Tommy Genesis : la sulfureuse poupée du rap

Initialement prévue dans la Rotonde du Botanique, la demande a poussé les organisateurs à lui concéder l’Orangerie, de laquelle elle n’a fait qu’une bouchée ! Tommy Genesis, ce phénomène qu’une foule de Millenials est venue admirer ce dimanche, a offert un concert contrasté !

© Lotte Torsin

 

Jeune rappeuse native de Vancouver, Tommy Genesis se hisse dès 2015 à une place très prometteuse dans le monde du rap : un flow singulier, des beats agressifs et des textes crus ! Trois ans après son premier projet « World vision », qu’elle signe avec le label Awful Records, elle est de retour avec un nouveau long format, tout simplement intitulé « Tommy Genesis ». À partir de là, le ton est donné. Tommy Genesis, c’est aussi une image : un charisme naturel et décomplexé, cohérent avec ce qu’elle balance sur Internet. Ses clips sulfureux font parler d’eux. Son dernier en date, « Tommy » (tiens …), offre une toile de fond efficace où tout (ou presque) est suggéré.

Curieuse, je me suis dit qu’un dimanche soir aux accents rap plutôt qu’un film sous la couette, ça pouvait être amusant ! À peine arrivée à l’entrée du Bota (là où il fait chaud, entre les papyrus et les poissons rouges), première confrontation avec le public venu voir la jolie Tommy : c’est une déferlante de jeunes, tout droit sortis de la fashion week. Parmi eux, quelques non-initiés, qui comme moi, se calent dans le fond de la salle, près des ingés sons et lumières. Sur scène, une DJette qui sautille comme Henri PFR (en plus jolie), et c’est TOUT. Pas de Tommy Genesis. Et ce durant 40 minutes. Le public est chaud, mais un peu consterné par cette attente sous fond de tubes d’été. On se croirait un samedi soir au YOU, ou au DJ set de Willy William à l’Inc’Rock.

Pile à ce moment de réflexion intense, elle débarque. Sereine, elle arrive sur scène avec sa petite moue mignonne, en laissant les excuses dans sa loge. Mais qu’importe, la salle la réclame si fort qu’elle se lance telle une furie dans son concert avec les morceaux « 100 Bad » et « Play with it ». Elle arpente la scène de tout son long tel un félin en cage, offrant au premier rang des poignées de main qui ont dû en faire vaciller plus d’un·e !  « L’attitude générale transpire une candeur à peine post-adolescente qui nous fouette l’âme comme un épisode d’Hartley Cœur à Vif ». Ces mots que j’empreinte aux Inrockuptibles décrivent tout à fait le phénomène que j’ai devant les yeux !

© Lotte Torsin

Construit en pyramide inversée, elle entre dans la phase plus douce de son concert avec les morceaux « Drive », « It’s ok » et « Naughty », enchaînant même quelques parties à capela. C’est personnellement à cet instant qu’elle m’a perdue. Et puis, d’un « Turn on the light » adressé à l’ingé lumières, elle surprend (ou réveille) toute la salle, avant de balancer sa bombe : « Tommy ». Elle réussit à créer l’hystérie collective avec son tube ! Elle ne tient pas en place et grimpe sur les enceintes.

Si les fans ne sont pas déçus, je quitte néanmoins le concert avec un sentiment : il est possible de résister à Tommy Genesis !

Écrit par Thaïs Baugniet