INTERVIEW : FUNKY FOOL – « Cet EP me ressemble beaucoup, et je suis très fier du résultat »

Comme on l’évoquait dans un précédent article, la Belgique regorge de talents. Artistes confirmés ou émergeants, ils portent avec fierté l’essor musical noir-jaune-rouge. C’est avec une énergie presque solaire, beaucoup de bonne humeur, et énormément de passion, que Funky Fool confirme l’adage, avec la sortie son premier EP, « Continuum ». Un premier EP très solaire, teinté d’électro, de good vibes et de voix enivrantes. Déjà présent sur les ondes avec son single ‘Break my heart’, et bien ancré dans le label Found Frequencies, le DJ-producteur made in Belgium grimpe les échelons avec brio, et apprend les rouages du métier à la bonne école, avec le fondateur du label qui n’est autre que, comme vous l’auriez deviné, Lost Frequencies.

Nous sommes donc partis à la rencontre (via Zoom bien entendu), de Nicolas Tilliet, alias Funky Fool, afin qu’il nous parle de ses début de carrière, du présent, et aussi un peu du futur…

Solenn pour ScenesBelges : Salut Funky Fool, comment te portes-tu en cette période ?

Funky Fool : C’est une période difficile, mais il a fallu en tirer des bénéfices comme le fait que l’on ait beaucoup plus de temps pour se consacrer à plein d’autres trucs. Dans mon cas, au lieu de me focaliser sur les lives, j’ai pu progresser en studio, créer de nouveaux sons, faire des collaborations avec d’autres artistes à distance. Certes il y’a des opportunités qui ne se sont pas réalisées, mais d’autres se sont tout de même présentées et j’essaie de tirer uniquement le positif de cette situation.

SB : Est-ce que tu pourrais présenter un peu ton projet au public de ScenesBelges ?

Funky Fool : Je suis Nicolas, DJ et producteur sous le nom de Funky Fool, et ça fait à peu près 12 ans que je suis DJ et 7 ans que je fais de la production. Mon style musical ? Bonne ambiance, électro-dance avec de chouettes chanteur/euses, car j’adore collaborer avec des gens de tout milieux, ça amène quelque chose d’original et d’authentique aux morceaux. Et grande nouvelle, depuis cette année, je travaille avec le label de Lost Frequencies (« Found Frequencies ») !

SB : D’ailleurs, ton univers est visiblement plus house/électro que funk, pourquoi ce pseudonyme –Funky Fool– qui pourrait prêter à confusion ?

Funky Fool : Alors avant j’adorais un morceau qui s’appelle « Flute Â» des New World Sound, je le jouais absolument tout le temps sous un autre nom de scène. A un moment, j’ai eu envie de changement, de changer de projet musical. Et dans ce morceau, juste avant le drop, je comprenais « hey bitch it’s funky fool » alors que c’était absolument pas ça (rires), mais je me suis dit que ça sonnait bien, ça se retient facilement et donc j’ai gardé ce pseudo!

SB : Tu viens de sortir un EP, « Continuum », qui sonne très good vibes et qui donne instantanément une pêche d’enfer. D’où puises-tu ton inspiration ?

Funky Fool : Alors je ne peux pas vraiment répondre, car ça relève beaucoup de coups du hasard ! J’essaie toujours de nouveaux trucs, de nouveaux instruments, de pousser les idées un peu plus loin, afin d’en sortir le meilleur. J’aime énormément travailler avec d’autres artistes, et disons que quelque part, ça m’inspire bien. Autrement, les idées qui me viennent sont assez spontanées. Par exemple le single « Sad Summer » s’est crée en Allemagne car j’allais en studio là-bas durant l’été. Seulement, j’étais un peu dans le stress car je n’avais pas de production solide à montrer, donc la veille de partir en studio j’ai créé ce titre, depuis mon lit ! Le lendemain j’ai rencontré le chanteur avec qui je voulais bosser, il a adoré le son et puis… « Sad Summer » est né !

SB : Si je ne me trompe pas, « Continuum » est le premier EP à sortir sous le label Found Frequencies, comment s’est passée ton intégration dans le label ?

Funky Fool : C’est marrant comme histoire car il y’a deux ans, j’ai sorti un morceau que je trouvais, comment dire… naze. Mais je l’ai mis en ligne quand même. Il se trouve que Lost Frequencies est tombé dessus par hasard, a bien accroché, et m’a envoyé un message sur Instagram du style « hey je vais lancer mon label, ça te dirait d’en faire partie ? ». A ce moment-là j’étais dans ma coloc avec mes potes dans la cuisine quand j’ai reçu ce message, c’était trop cool car tellement inattendu ! On est donc restés en contact pendant deux ans avec Lost Frequencies, je lui envoyais souvent des sons mais soit ce n’était pas le bon moment, soit ce n’était pas la bonne chanteuse… bref du coup j’ai continué à bosser d’arrache-pied, puis début 2020, là les choses ont vraiment commencé pour moi. Mes sons l’ont convaincu, le rendu était vraiment pas mal, et donc tout s’est accéléré par la suite.

