La Flandre est souvent présentée comme le terreau le plus fertile du rock en Belgique. Il est vrai que les groupes en provenance des plates contrées du Nord sont nombreux et bénéficient d’un large soutien, aussi bien dans les médias que chez les auditeurs. Dans la partie francophone du pays, la situation est plus contrastée avec des médias grands publics plus frileux lorsqu’il s’agit de soutenir des jeunes groupes et artistes. Nous n’avons rien contre Stromae ou Angèle, mais il est moins compliqué pour les médias d’atteindre certains quotas de diffusion d’artistes « locaux » en faisant tourner en boucle les trois ou quatre blockbusters made in FWB.

Tout n’est pas noir pour autant, puisque le CONCOURS CIRCUIT nous livre chaque année son lot de nouveaux groupes et artistes émergents avec, pour certains, de jolies carrières qui se sont dessinées ensuite. Et en 2023, c’est EOSINE qui débarque suite à sa victoire à la dernière édition du Concours. Après un premier EP sorti en 2021, ils sortiront vendredi 28 avril un second maxi de quatre titres intitulé « Coralline ». Au programme : un contre-courant des mouvances actuelles qui sont tournées vers le tout électronique et le tout synthétique. Avec Eosine, il y aura donc des guitares et des voix, l’ensemble pouvant se montrer aussi aérien que tempêtueusement électrique. Eosine se promène quelque part entre une dreampop vaporeuse et un shoegaze agréablement noisy, privilégiant un traitement sonore aussi rock que léché. De cette manière, les éternels grincheux ne pourront pas dire c’est pas de la musique, c’est du bruit, c’est gens sont des sauvages écervelés. Eosine propose quelque chose d’aussi aventureux que mélancolique. Le rock n’est donc toujours pas mort et il continue à se raviver sur son lit de braises bien chaudes. Pour vous donner un aperçu de tout ça, avant la sortie du nouvel EP, on vous partage ci-dessous le clip de « Ciaràn », premier extrait de « Coralline » :

Avec tout ça, on en oublie de faire les présentations : Eosine, c’est le projet d’Elena Lacroix (guitares, chants, claviers) qui s’est entourée de Julia Billen (guitare, chant), Brieuc Verstraete (basse, chant) et Benjamin Franssen (drums) pour donner vie à ses compositions. Un vrai groupe de musiciens. Là aussi, à l’heure où les coûts sont de plus en plus rationnés avec des concerts où les bandes sonores deviennent légions pour faire l’économie de musiciens (et nous n’aimons pas l’utiliser cette expression, d’autant que beaucoup d’artistes doivent s’y résigner à contrecœur), Eosine fait preuve de courage en abordant cet increvable et indispensable aspect de la vie de musicien sans triche ni faux-artifices.

Pour voir tout ce beau monde en live, plusieurs occasions se présenteront dans les prochaines semaines : Eosine sera notamment en concert au Botanique le 30 avril dans le cadre du festival Les Nuits et partagera l’affiche avec BRNS qui tire sa révérence après plus de 10 ans de bons et qualitatifs services. Inutile de préciser que cette soirée affiche complet depuis longtemps et qu’elle résonnera un peu comme un passage de témoin entre ces deux groupes qui ont fait le choix de privilégier les joyeux chemins de traverse aux autoroutes musicales uniformisées.

CONCERTS A VENIR :

30/4 Nuits Botanique avec BRNS (Complet)
5/5 Aralunaires (Arlon)
6/5 Beauraing is not dead
27/5 Austral Boréal (Liège)
23/6 Fête de la Musique (Saint-Gilles)
14/7 Dour Festival

Écrit par Jean-Yves Damien