Seneffe Festival 2019 – La perfection selon R.O & Konoba, la dĂ©ception selon Kyo

Pour sa dixième Ă©dition, le Seneffe Festival s’est offert un prestigieux cadeau pour trois jours : le domaine du château… de Seneffe bien Ă©videmment. Après sept premières Ă©ditions placĂ©es sous le signe exclusif des covers bands, le festival s’est depuis ouvert aux artistes dits “traditionnels”, qu’ils soient confirmĂ©s ou plus Ă©mergents. Le tout en visant un large public . C’est ainsi qu’on retrouve Ă  l’affiche de cette annĂ©e des noms aussi variĂ©s que Manau, Kyo, Magic System, Julien Peretta, Daddy K, mais aussi R.O & Konoba, Grangeorge et Mosimann. En ce qui nous concerne on s’est concentrĂ© sur la journĂ©e du samedi, la plus copieuse du festival.

Un festival sur trois jours avec camping, le tout en pleine nature et aux portes de l’automne en Belgique, il faut avoir le goĂ»t du risque. Mais ils l’ont quand mĂŞme fait ! Et en plus ça a de la gueule dans ce cadre splendide, avec un total de quatre scènes, dont deux rĂ©servĂ©es aux DJ.

Naya Ă©tait pour nous la curiositĂ© de la journĂ©e. PropulsĂ©e sur les devants de la scène par l’intermĂ©diaire de The Voice Kids en France elle vient nous prĂ©senter son premier album, “Ruby”. Du haut de ses 18 ans, c’est toute seule qu’elle interprète ses compositions, avec la force et la conviction d’une jeunesse passionnĂ©e. Un PC et une guitare lui suffisent Ă  gĂ©rer son affaire. Ses textes en français peuvent ĂŞtre tantĂ´t sucrĂ©s, tantĂ´t fĂ©roces. Et elle y met l’Ă©nergie pour dĂ©rouler ses mĂ©lodies tantĂ´t pop, tantĂ´t plus rock, en passant du Français Ă  l’Anglais rĂ©gulièrement.

Place ensuite Ă  TanaĂ«. On l’a dĂ©jĂ  vue un paquet de fois cet Ă©tĂ© mais ses concerts sont toujours aussi sympas et apprĂ©ciables Ă  l’œil et Ă  l’oreille. Avec sa voix fragile mais chaude, elle fait danser la cour du château pour son dernier concert de l’Ă©tĂ©. Son band l’accompagne toujours autant. Ils ont tous gagnĂ©s en confiance et en assurance sur scène depuis la Release Party dĂ©but Mai au Nuits du Botanique. Et sous un petit 25 degrĂ©s avec un beau ciel bleu ça passe d’autant mieux. On apprĂ©cie en tout cas les accents rock qu’amène ses musiciens Ă  ses compositions.

Grangeorge vient par la suite rĂ©pandre sa chaude voix et ses douces mĂ©lodies dans le domaine du Château mais du cotĂ© du Parc. Le tout avec un gĂ©nĂ©reux soleil couchant. Le Français qui vit Ă  Bruxelles sait y faire, pieds nus et armĂ©s de sa guitare, il occupe l’espace avec ses musiciens et sa choriste. A l’aplaudimètre son titre “I”ll be trying” rencontre bien Ă©videmment un joli succès auprès des festivaliers. Mais il sait aussi se montrer plus engagĂ© et nerveu dans le texte et le son. Le concert idĂ©al pour faire la transition entre la fin d’après-midi et la soirĂ©e.

La nuit tombe doucement lorsque le duo electro-pop de RO & Konoba monte sur scène pour diffuser ses bonnes ondes. Bonnes ondes piochĂ©es Ă  travers le monde et issues notamment de leur album sobrement intitulĂ© “10”, comme le nombre de villes et de pays Ă  travers le monde oĂą ils ont enregistrĂ© un morceau pour composer cet album. Le chant de Konoba est toujours aussi dĂ©licieux et leur light show toujours aussi fin et sensuel. Ils ont en effet la chance de jouer lorsque la luminositĂ© bascule dans la nuit sombre. C’est avec le tryptique « I could Be », « On our knees » et l’indispensable « Roll the dice » qu’ils terminent leur set dans une Ă©nergie de dancefloor. Le plaisir ne durera qu’une trop courte heure, malheureusement. Mais on ne boudons pas notre plaisir car on a aussi eu la chance de rencontrer ces deux grands bavards quelques heures avant leur concert. Leur interview sera Ă  lire prochainement sur Scènes Belges.

Bon on avoue on a un peu zappĂ© Emma Bale, nos estomacs affamĂ©s nous ayant rappelĂ© Ă  l’ordre. Mais ce qu’on en aura vu et entendu de loin nous aura Ă©tĂ© agrĂ©able et mĂ©riterait qu’on s’y penche plus en dĂ©tails dans le futur. Notamment avec sa belle reprise d’ “All I want” de Kodaline.

C’est devant une cour du château bien garnie que Kyo monte sur scène pour le dernier concert de sa tournĂ©e. On Ă©tait restĂ© sur une très bonne impression après leur concert de haut vol au Brussels Summer Festival il y a un mois. Mais ce soir quelque chose ne semble pas aller droit : dès l’entame du concert le chant de BenoĂ®t est approximatif, il se trompe dans les paroles, sa voix est fatiguĂ©e, poussive, et en manque flagrant de justesse. Et au bout d’une demi heure BenoĂ®t quitte la scène, laissant les musiciens seuls sur scène. Un long moment de flottement s’installe. Florent, le guitariste, ne se dĂ©monte pas et prend le relais pour interprĂ©ter deux titres normalement prĂ©vus plus tard dans le concert. Au bout de dix minutes BenoĂ®t revient sur scènes pour expliquer qu’ils ont fait la fĂŞte la veille et que c’est difficile aujourd’hui. Et puis vient cet improbable moment oĂą deux types habillĂ©s en Village People et sortis de nul part montent sur scène et prennent Benoit dans leurs bras. Le reste du concert ne sera qu’un morne dĂ©roulĂ© de leurs morceaux, aussi emblĂ©matiques qu’ils soient. En fin de concert on aura mĂŞme l’impression que le son du micro de BenoĂ®t est franchement diminuĂ© pour laisser Florent assurer le chant. Triste fin de tournĂ©e. Dommage. Et le public aura progressivement dĂ©sertĂ© la cour du château tout au long du concert.
 
 
C’est le DJ-showman Suisse Mosimann qui a clĂ´turĂ© la soirĂ©e avec son show Ă©lectro-dance a base de remix, de compos originales et de visuels percutants. Comme Ă  son habitude il arpente la scène en passant des platines, Ă  la batterie et aux claviers. Il fait le job et fait remuer les popotins !
 
Dans l’ensemble on aura passé une très belle soirée dans un cadre magnifique où les organisateurs ont veillé à éviter les zones d’engorgements pour le public. Une belle réussite pour une première dans l’enceinte du Château avec, on le répète, une affiche très variées pour tout les goûts et tous les types de public.

 

Écrit par Jean-Yves Damien