Douce fougue post-adolescente avec VIDEOCLUB au Botanique

Quelques explications sont nĂ©cessaires avant de commencer quoi que ce soit : VIDEOCLUB c’est un duo electro-pop français composĂ© d’Adèle Castillon et Matthieu Reynaud, tous les deux âgĂ©s de 18 ans. Oui oui, il n’ont pas connu le vingtième siècle et ils viennent remplir ce soir l’Orangerie du Botanique ! Ă€ leur compte : tout juste cinq petits titres sur Spotify et quelques vidĂ©os sur Youtube. Cinq titres mais dĂ©jĂ  des chiffres impressionnants avec près de 50 millions d’écoutes en quelques mois. Ces chiffres impressionnant doivent cacher quelque chose qui nous a Ă©chappĂ© jusque lĂ  mais qui a dĂ©jĂ  conquis la jeune gĂ©nĂ©ration (ce qui ne fait pas de nous des vieux has been, enfin on espère). On prend donc la direction du Botanique pour satisfaire notre curiositĂ© et tenter de comprendre ce qui se passe au VidĂ©oclub.

Et c’est un public principalement adolescent qui s’amasse de manière compacte devant la scène de l’Orangerie en ce lundi soir, avant mĂŞme le dĂ©but de la première partie. On entend parler aussi bien français que nĂ©erlandais. Qui dit public jeune dit beaucoup d’énergie et d’enthousiasme. C’est Ana Diaz qui a la mission de chauffer tout ce petit monde qui attend patiemment de pouvoir partir au quart de tour. La bruxelloise nous propose sa jolie voix chaude et pudiquement suave sur fond de breaks electros et de piano, de temps en temps accompagnĂ©e d’une choriste. L’ensemble est Ă  la fois fragile et puissant. A l’oreille on pense parfois un peu Ă  Angèle avec des paroles aussi bien en Anglais qu’en français, ou en Galicien le temps d’un morceau. On est posĂ© et tranquille.

Lorsque les lumières s’Ă©teignent dĂ©finitivement ça se met Ă  hurler de partout. Les cris redoublent lorsque le duo monte sur scène et vient se placer derrières ses synthĂ©s. C’est parti pour une heure d’Ă©lectro-pop nocturne et lumineuse, dans une ambiance de bal de fin d’annĂ©e. Chaque mot chantĂ© est reprit avec enthousiasme par le public qui n’attend que de pouvoir danser, sauter et frapper dans les mains dès que l’occasion se prĂ©sente. La rĂ©gulière utilisation de la guitare par Matthieu apporte un relief mĂ©lodique juvĂ©nile franchement bien foutu avec la jeune voix d’Adèle.

Le duo alterne ses compositions originales avec quelques reprises dont une version dansante et moderne d’ “Un autre monde” de TĂ©lĂ©phone. Titre dont le texte semble toujours faire Ă©cho en 2020 chez les jeunes, et les moins jeunes dont nous faisons partie. RĂŞver et espĂ©rer, une lĂ©gère innocente et de la bienveillance euphorique. C’est tout cela qui se dĂ©gage de l’Orangerie ce soir. L’influence d’un Ă©tat d’esprit combattant et positif Ă  la Fauve n’est pas bien loin, croisĂ©e avec la lĂ©gèretĂ© des mĂ©lodies dansantes de ThĂ©rapie Taxi et la poĂ©sie mĂ©lancolique des textes d’Odezenne. La jolie complicitĂ© amoureuse du duo sur scène renvoyant Ă  un romantisme insouciant n’y est pas Ă©trangère. Tout comme les pas de danse d’Adèle et l’Ă©nergie que met Matthieu Ă  jouer de ses instruments. Du coup on pardonne les quelques hĂ©sitations vocales d’Adèle. On aurait presque envie d’Ă©crire que ces petites imperfections rendent l’ensemble encore plus cohĂ©rent.

Ce sont les titres “Amour Plastique” et “En nuit” qui suscitent le plus de rĂ©actions et qui constituent les moments forts du set. Les deux titres sont rejouĂ©s en fin de set lors du rappel (petite discographie oblige). Rappel rĂ©clamĂ© très bruyamment d’ailleurs. Mais le titre “Amour Plastique” est rĂ©interprĂ©tĂ© dans une version guitare-voix, le duo Ă©tant spontanĂ©ment Ă©clairĂ© par la lumière des smartphone du public.
 
On espère les recroiser très bientĂ´t sur d’autres scènes et avec plus de titres. Il ne nous reste plus qu’Ă  leur souhaiter bon vent pour le futur, et Ă  les remercier pour leur enthousiasme et leur fraicheur, comme le feraient des enseignants lors de la remise des diplĂ´mes de fin d’Ă©tude.

Écrit par Jean-Yves Damien