Rencontre avec le groupe de Super Gum et les 4 visages qui se cachent derrière ces tâches blanches, nébuleuses et ainsi captivantes.


Il est 18h30 lorsque nous nous rencontrons, ils sortent de répèt’ et la journée a été longue. Alors on s’enfonce dans des canapés et je leur demande de se raconter. Qui ils sont, comment ils fonctionnent, comment ils créent. Enfin vais-je peut-être pouvoir les « capter ». Parce que j’ai du mal à les cerner : leur musique instrumentale laisse toute la place à l’imagination de se perdre, leurs visuels sont loufoques et ils m’assaillent autant d’images qu’ils me laissent sans voix, bouche bée. Bref, on a hâte de pouvoir les palper et les sentir d’un peu plus près. Et ils expliquent avec enthousiasme et générosité que tout a commencé il y a de nombreuses années. Au début sans grande ambition à part celle de se retrouver, de composer et d’improviser surtout. Le groupe a bougé, deux artistes sont partis et les textes ont disparu en même temps qu’eux pour laisser la place à des compos purement instrumentales. Et petit à petit, de cette matière qui vivotait dans l’ombre depuis longtemps (du nom de Gum) a commencé à émerger un groupe plus tangible. Quatre gars devenus aujourd’hui Super Gum ! Anatole Damien à la guitare, Ari Rodriguez à la basse, Gaspard Sicx à la batterie et Samuel Marie aux synthétiseurs.

Tous passés par le Jazz Studio à Anvers, ce sont des mordus et des « try hardeurs » de leur instruments (et ce n’est pas pour rien que nous utilisons cette expression utilisée par les joueur.euses de jeux vidéos puisque cela fait partie de leurs influences, notamment au niveau visuel). Ils composent, créent, s’essayent, recommencent et font tout eux-mêmes ! Sans que personne ne soit au courant. Et puis en octobre 2020 ils sortent leur premier EP qu’ils avaient enregistré déjà bien avant. Mais le covid et le contexte qu’on connaît les empêche de pouvoir donner vie à leur projet comme c’était prévu (pas de concert, etc). Pour autant, on peut enfin écouter leur musique, ils « existent » et ça nous régale !
Depuis, ils ont continué à jouer et à travailler. Leur projet prend forme et leur processus créatif aussi. Les 4 musiciens mettent en commun leurs influences musicales, partagent les esthétiques qu’ils imaginent, travaillent les univers qu’ils visualisent et « pétrissent » cette matière jusqu’à obtenir la couleur musicale qui leur parle et leur ressemble. Je suis touchée de les sentir à la fois si décontractés, presque languissants qu’investis et passionnés.

Et après une heure de conversation, je visualise évidemment beaucoup mieux qui se trouvaient derrière leur musique mais en même temps, je ressors surtout avec la sensation encore plus claire que finalement peut-être qu’on ne les comprendra jamais tout à fait et qu’en fait c’est ce qui nous permet d’apprécier leurs compos. Eux-mêmes ont du mal à identifier leur style précisément, mais que ce soit de l’avant ou du post-rock, de l’expérimental, ou même un peu de jazz, peu importe. Qui a dit qu’il fallait les caser ? La seule case qui leur convient c’est celle qu’ils sont en train de se créer, et franchement sous leurs airs nonchalants on a bien senti la puissance que Supergum va pouvoir envoyer ! D’ailleurs, le prochain EP est déjà ficelé et prévu pour 2022 ; et ça attise d’autant plus notre curiosité… Alors si les mots sont trop rangés pour pouvoir parler d’eux, allons les écouter ! Leur premier clip sort ce jeudi et pour les festivités, ça se passe ce samedi, au Palazzo à Bruxelles ; l’occasion pour eux de se rattraper de l’année passée et faire enfin le VRAI release de leur premier EP !

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