INTERVIEW – Magic System : « On est fortement restĂ©s attachĂ©s Ă  nos sources »

 MĂŞme après 20 ans de carrière, Magic System est toujours portĂ© par un dynamisme et une prĂ©sence incroyable, qui leur permet de dĂ©passer les frontières et de rassembler les cultures et les gĂ©nĂ©rations ! Après leur show dans une ambiance Ă  l’africaine Ă  l’Inc’rock Festival, on a eu l’immense plaisir de leur poser quelques questions sur leur parcours, leur force, et sur leurs diffĂ©rents publics.

Solenn pour Scenes Belges: Vous avez aujourd’hui 20 ans de carrière, de tubes, de réussite et j’imagine, de difficultés… Qu’est-ce qui selon vous a fait votre force pendant tout ce temps ?

A Salfo, du groupe Magic System : La première force du groupe je crois, c’est son union. Il y’a un adage africain qui dit que « l’union fait la force ». On est restés soudés, et on a su qu’au fil du temps, il y’a un mécanisme qui nous permet de positiver, de faire des bonnes chansons et de nous bonifier au fil des ans. Grâce à la joie de vivre que nous mettons dans nos chansons, les gens aiment nous écouter, et avec nous, les soucis on les oublie vite

Il y’a presque un an vous avez sorti un nouvel album intitulé « Ya Foye », quelle est la signification qui se cache derrière cette expression? 

C’est un clin d’œil à Abidjan, la ville qui nous a vu naître, c’est un clin d’œil aussi à tout ce que l’Afrique a apporté à la langue française. A travers cet album on voulait montrer l’originalité de Magic System, retourner à la source, car « Ya Foye » signifie « il n’y a rien ». On voulait montrer aux gens qui on est vraiment. On nous associe à tout ce qui est mariages, baptêmes, anniversaires, alors on a eu envie de montrer qu’il y’avait des vraies valeurs aussi, surtout quand on est partis de rien.

D’où vient toute votre inspiration ? Comment en vingt ans on a encore des idées nouvelles, des motivations ?

On est fortement restés attachés à nos sources. Vous savez, quand on vient d’Afrique il y’a pas mal de choses à dire. Le fait de ne pas nous déconnecter de nos origines et de nos traditions nous a beaucoup aidés. Cela nous a permis d’écrire nos textes avec beaucoup de positif et de sincérité.

Vous avez fait des tournées partout dans le monde, c’est quoi la chose la plus dingue que vous ayez vécu sur scène ?

Il y’en a eu tellement ! Mais vraiment, la chose la plus dingue que nous ayons vĂ©cu, c’était lors d’une date au ZĂ©nith de Nantes : A fin de notre concert, plein d’enfants nous ont rejoint sur scène. C’était un moment très beau et très fort pour nous.

Etes-vous perçus différemment par le public africain et européen ?

Oui. Ce sont deux oreilles différentes qui nous écoutent. En Europe, les gens nous écoutent pour danser. En Afrique ils écoutent le message. Ils écoutent ce que nous disons parce que notre groupe s’adresse beaucoup aux jeunes africains. Alors qu’ici ce n’est pas la même chose : L’Europe veut danser sur du Magic System. Quand on joue ici, les gens dansent, et chantent. En Afrique aussi ils dansent, mais surtout, ils viennent pour écouter nos messages. Ce ne fut pas évident d’allier les deux publics sur un même album, mais on l’a fait. Ce n’est pas une auto-félicitation, mais effectivement, on en est fiers.

Et sinon, en géneral que trouve t-on dans vos playlists préférées ?

Un peu de tout. Moi le dernier album que j’ai écouté c’est celui de Soprano. En plus d’être l’un de nos meilleurs amis, c’est quelqu’un qu’on apprécie beaucoup car on a la même vision des choses, nos messages se rejoignent. Je ne suis pas très rap, mais je dois dire que Soprano m’a fait découvrir une autre facette du rap chanté. Sinon j’écoute aussi des groupes ivoiriens, comme les Zouglous Makers ou les Leaders.

Et enfin dernière question, comment dĂ©finiriez vous l’Inc’rock Festival ? 

L’Inc’rock a une diversité musicale incroyable. C’est ça un festival ! Parce qu’aujourd’hui on parle de mondialisation, mais ce n’est pas seulement politique et économique, c’est aussi artistique ! Musicalement c’est bien que l’on se retrouve tous ; quand je vois que je suis sur la même affiche que Kaaris qui fait du rap ou Arno qui n’est pas de notre génération je trouve ça génial. J’aime ce genre de festival, qui en plus d’être une plateforme musicale, nous permet de partager, d’échanger et de rassembler plusieurs générations !
Alors pour moi l’Inc’rock c’est un festival d’intégration.

Écrit par Solenn Gousset