Circa Waves anime une soirée aux airs de « prom night » à l’Orangerie!

« Prom night » ou « bal de promo », c’est ce à quoi font penser les lettres à facettes disposées au fond de la scène et l’allure pimpante des artistes qui se succèdent. Les Britanniques de Circa Waves étaient déjà venus à l’Ancienne Belgique en 2015 pour présenter leur tout premier album : Young Chasers. Couronnée de succès, la bande à Kieran Shudall revient plus ambitieuse et confiante que jamais avec une dernière pépite intitulée What’s It Like Over There ?. Une chose est sûre, ces quatre gars ont fait du chemin depuis Liverpool…

C’est indéniable, Circa Waves sait s’entourer. Il est d’ailleurs devenu habituel que je m’amourache de leur première partie. Cette année, la soirée est engagée par Boniface, un groupe canadien qu’on verrait bien figurer sur la bande originale de séries rétro à la Stranger Things ; les art-works, absolument somptueux, témoignent eux aussi de la tendance nostalgique du groupe. Les synthés sont dominants et surfent sur la voix pop et aérienne de Micah Visser (chant et guitare) qui, avec le bassiste, se prend au jeu en dansant tant lorsqu’il a les mains libres que lorsqu’il est à la guitare. Un album serait plus que bienvenu!

Quand je dis que les Britanniques ont fait du chemin depuis Liverpool, c’est avant tout sur l’échelle du triomphalisme. En effet, le groupe fait une entrée remarquable à 21h ; les fumigènes et la musique d’ambiance parviennent à déclencher cris, applaudissements, et même quelques “je t’aime”. Il faut dire qu’ils ont sorti le grand jeu, quoi! Malgré tout, presque immédiatement, quelque chose cloche : l’image que je m’étais faite du Kieran Shudall de 2015 s’évapore lentement pour laisser sa place à un mélange difficilement descriptible… À vue de nez, je dirais qu’il s’agit, sans extrapoler, d’un croisement entre un Alex Turner et un Joe Jonas. C’est donc ça, l’horizon doré auquel la bande semblait promise ?

Trêve d’élucubrations, intéressons-nous à la prestation !

Un médiator est gracieusement offert à l’une des filles du premier rang, choisie spécifiquement par les soins du chanteur. Le concert peut enfin démarrer. C’est avec Wake Up (issue du second opus Different Creatures) et Fossils (tirée quant à elle de Young Chasers) que Circa Waves entame le set. Une belle manière de s’introduire, en somme, puisqu’ils ravivent ainsi la flamme de la nostalgie et rappellent ô combien leur évolution musicale est saisissante !

Après avoir caressé les tubes pop-rock efficaces et entêtants des premières années, ils effleurent doucement le virage plus pop (d’ailleurs parfois trop mainstream à mon gout, mais rattrapé par des titres tels que Saviour — qu’ils joueront également —, de loin le plus vibrant) du dernier opus. La progression de la soirée est cohérente et la set-list (quasi) irréprochable puisque parfaitement proportionnée, oscillant entre les trois albums.

Sur la scène, en revanche, l’équilibre des interprétations est sans cesse interrompu par les simagrées du leadeur. Si ces dernières semblent toucher un public extrêmement investi (concrètement, la foule est ravie et ne cesse pas sa danse une seule seconde, allant même jusqu’au pogo), elles m’horripilent personnellement au plus haut point en ce qu’elles tendent à effacer les autres membres du groupe. Entre dégustations de saucisson et essayage de casquette, Shudall confond approche communicative et simple parade. Le concert est finalement un chouia écourté (il dure à peine une heure, rappel compris, contrairement aux anciennes performances), et le quatuor conclut la soirée sur deux titres pour le moins contradictoires ; heureusement, le décevant The Way We Say Goodbye est très vite oublié après la folie que suscite T-Shirt Weather, LE hit qui représente le mieux l’identité musicale de la bande selon moi.

Circa Waves Setlist L’Orangerie du Botanique / Saint-Josse-ten-Noode, Belgium 2019

C’est tiraillée entre satisfaction et désillusion que je me dirige alors vers la sortie, me remémorant déjà cette soirée qui, si elle ne fut pas totalement désagréable, m’aura tout de même laissée pantoise.

Écrit par Ophélie Hulin