MENU DE PLEIN AIR – Jour 2 : Winter Woods met tout le monde d’accord

Dimanche 23 aout : joli programme encore pour l’acte 2 du MENU DE PLEIN AIR à la Citadelle de Namur. On va retrouver les énigmatiques mais décalés SPHÈRE TRIO, les rockers de JANE DOE et les folkeux de WINTER WOODS. Et il y a toujours également des concerts plus classiques au programme. En invitée superstar, mais bien encombrante malgré tout, on retrouve la pluie. En effet, le ciel ouvre ses vannes de manière épisodique mais toujours généreuse. Allez, on y va !

Et effectivement ça commence fort avec une double grosse averse pour le concert des trois perchés de Sphère Trio. Perchés mais pas détraqués. Après une  introduction théâtralisée d’un réveil et d’un brossage de dents très sonore, ils enchaînent avec un titre dont l’instrument principal est… un vélo. Chaque titre est interprété avec une mise en scène déroutante et pleine de dérision. Ils ne basculent jamais dans le gag facile ou dans une performance simpliste, leur maîtrise et leur doigté flirtent avec la perfection. Sphère Trio c’est avant tout un groupe de percussions utilisant un nombre invraisemblable d’instruments pour arriver à leurs fins. Le résultat donne par moment des sonorités et des rythmes qui nous rapprochent de la drum’n’bass ou de musiques plus traditionnelles héritées d’un autre temps. Le public tient bon malgré la pluie persistante et le vent. Une belle salve d’applaudissements vient conclure leur set aussi pro que décalé.

On avait dit qu’on ne développerait pas outre mesure la programmation “classique” de l’événement. Mais pourtant on va quand même mentionner la chorale de Dixit. Ces 5 jeunes viennent dépoussiérer cette discipline et balayer les clichés trompeurs parfois strictes et guindés du monde de la musique classique. Un medley de musique de films et un autre de Disney viennent se mêler à des compositions plus classiques et notamment à une reprise de “We will rock you” de Queen. Même le soleil s’invite discrètement, curieux lui aussi probablement de ce qu’il se passe au Théâtre de Verdure.

Retour à l’autre scène pour le set attendu de Jane Doe qui tourne en boucle, notamment sur Classic 21, depuis un certain temps maintenant. Et ça commence avec cette voix de la chanteuse qui sonne comme une incantation, nous rappelant les grandes heures des Cranberries. Et comme par enchantement le soleil revient en force pour mettre en valeur le savant maquillage de la chanteuse, rappelant avec beauté et couleurs les heures les plus effrayantes d’un Marylin Manson à la fin du siècle passé. Pour le reste on évolue dans une composition rock assez traditionnelle : guitare, basse, batterie. Quelques notes de claviers sont disséminées dans les compositions. Le groupe impose une atmosphère typiquement propre au rock alternatif anglo-saxon mais avec une touche légèrement fantastique en plus. L’atmosphère des titres est tournée vers la contemplation et l’introspection. On note l’interprétation puissante du single “Who you are”. Une bonne manière d’achever l’après midi. Bien qu’intéressant au premier abord, Jane Doe doit probablement prendre toute son ampleur à la nuit tombée sous le faisceau d’un light show. A revoir dans des conditions plus sombres.

Pour clôturer la journée et le festival, les organisateurs ont programmé un groupe local (des namurois donc, comme Glauque la veille) qui monte très fort pour l’instant : Winter Woods. Pour info, leur prochain concert initialement prévu à la Rotonde du Botanique a du être déplacé à l’Orangerie après avoir affiché complet en quelques jours. Et on comprend pourquoi ! Ils ont aussi joué à l’abbaye de Villers La Ville ce été. Et oui, il y a donc des groupes qui ont eu le privilège de faire deux concerts cet été… Bref, c’est complet ici aussi ce soir ! Ils sont en terrain conquis.

Le groupe porte terriblement bien son nom car leur musique est faite pour être écoutée, voir même savourée, avec un feu de cheminée dans un chalet au fond de la forêt en hiver alors que la neige tombe à l’extérieur et qu’une envie de danser vous prend. Mais la sauce prend aussi bien en plein mois d’août alors que la luminosité se fait déclinante, tout comme la température d’ailleurs. Leur folk aux accents de country et à base de banjo, violon (parfois utilisé comme une guitare), contrebasse et piano transporte les 200 spectateurs jusqu’au fond de l’Alaska ou du Canada dans un trip à la “Into The Wild”. En les écoutant on pense aussi à certaines productions de Mumford And Sons et des Lumineers. Mais pas question de s’enfermer pour autant dans cette image de carte postale, forcément trop réductrice. C’est ainsi que le groupe se fend d’un medley de “plaisirs honteux” où l’on retrouve notamment “Gangsta paradise” de Coolio, “Say my name” des Destiny’s Child, “Oops I did it again” de Britney Spears, “Barbie girl” d’Aqua, du De Palmas, “Save tonight” d’Eagle Eye Cherry et “Sweet dreams” d’Eurythmics. L’horizon est très large donc mais ça va on fera comme si de rien n’était, parce qu’en vérité on a adoré ça aussi.

L’énergie du groupe sur scène est tournée vers la fête et la sérénité à la fois, en étant portée par un chant fragile mais toujours juste, nous faisant penser de temps à autre à Ed Sheeran. Ils achèvent leur set sur un titre inédit. Winter Woods était pour nous une très belle découverte en clôture du festival. On retournera les voir (si on en a l’occasion). Il ne nous reste plus alors qu’à féliciter les organisateurs qui ont su se jouer de la météo pour accueillir un public nombreux et enthousiaste dans des conditions proches de la perfection, et ce malgré les différentes contraintes à respecter.

Écrit par Jean-Yves Damien