Finale du concours DU F. DANS LE TEXTE 2022 : récit et verdict !

Ce vendredi soir avait lieu au Botanique la finale du concours DU F. DANS LE TEXTE. Depuis que le Conseil de la Musique a mis en place ce dispositif rĂ©servĂ© aux artistes amateurs ou semi-professionnels chantant… en français, pas mal de jolis noms s’y sont fait connaitre : Lo en est le dernier vainqueur, mais avant ça on a vu passer par lĂ  des artistes comme Rive, Scylla, Jeanjass, ICO, Glauque, Krego, ÉtĂ© 67 ou encore David Numwami. Après les demi-finales qui se sont dĂ©roulĂ©es Ă  l’Atelier 210 en ce dĂ©but d’annĂ©e, la cuvĂ©e finale de 2022 s’est donc affrontĂ©e dans l’Orangerie. L’occasion de faire de grands Ă©carts musicaux tout au long de la soirĂ©e. RĂ©cit et verdict !

La soirĂ©e commence avec ONIRI : artiste multidisciplinaire, la jeune chanteuse vient prĂ©senter un projet sonore  et visuel global oĂą les influences se bousculent. On vous avoue qu’on a parfois eu du mal Ă  suivre le fil rouge de l’ensemble entre tambour indien, kazoo, chant lyrique, look cyber-goth et autres influences plus pop et modernes. L’ombre du duo Ascendant Vierge n’est pas bien loin. Oniri est un projet personnel, peut-ĂŞtre un peu trop pour qu’on adhère pleinement au voyage proposĂ©. Mais on ne pourra pas reprocher une quelconque monotonie au cours du set tant chaque titre possède sa marque singulière. Enfin on soulignera le gros travail de beat maker de son acolyte qui l’accompagne sur scène : propre, percutant, aĂ©rien et… onirique.

Place ensuite au quatuor de GROS CĹ’UR : des cheveux longs, des moustaches, quelques tatouages et des synthĂ©s. Un bon gros dĂ©lire rock psychĂ© ensoleillĂ© qui sent bon la moiteur et la fournaise d’un festival forcĂ©ment un peu perchĂ©. Et tout ça avec des paroles chantĂ©es en français. Inutile de prĂ©ciser que les pĂ©dales d’effets jouent leur jeu Ă  plein pot avec les guitares. Après un dĂ©but de set relativement tranquille, quoi qu’il faille le dire vite, le vaisseau multicolore s’Ă©lectrise grassement. Les passages planant s’entremĂŞlent de manière dĂ©bridĂ©e avec les longues montĂ©es en tension qui s’achèvent dans des orgies de guitares bien abrasives et d’une batterie malmenĂ©e avec brio. La tempĂŞte souffle dehors, une autre tempĂŞte est en train de s’abattre dans l’Orangerie. Le groupe quitte la scène face Ă  un public debout et surexcitĂ© qui vocifère avec enthousiasme. Et lorsque le groupe vient dĂ©monter son matĂ©riel, le public se remet Ă  hurler. Le public a choisi son favori. La première grosse grosse claque de la soirĂ©e.
On continue la soirĂ©e en partant dans une toute autre direction musicale avec LAZZA GIO. Projet solo et introspectif de la jeune rappeuse. On retrouve lĂ  aussi un joli travail de beatmaker et de couches sonores vaporeuses et lancinantes. Les textes sont bruts mais remplis d’une sensibilité  authentique et Ă  fleur de peau. On retrouve pas mal d’effets sur la voix, mais ceux-ci contribuent Ă  faire transparaĂ®tre les Ă©motions des textes qui nous racontent les tourments de son âme, de ses Ă©checs et de ses regrets. Électronique, puissant et urbain, le set n’en demeure pas moins très doux et profondĂ©ment sensible. Une très jolie dĂ©couverte.
Et pour clĂ´turer la soirĂ©e c’est FEFEYE qui monte sur les planches. On part dans un univers groovy quelque part entre le faux second degrĂ© de Philippe Katherine et la classe synthĂ©tique de L’ImpĂ©ratrice. La basse et les claviers se chargent de l’ambiance. Les 5 gaillards sont pieds nus sur scène, de quoi encore rajouter une touche un peu dĂ©calĂ©e Ă  l’ensemble. Avec sa voix haut perchĂ©e Ă  la Jimmy Somerville mais Ă  la sensualitĂ© de M, le chanteur du groupe balance ses textes mĂ©lancoliques qui parlent d’amour, avec les yeux fermĂ©s le plus souvent. Leur set s’apparente Ă  une sorte de classieuse bulle de savon bien chaude et moelleuse. Et pourtant Ă  la lecture de leur bio ouvertement loufoque on aurait pu s’attendre Ă  beaucoup de choses mais pas Ă  cette pop synthĂ©tique Ă©lĂ©gante, lĂ©gère et accessible Ă  la fois.
Et le verdict dans tout ça ? C’est un peu plus tard dans la soirĂ©e que celui-ci fut connu : LAZZA GIO remporte le Concours Du F Dans Le Texte 2022 ! FĂ©licitations Ă  elle. Les furieux de GROS CĹ’UR terminent second. Il n’a pas du ĂŞtre simple de les dĂ©partager, d’autant que les deux projets ont des identitĂ©s musicales très diffĂ©rentes. Scènes Belges se fera un plaisir de jeter un oeil sur l’actualitĂ© de tous ces artistes et groupes dans les mois qui viennent, en attendant la prochaine cuvĂ©e du Concours.

LAZZA GIO – laurĂ©ate du Concours du F Dans Le Texte 2022

Écrit par Jean-Yves Damien