Francofolies de Spa 19 : dernier jour en demi-teinte

Pour ce quatrième et dernier jour du festival qui aura accueilli près de 150.000 personnes, Spa faisait la part belle aux femmes.

Nous retiendrons la performance de Rive, toujours aussi enthousiasmants avec leur univers aérien et punchy.

Clara Luciani et Jeanne Added n’ont pas déçu. Les deux figures de proue de cette nouvelle chanson francophone engagée qui dénonce et fait bouger les mentalités.

On n’en attendait pas moins d’Angèle qui se produisait en fin de journée sur la scène Pierre Rapsat. L’album Brol est un phénomène depuis plusieurs mois et la jeune femme fait mouche auprès de la nouvelle génération. Son univers nous avait séduit, les clips et les visuels nous avaient charmés. Les messages forts et modernes nous donnaient envie de porter Angèle aux nues. Trop peut-être.

Retour sur un moment difficile à imaginer, surtout quand on aime une artiste comme on aime Angèle depuis plusieurs mois. Tout y était sur papier : le soleil, les nombreux festivaliers impatients, de très nombreux fans, un album solide à défendre, une production importante. Et puis patatra…. Angèle est venue, Angèle a chanté et dansé mais Angèle n’a pas convaincu. Le concert démarre avec enthousiasme pourtant. Dans une tenue de créateur orange, lèvres rouges, cheveux lâchés mais très coiffés, musiciens au top, Angèle bouge, danse, chante et le public semble séduit. Accompagnée de danseuses dans un décor bien pensé et original, les tubes s’enchaînent. Et le vide nous envahit. Il manque quelque chose. Bien sûr, chanter et danser simultanément n’est pas chose aisée, bien sûr le choix est posé de proposer un show bien en place. Mais… où étaient la spontanéité et la fraicheur attendues ? Où étaient le partage et l’émotion ? Où étaient la complicité avec le public et l’envie ? Pas à Spa ce dimanche… On peut imaginer 1000 raisons qui peuvent expliquer ce qu’il s’est passé sur la scène Pierre Rapsat : trop d’attente de la part du public, une forme de fatigue après des mois d’intense activité, trop de pression qui conduit à trop de contrôle,… Peut-être. Il n’empêche que le public est resté sur sa faim. Le concert était annoncé pour une durée d’une heure quart, il aura fait une heure pile, dommage quand on est attendue à ce point. On pourrait presque parler d’une marque d’irrespect.

Là où beaucoup s’attendaient à recevoir un magnifique cadeau, ils n’auront reçu qu’un kit standard sous cellophane. Grosse déception.

C’est sur cette note un peu aigre-douce que nous avons repris la route. Cette 26eme édition des Francofolies était une réussite dans l’ensemble. L’organisation, la nouvelle configuration du site, l’ambiance étaient impeccables. La programmation a comblé les festivaliers. Il y a eu beaucoup de top, quelques flops mais c’est la règle d’un festival qui se veut panaché.

Écrit par Christelle Cotton

Christelle Cotton

Chroniqueuse / Reporter