LES NUITS BOTANIQUE : NICOLA TESTA is back !

C’est une jolie affiche pop et moderne qu’a concoctĂ©e ce mercredi soir le Botanique sous le chapiteau dans le cadre du festival des Nuits 2021. Trois groupes et artistes aux identitĂ©s artistiques affirmĂ©es et singulières sont au programme : PETIT PRINCE, REQUIN CHAGRIN et NICOLA
TESTA. Ce dernier occupe la tĂŞte d’affiche pour ce qui doit marquer son grand retour après 5 ans de silence. Il a tout rĂ©cemment sorti le titre « CĹ“ur KO », chantĂ© en français, annonciateur d’autres nouveautĂ©s Ă  venir. On vous raconte tout ça.


C’est PETIT PRINCE qui ouvre la soirĂ©e vers 19h30 sous un chapiteau clairsemĂ© dans un premier temps. Mais celui-ci va rapidement se remplir. Les deux premiers titres transpirent le rock psychĂ©dĂ©lique bouillant et langoureux Ă  la fois. Le titre « Tendresse sur canapĂ© » nous rappelle
l’entĂŞtante mĂ©lodie de « La Ritournelle » de SĂ©bastien Tellier. Petit Prince, et ses airs de Kurt Cobain (après une bonne douche et un trip Ă  Katmandou) est accompagnĂ© d’un batteur et surtout d’un claviĂ©riste dont les sonoritĂ©s finissent de gĂ©nĂ©rer une atmosphère torride. La voix de Petit Prince est douce et aĂ©rienne. Le son de sa guitare est solaire et Ă©lectrisant. De quoi rĂ©chauffer l’atmosphère grisâtre du ciel bruxellois. La puissance sonore du chapiteau enrobe gĂ©nĂ©reusement la prestation d’ensemble. Tout ça dĂ©gouline d’amour et d’hĂ©donisme. Et puis parfois la folie sonore
s’empare de la scène dans un bouillon sonore de claviers rĂ©tros et de solos de guitares incisifs. On adore ! Bref une très bonne manière d’entamer la soirĂ©e.


Place ensuite aux français de REQUIN CHAGRIN et leur pop française influencĂ©e par la new-wave. Et quand on entend leurs compositions on ne s’Ă©tonne pas de les avoir vu tourner en première partie d’Indochine lors de leur dernière tournĂ©e. On retrouve ces mĂ©lodies faussement innocentes et
post-adolescentes qui ont fait le succès du groupe quarantenaire et des grands rivaux de l’Ă©poque, TĂ©lĂ©phone. Par contre on reste un peu sceptique concernant la voix de la chanteuse qui semble s’Ă©touffer toujours trop rapidement dans ses intonations et dont le contenu des paroles chantĂ©es en français nous Ă©chappent des lors. Cette voix lĂ©gèrement rauque et androgyne est pourtant la marque de fabrique du groupe. Les mĂ©lodies sont pourtant sympas et dansantes avec ces guitares toujours sautillantes et des synthĂ©tiseurs faussement eighties mais chaleureux. Le groupe possède quelques titres bien efficaces comme «SĂ©maphore », «AdĂ©laide» ou “DĂ©jĂ  vu” issu de “Bye Bye Baby”, leur troisième et dernier album en date. On a aussi apprĂ©ciĂ© la fin du set qui part en joyeuse furie Ă©lectrique tempĂ©tueuse. Dommage que la fan base du groupe ait dĂ©sertĂ© les lieux dès la fin du concert, sans revenir pour le reste de la soirĂ©e. Le petit garçon venu avec ses parents et habillĂ© en requin Ă©tait pourtant adorable !


Un petit passage par le bar et nous voilĂ  de retour sous le chapiteau pour le concert de NICOLA TESTA, la tĂŞte d’affiche du jour. C’est d’abord son batteur et son claviĂ©riste qui montent sur scène pour entamer les premières notes de « Koko ». Nicola les rejoint rapidement sur scène dans un pas de danse et un dĂ©hanchĂ© Ă©nergique dont il a secret. Ce qui est certain c’est qu’il kiffe le moment et utilise allègrement tout l’espace disponible sur scène pour faire la dĂ©monstration de ses talents de danseurs dĂ©bridĂ©s. Au niveau de la voix, il y va aussi allègrement et va jouer dans toutes les tonalitĂ©s et registres que lui permet son organe. Le lightshow est aussi dynamique et propose diffĂ©rent tableaux. On sent que le show a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© avec minutie. Le public est Ă  fond avec lui et une belle ovation suit la fin de ce premier titre. Nicola en profite pour s’adresser Ă  ce dernier en dĂ©clarant Qu’est-ce que j’ai foutu ses 5 dernières annĂ©es ? Son retour aux affaires de la popsynthĂ©tique est très bien amorcĂ© !


Nicola Testa a décidé de bousculer les habitudes puisque le second titre interprété ce soir, « Le Poison », est en français. Le refrain est efficace et le rythme général du morceau assez soutenu. Tout au long du set, il alterner ses anciens titres en anglais avec de nouveaux titres inédits chantés en
français, dont un titre nommé « I love you » et son récent single pop et mélancolique « Coeur KO ».

Après une version bien balancĂ©e de « Lost and found », le trio enchaine avec « FM oĂą on s’Ă©tonne d’entendre Nicola hurler avec puissance et conviction, alors qu’il nous avait habituĂ© Ă  une voix aux sonoritĂ©s douces jusque lĂ . Ce titre est une machine de guerre et transforme le chapiteau en grand dancefloor qui pourrait s’Ă©terniser encore de longues minutes. Mais le temps est comptĂ© et Nicola entame un nouveau titre en français Ă  la puissance rythmique et synthĂ©tique impressionnante. Pour finir en
apothĂ©ose les musiciens de Nicola lance les premières notes de « Rainbow » qui ont un effet explosif sur le public. On vous l’accorde c’est LE tube de l’artiste mais son efficacitĂ© ne faiblit pas avec les annĂ©es. Tout ça Ă©tant accompagnĂ© d’un jeu de lumières aux couleurs de l’arc-en-ciel. Nicola
Testa revient pour un rappel pas tout à fait prévu et rejoue donc «Le Poison », avec toujours le même effet euphorisant sur le public.


Nicola Testa n’a pas ratĂ© son retour sur scène au cours de ce concert intense, gĂ©nĂ©reux et puissant. Ses nouvelles compositions possèdent toutes un potentiel tubesque qui, on l’espère, ne laissera pas les ondes FM indiffĂ©rentes dans les prochains mois ! Welcome back Nicola !

Écrit par Jean-Yves Damien