Karin Clercq a trouvé la clé de la Boßte de Pandore

Un dĂźner entre amis, les sujets fusent, s’entremĂȘlent et parfois s’entrechoquent. On est secouĂ© mais on reviendra Ă  la prochaine invitation. Sans doute parce qu’on sait que ces Ă©changent n’auront pas nourris que nos estomacs.

Avec La boüte de Pandore, dernier album de Karin Clercq , c’est un peu pareil.
On se laisse entraĂźner au fil des titres, passant d’un sujet, d’un engagement Ă  l’autre, on est parfois un peu perdu mais quand le dernier titre se termine, on a envie de rouvrir cette boĂźte et d’y piocher tantĂŽt de la tendresse, tantĂŽt du questionnement, tantĂŽt de la sensualitĂ©.

Il faut dire que l’artiste sait s’entourer et surtout qu’elle sait ce qu’elle veut. On ressent l’exigence. Et la bouteille aussi.

Karin Clercq semble enfin complĂšte avec ce quatriĂšme disque, nourrie des projets et collaborations passĂ©s qui l’on construite et solidifiĂ©e sans l’assĂ©cher.

Musicalement, le premier adjectif qui vient Ă  l’écoute est sans aucun doute mĂ©lodieux. Karin Clercq dĂ©montre, si cela Ă©tait encore nĂ©cessaire, qu’elle peut proposer une trĂšs large palette d’émotions. La voix est camĂ©lĂ©on mais toujours acidulĂ©e.
L’univers est calĂ©idoscopique Ă  l’image de ceux d’une Grande Sophie ou d’un Alex Beaupain, un peu le rock de la premiĂšre avec la torture des sentiments du second.

Cette boĂźte de Pandore est une boĂźte Ă  trĂ©sors, remplie de petits papiers griffonnĂ©s d’observations faites Ă  la terrasse d’un cafĂ©, de photomatons qui rappellent que le temps passe, de perles Ă©chappĂ©es d’un collier aprĂšs une dispute trop vive, de mĂšches de cheveux emballĂ©es dans un papier de soie quand l’autre vous faisait vous consumer de passion, de mouchoirs parfumĂ©s de la fragrance qui a accompagnĂ© l’adolescence, d’articles de journaux dĂ©chirĂ©s quand l’actualitĂ© devenait trop insupportable.
Un diaporama de moments de vie qui empilĂ©s, ont finalement donnĂ© par percolation, une femme libre, forte et sensible. Le regard de Karin Clercq sur le monde et sa place Ă  trouver en son sein est vif et tranchant. Cet album, sous des airs parfois enfantins, est un miroir dans lequel on aperçoit son propre reflet avec un arriĂšre-fond qu’on avait oubliĂ©. Il rouvre le regard et fait se poser des questions auxquelles l’artiste n’apporte aucune rĂ©ponse, juste sa perception. Et c’est dĂ©jĂ  beaucoup.

Karin Clercq sera en concert le 15 décembre 2018 au Jardin Passion (Namur) et le 18 janvier 2019 à La Ferme du Biéreau (Louvain-la-Neuve)

Site internet : https://www.karinclercq.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/karinclercq/

 

 

 

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter