La prophĂ©tie d’Ezra a encore frappĂ© ! L’Ancienne Belgique et leurs fidèles en sont la preuve.

L’essence mĂŞme du jazz, rĂ©side dans la capacitĂ© de dessiner l’avenir tout en exprimant le passĂ©.
TirĂ©e de la Bible, la lĂ©gende du prophète “Ezra”, raconte celle d’un homme sage, apprenant les anciens Ă©crits pour rĂ©diger ceux du futur.

Cette brève explication faite par Femi Kaleoso (batteur) en milieu de concert, dĂ©crit les influences musicales et philosophiques du groupe issu de la nouvelle vague jazz londonienne (Nubya Garcia, Ill Considered, Theon Cross, Portico Quartet,…).

Après avoir frĂ©quentĂ© l’Ancienne Belgique pour la première fois l’annĂ©e dernière, dans l’AB Club. Le quintet se paie donc une augmentation loin d’ĂŞtre dĂ©mĂ©ritĂ©e. A l’image de nos ministres rĂ©formateurs quittant le navire national pour le chavirant paquebot europĂ©en, le collectif Ezra peut se targuer d’avoir recueilli suffisamment de voix que pour se prĂ©senter dans l’AB Club version intimiste (tout de mĂŞme). En effet, loupiotes et ambiance jazzy habillaient le hall rouge de l’Ancienne Belgique.

Jazzy ? Oui, et non. MĂŞme si la construction jazz saute aux oreilles, et que les solos des musiciens agrĂ©mentent chaque morceau. Leur style est toutefois abreuvĂ© par un afro-beat entraĂ®nant et gourmand. Tel est le cas dans leur titre Sao Paulo, oĂą le but est avant tout de “dance like no one’s there!”. Chaque composition est donc cadencĂ©e par un rythme rĂ©solument techno-afro-funk.

Avec leurs tubes Juan The Philosopher et You Can’t Steal My Joy (tirĂ© de l’album du mĂŞme nom), on ne peut que balancer ses hanches, histoire de dĂ©laisser ses neurones et laisser s’envahir par une dose de dopamine dĂ©livrĂ©e par le groupe british.
Avant leur dernier morceau, le public, complice de ses prophètes, s’est agenouillĂ© pour mieux se propulser dans un dernier saut de joie.
Un plaisir.

Écrit par Axel Coenen