L’artiste Ichon, le vrai, entame sa tournĂ©e au Botanique et c’est très fort!

Ce vendredi 5 novembre, c’est l’artiste Ichon qui Ă©tait de passage Ă  Bruxelles, ici-mĂŞme oĂą certaines de ses chansons ont d’ailleurs Ă©tĂ© Ă©crites. Et c’est au Botanique qu’il ouvre sa tournĂ©e en nous offrant son premier show pour la sortie de son album Encore + Pour de vrai.

Ichon, c’est Yann, 31 ans, rappeur, chanteur, artiste, appelez-le comme vous voulez, finalement peu importe. C’est juste un ĂŞtre humain qui compose des chansons pour se raconter et extĂ©rioriser ses Ă©motions. D’abord rappeur dans Bon Gamin, Ichon s’est cherchĂ© avant de se trouver tout Ă  fait et, aujourd’hui, sur scène, cela se sent. Comme s’il avait tournĂ© autour de la musique sans jamais la lâcher pendant plusieurs annĂ©es avant de trouver « l’axe » qui lui correspondrait le mieux pour la jouer et se trouver. Et son « axe » c’est qu’il n’y en a pas ! Si ce n’est, ĂŞtre lui-mĂŞme, pour de vrai ! Sans code, sans qu’on puisse le mettre dans une case. Alors pour ce soir, il y aura des chansons mĂ©lodieuses, du rap, du saxophone, du piano-voix, des ombres chinoises, de l’interprĂ©tation, bref un vrai spectacle !
Encore + Pour de vrai est la rĂ©Ă©dition de son album Pour de vrai, dans lequel il offre neuf nouveaux sons sur lesquels nous avons eu l’occasion de danser.

En première partie, nous dĂ©couvrons Meyy, chanteuse et productrice belge, avec son premier EP « Spectrum ». Elle chante en anglais et parle notamment d’amour et de souffrance. Mais elle sublime ses textes de sa voix sensuelle, cristalline et hypnotisante. La lumière est tamisĂ©e, elle ferme les yeux, son corps ondule, et flotte autour d’elle une atmosphère dĂ©licate, Ă©nigmatique et fascinante. Et le public, sĂ©duit, la suit. Avec des vibes R’n’b, elle nous offre aussi quelques titres plus dansants et nous ne sommes pas loin de penser qu’elle a tout pour devenir une grande pop star.

Ensuite c’est dans cette salle intimiste -mais pleine!- de la Rotonde que vient le tour d’Ichon. Une petite tonnelle est installĂ©e au centre de la scène dans laquelle se sont installĂ©s, face Ă  face, ses deux musiciens. Le batteur, Lawrence, et le pianiste et guitariste, Max, assurent une superbe intro musicale. Le dĂ©cor est sobre et derrière la toile de la tonnelle, le reflet de l’artiste danse en ombre chinoise et fait monter l’attente du public. Puis enfin il dĂ©barque avec « On a assez patienté », les premières paroles de son titre Presque deux et une attitude, une allure, qu’on aura envie de dĂ©crypter tout au long de la soirĂ©e. Ses tresses colorĂ©es, son sourire flamboyant et une chemise blanche indescriptible. Les lambeaux de tissus volent autour de lui… bref ça commence fort. Le saxophoniste Ferdi rejoint la scène rapidement pour un solo et c’est trop bon ! Son improvisation est folle et le concert prend encore une autre dimension !

911, deuxième morceau de la soirĂ©e, dans lequel il se prĂ©sente. Il est nĂ© le 11 septembre 1990, il est nĂ© dans le 93 et « il fait de la musique, il n’essaye pas de se vendre, il se sent libre quand il rap et il n’y en a pas deux comme lui ». Tout est dit.
Son album est un livre, une histoire au cours de laquelle on fait la connaissance de cet homme. Son parcours, ses rĂ©flexions, et on rĂ©alise qu’il avait besoin d’ĂŞtre compris et que c’est en s’incarnant lui-mĂŞme complètement qu’on a accès Ă  ce qu’il est… Vous l’aurez compris, Ichon a un cĂ´tĂ© spirituel. Il croit en la vie et dans le destin, convaincu que tout est possible si on a confiance. Et surtout, pour lui : « il suffit de le faire ! Pour de vrai. ».
Et le concert de ce soir est cette histoire et cet album qui prennent vie sur scène dans une vraie représentation artistique. Les morceaux s’enchaînent sans interruption ou ces phrases parasites pour chauffer la salle ou se rassurer à coups de « est-ce que vous êtes chauds ? ». Au contraire, il laisse planer les silences et prend le temps de regarder, dans les yeux, un grand nombre des gens qui chantent avec lui.
On danse sur
Passe le message, Pas de piano ou sur +Blablabla oĂą le rappeur et son frère de cĹ“ur, Loveni, dĂ©barque pour l’accompagner !
On s’Ă©meut quand il s’installe pour un piano-voix sobre, Ă©purĂ© pour interprĂ©ter Litanie. Il finit le morceaux laissant tomber sèchement ses mains sur le clavier et le public est surpris : tant de douceur qui se termine dans un plaquĂ© de notes dissonantes !
Le silence est suspendu dans la salle, le public bouche bĂ©e…
Et soudain le show reprend encore plus fort avec
Liquide et Radio dans une interprĂ©tation presque rock ! Cette soirĂ©e n’aura Ă©tĂ© que contraste ! Ichon saute dans une Ă©nergie folle, il crie et hurle que « l’argent tue les gens » et que « s’il fait du rap c’est pas pour rouler en Lamborghini mais qu’il doit faire plein de streams pour qu’on le laisse tranquille… »
Et il nous transporte complètement.
Bref, on aurait envie de revenir sur tout le concert : les solos incroyables du guitariste sur
CompliquĂ©, les backs vocaux et le groove du batteur, le morceau incontournable La vie qui rĂ©gale le public, la prĂ©sence de Loveni et de Ferdi, la gestuelle d’Ichon et ses dĂ©clarations de lover qui font sourire…
En tout cas, nous retiendrons que nous sommes ressorti.es de lĂ  habitĂ©.es par un concert-spectacle de grande qualitĂ© et par des petites leçons de vie. Quand on est soi, ça marche ! L’artiste s’est trouvĂ©, c’est beau Ă  voir et on ne peut qu’apprĂ©cier.

PS : Pour les curieux et les curieuses qui resteraient sur leur faim quant Ă  la symbolique de sa chemise et son choix vestimentaire… (puisqu’avec Ichon, tout a l’air pensĂ© et qu’on n’oublie pas qu’il a aussi Ă©tĂ© mannequin !) Eh bien sachez que, pour pour le coup, il n’y a pas d’explication ! Ă€ part que cette chemise de Christoph Rumpf est sa prĂ©fĂ©rĂ©e ! C’est tout. Pour de vrai.

Écrit par Amélie Dieudonné