INTERVIEW – Lonepsi « Aujourd’hui, je prends du plaisir à me produire sur scène »

Suite au succès de son album « Sans dire adieu », Lonepsi s’est embarqué dans une tournée française, et bonne nouvelle, il sera exceptionnellement présent au Botanique à Bruxelles ce 18 octobre. Le rappeur viendra défendre des textes conscients et teintés de références littéraires, où le slam se mêle divinement bien à la poésie. Vous découvrirez bien vite que Lonepsi est finalement un artiste qui dérive à travers des horizons différents, pour finalement mettre le cap sur une prose enchanteresse. Le temps d’un instant.

On a eu l’occasion d’échanger quelques mots avec Lonepsi afin d’en apprendre un peu plus sur son aventure musico-littéraire.

Solenn pour scenesbelges : Peux-tu présenter ton projet en quelques phrases ?

Lonepsi : J’essaie de mettre une certaine forme d’énergie dans mes textes. Je n’ai pas de style particulier car je fais un mélange de plusieurs styles, comme des pianos/voix acoustiques ou des choses plus modernes.

SB : La plupart de tes textes abordent des thématiques très recherchées et philosophiques, as-tu une méthode particulière d’écriture ? Des rituels ?

L : Alors, non je n’ai pas vraiment de rituels à proprement parler. Généralement, j’écris avant de composer la musique. Une fois que j’ai le texte et que je sais que je vais pouvoir en faire quelque chose, je me mets composer une instru’ qui sonne bien par rapport à mon message. Parfois le texte me vient très naturellement, parfois une semaine passe sans que je n’écrive rien, alors je m’oblige à me faire violence face à mon bureau pour que l’inspiration vienne.

SB : As tu une formation musicale de base ou es-tu autodidacte ?

L : Plutôt autodidacte. En fait j’ai commencé le piano dans une maison où l’on venait d’emménager. Il n’avait pas été débarrassé avec le reste de la maison, j’ai alors décidé de lui tenir compagnie en jouant quelques mélodies. Mes parents m’ont poussé à prendre des cours de piano, mais au bout de 6 mois j’ai arrêté ; il y’avait un côté trop sérieux qui ne collait pas vraiment avec ce que je voulais faire. Pour le chant j’ai appris tout seul au début, puis j’ai pris des cours mais je n’étais pas vraiment un élève assidu (rires).

SB : Si tu devais choisir un autre instrument à apprendre, lequel choisirait-tu ?

L : Je me suis jamais posée cette question ! Je pense que ce serait… de la trompette ! J’aurais pu dire le violon mais je sais que je manquerais surement de patience.

SB : Il y’a un mélange entre rap et poésie très flagrant dans tes morceaux, quelles sont tes sources d’inspirations?

L : Alors du côté littéraire mon inspiration vient principalement de Baudelaire, Aragon, Victor Hugo, Apollinaire… J’aime beaucoup aussi les romans et les aphorismes qu’il y’a dedans, par exemple Flaubert, ou encore Alexandro Baricco. Concernant la musique, je n’écoute pas un style particulier mais disons que j’aime la musique qui est bien faite. Du moment qu’on sent qu’il y’a du travail et de la passion derrière.

SB : Dans le premier titre de l’album « Sans dire adieu » tu présentes ton album avec la métaphore suivante « c’est le flacon que je vous propose » : qu’il y’a-t-il dans ce flacon ?

L : Dans ce flacon il y’a un message adressé à moi-même et que je propose d’adresser dans un second temps au public. Ce message était de crier haut et fort que les choses qui ne sont plus autour de moi – les amis, les amours, les souvenirs – ne sont pas vraiment parties. Elles sont encore bien ancrées en moi. C’est ça qui se cache à l’intérieur du flacon.

SB : Comment s’est passé la transition entre composer de la musique dans sa chambre et monter sur scène ?

L : Disons que ce fut une coupure assez nette. Passer de sa chambre à prendre un micro de scène et s’adresser parfois à plus de mille personnes a fait qu’il y’a eu « un avant et un après » considérable. Au départ, j’étais anxieux, angoissé. Lors d’un concert on est presque un acteur et on doit respecter le scénario qui a été écrit. Je n’avais pas l’impression que la musique était au premier plan. Aujourd’hui mon anxiété a disparu, je prends plaisir à me produire sur scène et à rencontrer les personnes qui viennent aux concerts.

SB : Plutôt grande scène ou salle intimiste ?

L : Les deux me plaisent. J’ai déjà joué dans un café devant 110 personnes à Bordeaux, c’était comme une discussion entre le public et moi. Et j’ai déjà fait des festivals de 5000 personnes où là je chantais plus « agressivement » mes morceaux pour pouvoir m’adresser à tout ce monde. En fait, j’ai besoin de cet équilibre entre ces deux formats de scène.

SB : Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui débute dans la musique ?

L : Je lui dirais d’être assez courageux pour partager une part de son intimité. De ne pas avoir peur du regard des autres. Mais en général le public est assez encourageant dans les débuts d’un artiste. Après il faut aussi énormément travailler pour être reconnu pour son talent. Le dernier conseil que je donnerais est de toujours garder un « plan B » à côté, au cas où. Car l’art est éphémère, les tendances changent vite, on ne sait jamais ce qu’il peut advenir.

SB : Envisage-tu dans un futur plus ou moins proche une carrière littéraire parallèlement à la musique ?

L : J’ai tendance à mettre toute mon énergie dans un seul projet, pour ne pas m’éparpiller. Si je me mettais à planifier un autre avenir que la musique je ne pourrais pas être efficace à 100%. Après si la vie me fait un jour emprunter un autre chemin pourquoi pas. Mais pour l’instant j’ai encore beaucoup à apprendre de la musique, alors je continuerais encore longtemps dans cette voie.

Si vous voulez prendre part au voyage « entre le rêve et la lucidité, l’esprit vague et libre », je vous invite grandement à découvrir Lonepsi en concert au Botanique ce 18 octobre.
Prenez vite vos places sur le site officiel du Botanique avant que le concert soit sold-out!

Écrit par Solenn Gousset