Boy Pablo au Botanique : une Ă©tincelle de bonheur dans un ciel gris

Boy Pablo est un projet norvĂ©gien qui voit le jour en 2015. Cinq ans, donc, que ces jeunes garçons au sourire Ă©tincelant arpentent le monde et explosent l’internet. Samedi dernier, Pablo Muñoz et sa bande de joyeux lurons ont envahi l’Orangerie de leur bonne humeur…

Et franchement, ça fait du bien.

Modification du lieu de rendez-vous. Cette fois, Boy Pablo ne nous attend pas Ă  l’Ancienne Belgique, comme c’était le cas en 2018 (une première pour le groupe), mais dans la plus grande salle du Botanique : l’Orangerie. Ă€ 21h, le public est plus que prĂŞt Ă  danser sur les riffs entrainants de Pablo. MĂŞme si la formation n’a que deux EP en stock pour nous convaincre (Roy Pablo et Soy Pablo), nous savons par avance que l’Ă©nergie particulière qu’elle dĂ©gage ainsi que sa capacitĂ© Ă  nous surprendre ne nous dĂ©cevront pas.

Un enregistrement retentit pour marquer le commencement du concert. Celui-ci prĂ©sente les musiciens d’une manière un peu particulière ; comme pour tourner en dĂ©rision la musique que crĂ©e la bande, c’est Ă  une prĂ©sentation burlesque que nous avons droit! Gabriel, Eric, Henrik, Sigmund et Pablo sont prĂ©sentĂ©s comme les “clowns” itinĂ©rants qui donneront le concert devant nous ce soir…

Nous ne le savons pas encore, mais nous allons effectivement beaucoup rire.

Nous nous plaçons sur le flanc gauche de la foule, proches de la sortie. MĂŞme Ă  cet endroit, tout le monde se met Ă  danser dès la première chanson… On se sent en quelque sorte la proie de cet “indie rock ensoleillĂ©” (comme le dĂ©crit très bien le Botanique lui-mĂŞme) qui nous propulse sur une plage de sable chaud.

Sentiment paradoxal, me direz-vous, puisque les thèmes majeurs de ces deux EP oscillent entre la solitude et le mal d’amour (wouhou!). Effectivement, il y a comme un dĂ©calage entre les confessions bouleversantes du chanteur et la gaitĂ© avec laquelle il les chante. C’est d’ailleurs encore plus surprenant en live…

Sur JD’s Song (une nouveautĂ© qu’ils ont pris l’habitude de jouer en concert), par exemple, la clartĂ© mĂ©lodieuse des guitares et la douce lĂ©gèretĂ© du clavier nous poussent Ă  danser malgrĂ© des paroles très fatalistes Ă  base de “You wouldn’t be happy and I would be sorry”. Les “la-la-la” du refrain et le sourire permanent d’Éric (clavier et back vocals) n’arrangent rien et nous poussent Ă  donner le meilleur de nous-mĂŞme.

Nous ne nous attarderons pas sur la set-list ; avec une discographie longue d’Ă  peine une heure, il Ă©tait indispensable qu’ils nous en jouent l’entièretĂ©. Everytime, Dance, Baby!, Feeling Lonely,… Elles y sont toutes passĂ©es. Avec quelques extras toutefois, que l’on retrouve surtout dans le contact omniprĂ©sent que crĂ©e Boy Pablo avec son public.

La discussion revient entre chaque chanson ; nous parlons tant du Covid-19 (Ă©videmment, ils ne pouvaient pas passer Ă  cĂ´tĂ©) que de notre magnifique Bruxelles. Un problème technique ? Pablo et Éric saisissent l’occasion pour chanter un “Happy birthday” personnalisĂ© Ă  l’un des membres du public. Entre battle de danse sur fond de percussions et strip-tease impromptu, autant vous dire que le temps passe vite dans l’Orangerie. Il n’est pas Ă©tonnant que la notoriĂ©tĂ© du groupe grimpe en flèche, et ce dans le monde entier.

La sympathie des NorvĂ©giens est dĂ©concertante et communicative, nous n’avions besoin de rien de plus en cette soirĂ©e grise et pluvieuse.

Le rappel est court mais intense : les guitaristes s’avancent plus en avant sur la scène tandis qu’Éric, Ă  la manière d’un Rafiki, grimpe en hauteur pour brandir sa guitare aux yeux de tous. Toujours dans la peau de joyeux farceurs, les artistes annoncent la fermeture du rideau en nous saluant d’une ultime rĂ©vĂ©rence et en nous remerciant d’avoir assistĂ© au spectacle.

Un spectacle qui nous a rappelĂ© Ă  quel point tout est Ă  double-face, Ă  quel point l’obscuritĂ© est toujours suivie de très près par la clartĂ©.

Écrit par Ophélie Hulin