Le producteur marseillais de musique électronique FRENCH 79 était de passage au Botanique ce mercredi soir. Un concert que les amateurs de bonnes fréquences sonores mais aussi de beats modernes, élaborés et dansants ne voulaient pas rater. Derrière ce pseudo, on retrouve Simon Henner. Après plusieurs années de collaborations diverses, il a décidé de se lancer en solo en 2014. C’est deux ans plus tard qu’il sort son premier album, “Olympic”, aux sonorités disco, pop et électro, salué par la critique et les amateurs de musiques électroniques. Il revient ensuite en 2019 avec un second LP, “Joshua”, avant la sortie de “The Unreal Story of Lou Reed” sorti cette année : un album concept aux allures de biographie sonore et musicale du célèbre artiste américain décédé en 2013.
Le concert de ce soir affiche complet. Il y a aussi le concert d’Ozya a La Rotonde. Du coup une foule hétéroclite se bouscule joyeusement dans les serres du Botanique. On en avait presque perdu l’habitude. Il n’y a pas de première partie ce soir, ce qui peut d’ailleurs paraître surprenant. On va donc attaquer à blanc dans une salle noyée dans les fumigènes. Sur la scène on retrouve toute une série de paddles et autres machines montées sur une structure en arc de cercle. Cette disposition permet au public de voir ce qu’il se passe sur scène. De l’électro sans clé USB donc. Tant mieux ! En fond de scène on retrouve un écran vertical qui servira à projeter des images et visuels divers tout au long du set.
 
Les lumières s’éteignent finalement vers 20H30 et French 79 monte sur scène. Il prend place dans ce qui s’apparente finalement à une tour de contrôle et lance les premières notes d’un synthétiseur spatial. Rapidement, de grosses basses lentes viennent frapper l’Orangerie, comme pour annoncer symboliquement l’ouverture de quelque chose de grand. Et de fait d’autres sonorités lumineuses et rétrofuturistes s’échappent alors des enceintes. Puis arrive le moment tant attendu par le public : le gros beat qui va donner l’impulsion du concert. Il est là, fort, massif et pénétrant. 
 
Le set peut maintenant prendre son rythme de croisière. Et contrairement à ses productions studios, la cadence se veut plus soutenue, plus dansante, plus incisive. Et finalement c’est bien là aussi le but : faire danser les gens. Et pour y arriver, French 79 est aidé par un lightshow tournoyant, où les stroboscopes sont notamment utilisés intelligemment, c’est à dire lorsqu’ils peuvent apporter un plus. Cela donne des images qui ont franchement de la gueule avec le gaillard en train de frapper ses paddles à l’aide de baguettes dans un jeu de contre-jour syncopé. On regrettera juste le recours un peu trop régulier à notre goût (mais vous savez ce qu’on dit concernant les goûts et les couleurs) à ces percussions diverses, visuellement intéressantes mais parfois trop répétitives. Il faut cependant reconnaitre que ce travail de percussion est effectué avec la maitrise d’un véritable batteur, capable d’exécuter plusieurs séquences rythmiques en même temps.
 
L’atmosphère sonore se fait parfois plus posée et aérienne, le temps de pouvoir assurer la transition entre les morceaux et d’installer progressivement une nouvelle rythmique, une nouvelle mélodie, de nouvelles couleurs sonores. Comme avec le titre “Hometown” par exemple. Tout ça sent le soleil, la plage, la fête et l’insouciance. Ça sonne comme “Moon” de Kid Franscescoli, l’hymne électro de l’été 2017. Tout cela n’est finalement pas très étonnant puisque les deux producteurs collaborent régulièrement ensemble.
 
Par moment le ton se fait plus agressif, mais pas moins dansant ou festif. Le beat vient alors se fracasser sur le public, mais avec méthode et volupté. Des voix enfantines et fantomatiques se perdent en échos samplés habillement sur “1979”. Le vaisseau musical de French 79 devient ensuite une machine à danser imparable avec “Hold On” et ses longues montées en pression qui font pèter la mélodie et la rythmique à la manière d’un Thylacine, d’un Fakear ou de The Blaze. En d’autres termes c’est avec méthode et sérénité que les morceaux sont construits un à un, en vue d’amener le public dans dans une dimension portée par l’évasion et la danse. Toute une série de producteurs de musiques électroniques en ont fait leur spécialité en France.
 
French 79 revient pour un rappel composé de deux titres. Mais quel rappel !
Cela commence avec un synthétiseur qui part et sonne comme “Bliss” de Muse. Le son se fait presque symphonique pour “Between the buttons”. Le rythme est balancé avec profondeur. Les différentes couches sonores superposées donnent une sensation sombre et jubilatoire à la fois. Les passages les plus épiques de la BO de Tron par Daft Punk ne sont pas loin. Pour le second titre, ce sont des sonorités distordues et compressées qui introduisent “Diamond Veins”. D’abord épuré avec un piano-voix aérien et langoureux, le morceau se faire ensuite beaucoup plus robuste avec ces énormes basses qui roulent et ronronnent dans l’Orangerie. Et alors que le morceau semble s’achever, il relance la machine pour un dernier envol exaltant. L’ovation qui suit est à la hauteur de la sphère musicale que l’on vient d’atteindre. C’est finalement avec ces deux derniers titres qu’il aura démontré le plus fidèlement toute la virtuosité, la finesse et la richesse de ses productions. Il est maintenant temps de se précipiter au stand merchandesing pour aller se procurer vinyles et autres CD de French 79 !

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