mĂșm fĂȘte les vingt ans de son premier album au Notre-Dame du Botanique

Un concert anniversaire dans un lieu unique. De quoi allier sublime et divin.

Avant-propos :

Ce concert se dĂ©roulant exceptionnellement Ă  Notre-Dame de Laeken, il est fascinant de souligner que les Ă©glises sont, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, des lieux constituĂ©s d’une obscuritĂ© (ou d’un obscurantisme ?) perpĂ©tuelle.

Le groupe cĂ©lĂ©brait donc les 20 ans de son album sorti en 1999 intitulĂ© « Yesterday was dramatic. Today is OK », avec ce concert spĂ©cial. Certes, mĂșm organise une tournĂ©e internationale (avec Ă©galement des concerts en Chine), mais cela n’enlĂšve en rien l’unicitĂ© de ce concert. Pas de bar, des toilettes dans l’arriĂšre-salle de l’église, l’entrĂ©e de la paroisse colorĂ©e par des lumiĂšres bleues et rouges tamisĂ©es accentuent le prĂ©-sentiment d’un moment solennel.

PremiĂšre partie : GyĂ°a ValtĂœsdĂłttir

L’ancienne membre du groupe de la deuxiĂšme partie (comprenez, la partie principale), ouvrait le bal avec cette premiĂšre partie. Vous suivez ? Pas d’inquiĂ©tudes, on est lĂ  pour vous guider.
Un mot d’ordre : magistral.

Gyda

La musique de la chanteuse/violoncelliste aura eu pour mĂ©rite d’immerger le public de Notre-Dame (pas celle qui a brĂ»lĂ©, l’autre), dans une atmosphĂšre emplie d’une beautĂ© infinie, traversant les frontiĂšres.
Ne faisant qu’un(e) avec son instrument, accompagnĂ©e de quelques boucles instrumentales et un bon nombre d’effets, l’islandaise nous a pris par la main et nous a emmenĂ©e dans un au-delĂ  trĂšs lointain. LĂ -bas, dans un monde d’une naĂŻvetĂ© omnisciente oĂč la sensibilitĂ© est religion.
Animée par une gestuelle féerique, Gyda abandonne son instrument en fin de concert pour danser avec les faisceaux de lumiÚre qui éclairent la vieille dame.

mĂșm:

Au programme, une heure quart de concert oĂč le public sera plongĂ© tantĂŽt dans une obscuritĂ© calculĂ©e, tantĂŽt dans un semblant de Voie LactĂ©e rayonnant sur ses fidĂšles. Le quintet (voir composition du groupe en fin d’article) prit le temps de quelques morceaux avant d’établir un premier contact avec la base.

« AllÎ la Terre ? »

Oui oui, on est toujours lĂ , mais plus pour trĂšs longtemps.

Les scandinaves nous transportent rapidement à travers une musique si propre à leur univers. Un voyage construit par des mélodies progressives et bousculé de percussions tantÎt aléatoire, tantÎt sourdes. Celles-ci emplissent alors les alcÎves de ce lieu dit du divin.

mĂșm

« Lift-off »
L’alliance des sonoritĂ©s Ă©lectroniques aux instruments acoustiques (melodica, violoncelle, batterie, guitare, basse) se complĂštent au point de fusionner avec le lieu et la lumiĂšre obscure. Hors du temps, leur musique reflĂšte toutefois une influence trip-hop et se laisse happer par des accents de romance avec quelques sonoritĂ©s hispaniques crĂ©es par la guitare d’Örvar.

Impeccable musicalement, les islandais ont Ă©galement un humour qui vaut son pesant d’or


« This song could be my father »

En effet, le chanteur s’est amusĂ© Ă  prĂ©senter les titres avec un pragmatisme dĂ©routant. « This song is about being on a train » pour les titres « Asleep on a train » et « Awake on a train ». Ou encore “This song is called There is a number of small things, but it should be called There are a number of big, and small things.

Au final, la combinaison de ces deux concerts (dont une performance d’une heure trente pour mĂșm), du lieu et de cet Ă©vĂ©nement anniversaire, ont fait de cette soirĂ©e une vĂ©ritable rĂ©ussite, tant pour les yeux que pour les oreilles.

Composition du groupe :      

  • Gunnar Örn Tynes (synthĂ©, basse, guitare)
  • Örvar Þóreyjarson SmĂĄrason (chant, guitare, melodica, samples)
  • Sigurlaug Gisladottir (chant, guitare, basse, melodica)
  • Samuli Kosminen (batterie, percussions)
  • GyĂ°a ValtĂœsdĂłttir (chant, violoncelle, guitare, danse)

Écrit par Axel Coenen