Un lieu majestueux et fantastique, un artiste pop de grande classe et une météo qui se montre enfin clémente. Tous les éléments étaient réunis ce vendredi soir dans les ruines de l’Abbaye de Villers-La-Ville pour que le concert en plein air de KONOBA soit divin. Et il le fut. On vous raconte tout ça mais on peut déjà vous dire qu’on reviendra à l’Abbaye cet été dans le cadre des Estivales !

L’équipe en charge des événements au sein de l’Abbaye souhaite ouvrir depuis quelques temps déjà ce lieu à des concerts de musiques dites “actuelles”. Et malgré le Coronavirus, c’est une jolie programmation nationale qui est proposée tout au long de l’été, avec les mesures sanitaires d’usages. Après avoir pris place par “petite bulles” dans le chœur de l’abbaye on patiente gentiment alors que la luminosité diminue progressivement, dévoilant un éclairage qui met en valeur de la plus belle des manières ce lieu splendide.

Vers 21 heures le duo électro-pop bruxellois de Coline & Toitoine monte sur scène. C’est frais et pétillant, comme eux, du haut de leur 20 ans. Elle chante de son joli grain de voix délicieusement et délicatement brisé. Elle joue aussi de la guitare. Lui est aux synthés et aux machines. Les samples de voix sont traités avec finesse et envoûtent très rapidement toute l’abbaye, comme sur le morceau “Write a Song” qu’on vous encourage à aller écouter. C’est un mélange de maîtrise et de spontanéité quasi-juvénile qui se dégage de la scène. Ils ont la banane et nous confient être très heureux d’être là ce soir avec “un public”. Ils nous parlent de rêves qui sont réalisables alors que les oiseaux chantent dans les recoins cachés de l’abbaye. C’est ce genre de moment unique qu’offrent les concerts en plein air. Ça nous avait manqué. Merci à eux pour ce premier beau moment de la soirée. Même moment unique sur ce dernier morceau piano-voix avec des envolées lyriques de Coline qui finissent pas faire se lever toute l’abbaye pour une véritable ovation. Le moment est intense et symbolique pour tout le monde.

Après une petite promenade dans le parc et les ruines de l’Abbaye on retourne à nos places pour la tête d’affiche du jour qu’est Konoba. C’est seul et en toute simplicité qu’il monte sur scène peu avant 21H45. Avant d’entamer son set, il nous confie également son plaisir d’être là ce soir et le privilège que cela représente pour lui de jouer dans ce lieu unique. Il explique aussi que ce concert sera le seul de cet été pour lui, qu’il n’a plus joué seul depuis deux ans, et que le concert de ce soir sera donc unique et inédit, avec des exclusivités au programme. Le garçon est bavard, mais ça on le savait déjà, et prendra le temps entre chaque morceau de nous raconter l’histoire de chaque morceau joué ce soir.

Il saisit alors sa guitare et entame son set avec son nouveau titre “In the mirror”, enregistré et sorti en plein confinement. Une sorte de premier inédit ce soir. Et très rapidement, dès ce premier morceau, il nous emmène explorer son registre vocal qui part aussi bien dans les aigus que dans une voix sobrement rauque. Mais tout cela reste toujours très mélodieux. Etant seul sur scène, c’est aussi bien au chant, à la guitare, qu’aux synthés et aux machines que le bonhomme s’active, ce qui rend la prestation d’ensemble dynamique et variée. Il continue avec un autre titre inédit, “On our way”.

 
Konoba repart aux origines de sa discographie, en 2012, avec le titre “Dancing in the moonlight”. Le piano résonne avec profondeur et sévérité dans une abbaye attentive et silencieuse. La puissance vocale vient rajouter une intensité à ce morceau . Seuls les oiseaux chantent pour ponctuer les silences délicats de ce titre, alors que la nuit s’installe pour de bon. Les jeux de lumières se font alors carrément féeriques. On vous laisse imaginer le tableau d’ensemble que cela peut donner, comme sur le titre “Too much too soon” et son intro qui nous fait penser à une pluie d’étoiles filantes. Ce dernier titre est issu de l’album “10” que Konoba avait réalisé et interprété avec R.O. , qui n’est malheureusement pas là ce soir. Place ensuite à un second titre issu de cet album avec “Till we get there”. Morceau enregistré en Géorgie dont est originaire sa copine. Et en disant ça, il brise le cœur de la moitié du premier rang. C’est presqu’en a cappella qu’il achève le morceau, seul sa voix faisant vibrer avec volupté les pierres de l’abbaye. Retour ensuite à la guitare pour une cover du titre “Lover” de Jeff Buckley.
 
 
Konoba plonge ensuite dans son album “Smoke and Mirror” avec trois titres : “I’m a wolf” et un final aux sonorités franchement electro-dancefloor, “Smokke and mirrors”, ainsi que l’incontournable et sensuel “On our knees”. L’applaudimètre s’emballe alors que la nuit noire est maintenant tombée sur l’abbaye depuis un petit temps déjà. Après un autre titre inédit enregistré lors d’un séjour déprimant en Ardennes (selon les explications du principal intéressé), Konoba envoie “Get Home” qui a également été enregistré à l’époque avec R.O. . Comme toujours avec ce dernier, c’est une touche d’hybridation électronique qu’il apporte dans le répertoire de Konoba.
 
 
Le concert arrive doucement dans sa dernière partie avec encore un titre inédit aux sonorités ensoleillées et électros, avec cet appui vocal dont la justesse nous impressionne toujours autant. Manque de justesse par contre au moment d’envoyer l’intro du morceau, puisque c’est celle de “Roll the dice” qui part. On arrête la machine et on recommence avec la bonne intro. Profitant ensuite du cadre naturel, acoustique et intimiste du lieu,  c’est un titre joué en guitare-voix uniquement que Konoba interprète. Mais quand il dit guitare-voix uniquement, c’est sans amplification sonore du coup. Le rendu est magnifique, il en profite pour descendre de la scène et faire chanter le public avec lui. Il précise cependant “l’important c’est de chanter le plus fort possible, pas le plus juste possible”. Du coup tout le monde se lâche. Et quand arrive le dernier titre, là c’est carrément la grosse teuf puisque c’est le tubbissime “Roll the dice” que Konoba balance dans une abbaye qui se transforme en dancefloor de la distanciation sociale. On a eu un gros coup de cœur pour toute cette petite famille au premier rang qui a dansé avec plus d’enthousiasme que la majorité tout au long du morceau. C’est donc dans une abbaye à l’opposé d’un silence monacal que Konoba quitte la scène.
 
 
Il revient finalement pour un rappel qu’il n’avait visiblement pas prévu de faire. Après un vote à l’applaudimètre entre 3 titres, il réinterprète “On our knees” avant de quitter la scène définitivement sous les applaudissements et les cris. La soirée est une réussite totale, aussi bien par rapport à ce qui s’est passé sur scène que par rapport à l’organisation en tant que telle. On ne peut que remercier et féliciter toute l’équipe de l’Abbaye de Villers-La-Vile pour cette soirée unique. Merci à Konoba pour ces beaux moments retrouvés. Ils sont précieux.
 
 

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