Solidarités 2019 : Un démarrage sur les chapeaux de roues!

Ce vendredi voyait, pour la première fois, l’ouverture du festival « Les SolidaritĂ©s Â» qui passe ainsi Ă  3 jours cette annĂ©e. Il a donc fallu convaincre le public d’escalader les contreforts de la Citadelle avec une programmation qui en ferait rĂŞver plus d’un ! Chico Y Mendez, Axelle Red, Gaetan Roussel et Pascal Obispo Ă©taient de la partie pour dĂ©buter cette 7e Ă©dition du festival. Autant vous dire que personne n’a Ă©tĂ© déçu.

On démarre cette première journée par Chicos Y Mendez, un melting-pot d’influences oscillant entre le Pérou et la Belgique. Ce groupe aussi solaire que la météo est une parfaite mise en bouche pour ouvrir les festivités sur la scène de l’Esplanade. Malgré leur programmation assez tôt dans la journée, un bon nombre de festivaliers sont présents et son prêts à danser au rythmes estivaux muy caliente!

On enchaîne ensuite avec la conférence de presse de Pascal Opisbo, qui nous confie quelques anecdotes de parcours, comme quoi pour tenir la durée dans une telle carrière, il faut finalement rester fidèle à soi-même et à ses valeurs. Il nous a également confié une petite exclusivité à propos de son prochain passage à Bruxelles le 29 novembre prochain.

Je vais enregistrer mon live à Forest National, et je peux aussi vous dire que tous les lives que j’ai enregistré à Forest National sortiront un jour !

C’est maintenant Ă  Axelle Red que revient la lourde tâche d’animer le dĂ©but de soirĂ©e devant une foule grandissante sur l’Esplanade. Si le dĂ©but du show dĂ©marre calmement, c’est vĂ©ritablement au 5e morceau que les choses sĂ©rieuses se mettent en place. Les hits se succèdent, repris en chĹ“ur par un public rĂ©actif, parmi lequel de nombreux Ă®lots de fans rivalisent d’efforts pour attirer l’attention ou pour reprendre Ă  pleine voix les paroles de “SensualitĂ©“, “Rouge Ardent” ou encore “Rester Femme“. 

Comme l’explique Axelle, un peu lassĂ©e des versions anciennes, elle a choisi de rhabiller certains titres en leur donnant une couleur plus Ă©lectronique, parfois Ă©tonnante pour ces titres en mid-tempo, mais efficace et de bon goĂ»t. On sent nĂ©anmoins que la scène principale, encore toute baignĂ©e du soleil couchant, est vaste et qu’il est difficile pour le groupe de “remplir l’espace” en l’absence d’un vĂ©ritable showlight, impossible Ă  assurer avec une luminositĂ© pareille. Ce sera le seul bĂ©mol du set et, finalement, de la soirĂ©e.

C’est au tour maintenant de GaĂ«tan Roussel de poursuivre la soirĂ©e. ParticularitĂ© de ce concert : il sera intĂ©gralement traduit en langue des signes par trois dames occupant Ă  tour de rĂ´le le bord de la scène. Initiative apprĂ©ciĂ©e et saluĂ©e Ă  sa juste valeur par le public de plus en plus compact qui se presse sur l’Esplanade. L’artiste ayant dĂ©jĂ  occupĂ© la scène avec Louise Attaque et un autre projet il y a quelques annĂ©es, pour sa troisième visite aux SolidaritĂ©s GaĂ«tan Roussel est encore montĂ© en puissance, assurant lĂ  clairement le meilleur set de ces trois prestations. Avec un show puissant et plutĂ´t rock, secondĂ© par 6 excellents musiciens subtilement rĂ©partis au sein de structures en acier garnies de leds, arrimĂ© Ă  sa guitare ou arpentant la scènes en tous sens, GaĂ«tan Roussel fait preuve d’un dynamisme et d’un charisme sans faille. En totale interaction avec le public, le chanteur nous communique ses Ă©motions avec des compositions rĂ©centes ou plus anciennes.

Pascal Obispo l’avait annoncĂ© et encore confirmĂ© en confĂ©rence de presse: on devait s’attendre Ă  des surprises ce soir ! Et des surprises, il y en eu ! Ferme comme un roc, torse en avant, basse en main, les Ă©paules carrĂ©es, plantĂ© devant ses musiciens, vĂ©ritable armĂ©e de mort-vivants, ce n’est pas Pascal Obispo qui chante mais “The Joker”, la tĂŞte blanchie, les yeux noircis, balafrĂ©, sanguinolent, le regard dĂ©ment… Et cet orchestre surgi du dernier Batman nous balance l’intĂ©gralitĂ© du set dans une version punk-rock des meilleurs hits du français. Waw !

Pascal Obispo revient aux sources, aux racines mĂŞmes de la musique d’aujourd’hui: le rock. Et pour bien marquer le coup, afin de dissiper toute mĂ©prise, il s’arme d’une basse parsemĂ©e de stickers punkoĂŻde (parmi lesquels celui de Batman – tiens, tiens…), arbore un t-shirt “The Clash“, cite Cure, Siouxie and the Banshees, Joy Division, reprend en entier “Shout” de Tears for Fear, ou ponctue ses morceaux du “So Lonely” (The Police), “Sweet Dreams” (Eurythmics), “Another one bites the dust” (Queen – bon, ok, c’est un classique facile pour un bassiste, mais…) et emprunte pour un morceau une Hofner Violin Bass (vous savez, la basse en forme de violon de Paul Mc Cartney…). Comme quoi, quelle qu’en soit la version, un bon morceau reste un bon morceau !

Et il en a, des bons morceaux, le Pascal. Imaginez “Personne” en rock bien mĂ©chant, “Si tu m’assassines” dans une ambiance “laid back”, limite jazzy, transfigurĂ©e par un sublime solo de trompette et explosant en force et en violence avec des riffs rageurs en final, “Ma raison d’ĂŞtre” au tempo dĂ©mentiel et couvert de guitares hurlantes que ne renierait aucun groupe de mĂ©tal… Ça sent la sueur, les amplis Ă  lampes surchauffĂ©s, les bracelets de cuir cloutĂ©s et la castagne. Il faut encore signaler d’autres choses, comme ces nombreux moments de tendresse et de complicitĂ© entre le chanteur et son public, lors de titres comme “Lucie“. Ou lorsque le chanteur s’amuse Ă  taquiner les dames qui “signent” ses paroles en bord de scène. Il les prĂ©sentera chaleureusement en fin de set et les fera longuement applaudir. Obispo, c’est aussi quelqu’un d’engagĂ©, qui s’inspire de son vĂ©cu ( avec “On n’est pas seuls sur la Terre“) et de la relation particulière entretenue avec la victime d’un accident de la route dont il fut tĂ©moin, personne prĂ©sente ce soir avec sa fille après 15 heures de route depuis Bordeaux et pour lequel le chanteur fera chanter “happy birthday”.

Au final, Pascal Obispo a allumĂ© le feu. Au sens propre, comme au figurĂ©, puisqu’il termine sur ce morceau en hommage Ă  Johnny Halliday. Un concert de plus de 2 heures, et parfait ! Vous l’avez compris : voici notre second coup de cĹ“ur des SolidaritĂ©s 2019. Merci Pascal de nous avoir fait dĂ©couvrir sous un nouveau jour et apprĂ©cier Obispo !

Rendez-vous à la prochaine chronique pour connaître la suite de nos aventures!

Par : Eric Beaujean & Solenn Gousset

Écrit par Solenn Gousset

Solenn Gousset