SB : D’ailleurs, ça fait quoi d’entendre son propre single (Break My Heart) mixé par Lost Frequencies au sommet du Palais Royal ?

Funky Fool : C’était dingue en fait. Je n’étais même pas au courant qu’il allait le jouer, et en regardant son live j’ai reconnu mes basses arriver dans le mix, les percussions et tout, et je me suis dit ‘mais je connais, ça !’. Suite à ce live, plein de gens ont commenté la vidéo en demandant quel était ce son à la 17e minute,  il s’est avéré que c’était le mien, mais il n’était pas encore disponible sur les plateformes à ce moment-là, donc ça a fait une chouette promo pré-sortie.

SB : Comment te positionnes-tu par rapport à la situation incertaine du milieu artistique, où finalement ton EP y est contraint au même titre que tout le monde, à savoir une promotion un peu chamboulée sans possibilité de défendre tes chansons sur scène ?

Funky Fool : C’est un peu compliqué, mais faut s’adapter. Je vais essayer de refaire des livestreams sur facebook que je vais par la suite poster sur ma chaîne youtube, mais c’est sûr que des concerts sur les réseaux n’ont rien à voir avec les « vrais » concerts où les gens te voient mixer, ressentent la musique live et l’ambiance collective. Je suis quand même confiant car ça fait un petit temps que je bosse dessus, cet EP me ressemble beaucoup et je suis très content du résultat. Surtout, ça marque pour moi un nouveau départ.

SB : C’est sûr que la musique, c’est sans doute un des seuls domaines qu’il est très difficile de retranscrire par écran interposés, étant donné qu’en plus de la musique live, le caractère social est prépondérant dans les concerts en salle ou festivals…

Funky Fool : Effectivement, le rendu ne sera jamais le même. En fait, les morceaux qui sortent en ce moment ont moins d’impact car on ne voit plus le rendu live et que du coup, on ne se crée pas de souvenirs liés à ceux-ci. En festival on a tous ce souvenir, avec les potes, de telle ou telle musique qui passait à un instant qu’on kiffait. On profitait du moment présent sur des musiques qui nous faisaient réellement vibrer de par leur interprétation sur scène. Aujourd’hui, il faut se créer ces souvenirs autrement.

SB : Après la sortie de cet EP, te projettes-tu déjà dans l’avenir ?

Funky Fool : Alors parallèlement je bosse pour d’autres artistes, je fais un album pour un artiste qui a fait The Voice, je fais des singles en collaborations, je travaille avec pas mal de monde en fait ! De mon côté j’ai quelques autres singles plus ou moins prêts, donc à voir, peut-être un second EP, mais je vais prendre mon temps et déjà profiter de la sortie de celui-ci !

SB : Dans ton EP, les morceaux peuvent aussi bien s’adapter en format club, radio, festival ou même playlist quotidienne, c’était réfléchi autant de polyvalence ?

Funky Fool : Non, pas du tout ! Je ne calcule que très rarement ce qui va se passer à l’avance dans mes compositions. Comme je l’évoquais, pour Sad Summer au début je pensais que je n’allais rien en faire car j’ai conçu le son un dimanche matin, à 9h du mat au fond de mon lit « juste comme ça ». Au final il se retrouve en single dans mon EP! Je me suis rendu compte qu’il avait vraiment un bon potentiel au moment où la voix s’est posée sur la prod’… comme quoi on a bien fait de le garder. Autant quand je travaille pour d’autres artistes je prends un peu plus le temps de me poser et de réfléchir, autant pour moi pas du tout (rires) !

On vous conseille donc vivement d’écouter Continuum, le tout premier EP de Funky Fool qui s’avère aussi planant que dansant et qui s’écoute à tout moment de la journée. Que ce soit un besoin de motivation, d’énergie, d’étudier ou d’une musique de fond, les six titres de l’EP ravirons les coeurs (et les oreilles!). En somme, c’est aussi un très bel aperçu de ce que nous réserve l’artiste, et on espère pouvoir très vite nous créer des souvenirs mémorables, en festival ou en concert, sur ces titres made in Belgium!

Fun fact: Les connaisseurs auront remarqué l’incroyable coïncidence avec le titre de Lost Frequencies paru en 2016, qui s’intitule… Funky‘n Brussels. Tout était écrit !

Écrit par Solenn Gousset

Solenn Gousset