Le soleil s’est couchĂ© sur les Francofolies 2018

Le temps des Francos s’Ă©coule trop vite…
On les attend pendant des mois, on sent l’impatience grandir au fil des semaines puis de jours et puis le jour J arrive et sans que l’on ne s’en rende vraiment compte le festival nous glisse entre les doigts.

C’est avec cette impression que nous entamions dernier jour du festival. Un peu fatiguĂ©s mais dĂ©jĂ  ravis des concerts entendus. Mais la grand-messe musicale n’Ă©tait pas encore dite.

Le soleil continuait son incessant travail de chauffe ce dimanche et ce dès le dĂ©but de la journĂ©e. Sur la scène Rapsat, on retrouve un habituĂ© Chance. Était-ce la chaleur assommante ou le set doit-il encore ĂŞtre rodĂ© en live, toujours est-il que nous n’avons pas retrouvĂ© Antoine lĂ  oĂą nous l’avions laissĂ©. Nous attendions beaucoup de celui qui nous avait enchantĂ© sur son album et sa tournĂ©e prĂ©cĂ©dente. Nous croisons les doigts pour qu’il retrouve la pĂŞche et le cĂ´tĂ© frais que nous adorons chez lui.  Mat Bastard lui succède Ă  Chance et lĂ  spa sort de sa torpeur dominicale. Plus Ă©nergique, plus rock qu’en version studio, sa vague punk-rock dĂ©ferle sur Spa. Et le public surfe sur cette lame !

Un peu plus tard, sur Sabam for Culture, Isolde attire peu Ă  peu le public pour terminer devant une plaine bien remplie. Le public ne s’est pas trompĂ©. Selon certains, il s’agissait lĂ  du plus beau moment de ce dernier jour… Il faut dire que la jeune femme n’en est pas Ă  son coup d’essai. Elle a roulĂ© sa bosse avec Daan pendant de nombreuses annĂ©es et l’expĂ©rience se ressent.

La fin de l’après-midi s’est dĂ©roulĂ©e plus en demi-teinte : Caballero & JeanJass se produisant devant une assistance clairsemĂ©e (et ne semblant pas le vivre très bien, apostrophant quasiment d’entrĂ©e le public, qui, selon eux, ne pouvait que faire semblant de ne pas les connaĂ®tre, rĂ©fĂ©rence Ă  un de leurs titres). Les festivaliers ont plutĂ´t fait le choix de fuir ce tumulte pour aller prendre la tempĂ©rature du cĂ´tĂ© de la prestation de Blanche. Sur la scène Sabam, l’artiste de 19 ans montre l’Ă©tendue de ses possibilitĂ©s vocales. C’est assurĂ©ment un jeune talent prometteur… mais ce n’est certainement pas assez. Son malaise Ă©tait tellement perceptible qu’il dĂ©teignait sur le public. On avait un peu « mal » pour elle.

Il lui reste maintenant Ă  prendre de l’assurance (sortir de cette « voix blanche », de cette timiditĂ© quand elle parle au public), Ă  oser un look plus dynamique, aussi, et elle ne pourra que s’envoler vers un franc succès. Mais on imagine aussi qu’elle a dĂ» ĂŞtre surprise du nombre impressionnant de spectateurs venus l’applaudir : très difficile de se frayer un chemin vers la plaine Ă  ce moment-lĂ …

DĂ©but de soirĂ©e, avec Coeur de Pirate pour ouvrir devant un dĂ©cor d’or et de lumière, le soleil aidant. La QuĂ©bĂ©coise assure son set comme Ă  l’accoutumĂ©e, mais a semble-t-il toujours autant de difficultĂ©s Ă  entrer en lien avec son public. Les Pink Floyd chantaient Us and Them avec l’intention de s’isoler du public sur ce morceau, on se demande si elle sortira un jour un Eux et moi… en misant tout sur l’air particulièrement distant (oserait-on dire hautain) qu’elle arbore. Toute de rouge vĂŞtue, se voulant sexy mais rĂ©pĂ©tant les mĂŞmes gestes de morceau en morceau, CĹ“ur de pirate semble ne pas encore avoir intĂ©grĂ© l’idĂ©e que son public cherche le contact avec elle et que le culte de la personnalitĂ© ne permet pas toujours de tenir sur la longueur.

Pour suivre, les festivaliers Ă©taient exposĂ©s Ă  un fameux dilemme : soit un retour vers le dĂ©but des 80’s avec un groupe-phare des origines de la New-Wave – Human League –  (un Ă©lectron libre dans ce festival dĂ©diĂ© Ă  la francophonie), soit la pop electro Ă  la sauce afro beat de Fugu Mango… Les premiers ont fait danser un fameux parterre de nostalgiques (mais pas que !) sur la Proximus, les seconds ont vraiment assurĂ© sur la Scène Sabam, les festivaliers allant jusqu’Ă  incorporer encore plus de luminositĂ© Ă  leur prestation sans faille en agitant la lumière de leurs smartphones aux rythmes ciselĂ©s du groupe bruxellois la nuit une fois tombĂ©e. Il faut reconnaĂ®tre que Fugu Mango est actuellement une des meilleures formations belges.

L’honneur de clĂ´turer nos francos revenait Ă  Vianney, d’abord en seul en scène, puis rejoint par un batteur et un bassiste. Énergique et volubile, le chouchou de ces dames a communiĂ© avec ses fans et a fait vibrer le public spadois une dernière fois. Il pourrait peut-ĂŞtre inspirer cĹ“ur de pirate.

Nous laissons donc spa derrière nous.

Ce fut une belle édition, avec pas mal de nouveautés qui pouvaient déstabiliser les habitués mais aussi une réelle volonté de renforcer encore la convivialité.

Chapeau aux organisateurs, quelques aménagements et ce sera parfait.

Rideau.

Christelle Cotton & Xavier Piron

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter