords de guitare et deux ou trois refrains punk bien sentis. Imparable pour les amateurs de garage pop, le groupe men√© par Audrey Marot ajoute aux ingr√©dients ci-dessus une touche d’ironie, un sourire insolent et quelques blagues pourries – touch√© ! En fin de set, le groupe scande “I wanna have sex with you” : difficile de refuser l’invitation quand elle est formul√©e avec autant de classe.

Enfin, Shungu, beatmaker hip-hop accompagn√© d’un batteur et d’un guitariste, a fait groover la Rotonde avec des beats √©clectiques, entre passages jazzy et electro exp√©rimentale. D√©finition de la nonchalance, le mec envoie pourtant du lourd derri√®re ses machines. Quelques cocottes funky, des basses lourdes et un groove particulier : le public est s√©duit et oscille en rythme.

√Čcrit par Martin Rossignol